Pour combattre l'antisémitisme, il ne suffit pas de ressasser ces évidences et de se lamenter de la bêtise et de la méchanceté des hommes. Il faut remonter à l'origine et diagnostiquer la maladie dont l'antisémitisme est le symptôme.
Dans les banlieues, par exemple, l'antisémitisme prend sa forme la plus extrême, puisqu'on a depuis bien longtemps passé le stade du discours, et qu'on est passé aux actes et à la violence. Ilan Halimi, Jonathan Sandler et ses fils Aryeh et Gabriel, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada, Sarah Halimi, Mireille Knoll, paix à leurs âmes, ont payé de leur vie la haine du juif. Mais derrière cet antisémitisme meurtrier on trouve un autre problème, longtemps ignoré ou minimisé: la montée du commutarisme islamique. En effet, dans tout le Magreb, les juifs et Israël sont les ennemis officiels depuis plus de 70 ans. Il n'est donc pas étonnant que les 'jeunes de banlieue' (traduisez les jeunes musulmans) soient foncièrement antisémites. Leur antisémitisme permet de soulever un problème plus général: l'islamisme radical et militant est en opposition avec nos valeurs républicaines.
Venons-en au mouvement des gilets jaunes et aux paroles antisémites qui fleurissent de plus en plus dans ce mouvement. Cherchons de quoi cet antisémisme est le symptôme chez certains de ces manifestants. Au départ, c'était un mouvement de colère contre une hausse de plus de l'essence. C'était une jacquerie, une révolte contre les impôts qui étouffent les citoyens. A ce titre, l'opinion publique a très largement soutenu les gilets jaunes, car la France est effectivement le pays où la pression fiscale est la plus forte dans l'OCDE. Or, si la France a la fiscalité la plus punitive, c'est parce qu'elle pousse sur un terreau très fertile: le socialisme.
Depuis 40 ans, les impôts et taxes augmentent sans relâche. Les hommes politiques socialistes de gauche qui les mettent en place sont succédés par des hommes politiques socialistes de droite qui n'osent pas y toucher. A chaque impôt, il s'agit de punir les riches et de redistribuer de l'argent aux pauvres. Le candidat Hollande a même déclarer qu'il n'aime pas les riches. Toute la classe politique française est devenue socialiste quand il s'agit des impôts. Personne ne remet en cause la progressivité de l'impôt sur le revenu. Tous les politiques trouvent normal que l'Etat prenne bien plus que la moitié de ce que les riches produisent. Et il atteint ce seuil de prélèvements dès 1850 Euros de salaire net pas mois! (L'Etat vous considère vite riche!)
Mais le problème, c'est que cette politique taxatoire et redistributive ne fonctionne pas. Le chômâge reste parmi les plus élevés, le nombre de pauvres et de SDF augmente, la croissance stagne, la dette publique explose... Au lieu de remettre le socialisme en cause, ses plus âpres défenseurs cherchent des bouc-émissaires. On voit donc fleurir le discours selon lequel les riches ne paient pas assez d'impôts, qu'on leur a fait un 'cadeau' en transformant l'ISF en ISI (impôt sur l'immobilier), qu'ils pratiquent l'évasion fiscale... Cela leur est d'autant plus facile qu'ils appartiennent à une élite mondialisée qui va facilement investir son argent là où cela rapporte le plus et là où les taxes sont les plus réduites. En échappant au fisc, ces riches montreraient qu'ils ne sont pas patriotes, mais des individus apatrides et assoifés de profits.
Derrière ce discours socialiste, si on 'libère la parole', on trouve vite un discours qui colle bien à l'antisémitisme. Le juif n'est-il pas le symbole du riche apatride dans la rhétorique antisémite? De même que les Français comprennent que 'jeune de banlieue' veut dire 'musulman', un grand nombre entend 'juif' au lieu d'entendre 'riche'. Le discours haineux des socialistes qui trouvent qu'on n'est pas allé assez loin dans la taxation des riches est facilement récupéré par tous les antisémites.
Mais la meilleure façon de le combattre n'est pas par des paroles ou par la compréhension de comment le discours socialiste forme un terreau au discours anti juif. De ce point de vue, Macron, son gouvernement et un grand nombre de commentateurs ont tort de ne pas voir la cause profonde derrière ces paroles antisémites. La seule solution est de s'attaquer au coeur du problème de la société française: sa fiscalité redistributive excessive et inefficace. Il faut sortir du socialisme punitif contre les riches par une politique plus libérale.



