Wednesday, June 9, 2021

Exemple d'autodestruction

Depuis près d'un an, je suis un jeune intellectuel et créatif assez peu connu en France. Comme chez tout auteur de contenu, je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il dit, mais il a du talent, ses idées sont souvent originales et j'ai l'impression qu'on est d'accord sur l'essentiel au niveau pratique (l'importance de la famille, de vivre en paix, du fruit de son travail et non des largesses de l'Etat, l'amour de la vie, du bonheur et la grandeur de l'Occident capitaliste et démocrate...) Et on est surtout d'accord qu'actuellement, il ne fait pas bon vivre en France et l'expatriation est une solution pour vivre en harmonie avec ses convictions. 

Dans le même temps, j'aime bien lire chaque semaine les chroniques éco et politiques de Charles Gave sur l'Institut des Libertés et voir les entretiens qu'il a avec des personnalités diverses de la vie politique française sur la chaine YouTube de l'Institut. Charles Gave est un conseiller financier de talent qui a prédit les problèmes que la création de l'Euro engendreront. Maintenant à la retraite, il essaie de diffuser des idées plus justes sur ce qu'est le libéralisme, la souveraineté... 

Charles Gave est conscient des dangers que court la France et il est essaie de rassembler des gens de bonne volonté, surtout de droite, autour d'un constat afin d'échaffauder des solutions. Il n'a pas hésité à inviter des hommes politiques du RN (Hervé Juvin, Patrick Yvars), d'anciens FN (Florian Philippot, Jean-Yves Le Gallou), François Bousquet de la Nouvelle Librairie. Même Estelle RedPill, la TikTokeuse nationalist est passée 2 fois sur la chaine! Il a aussi invité des militaires, des commissaires de police, des avocats, des entrepreneurs... 

Non seulement Charles Gave discute aussi avec des intellectuels plus jeunes que lui, mais il est tout à fait capable de faire leur éloge quand leurs analyses l'éclairent sur des points qu'il ne connaissait pas. Ainsi, il adore les livres de Mathieu Bock-Côté et de Laurent Obertone et le leur a dit dans ses entretiens! Cela montre sa grande ouverture d'esprit et son envie d'apprendre à l'aide d'arguments, même quand ses interlocuteurs sont bien plus jeunes que lui.

Charles Gave pousse la recherche du consensus si loin qu'il discute même avec des gens de gauche comme Michel Onfray et Yves Bigot car leur souverainisme et leur critique de l'immigration sont un terrain d'entente. Bref, Charles Gave a passé l'âge du qu'en dira-t-on et tout ce qui l'intéresse c'est le dialogue constructif avec des gens qui aiment la France et veulent résoudre ses problèmes. 

La semaine dernière, dans le Daily d'opinion, Charles Gave critiquait Rokhaya Diallo et son racialisme qui est un racisme contre les blancs, en fait. Là, pour certains, il fait une erreur en parlant de racialisme au lieu de racisme. Dans le contexte, tout le monde devrait pouvoir comprendre ce qu'il dit. Charles Gave dit que si le racisme est stupide, c'est car Dieu s'adresse à nos comme individus et jamais comme membres d'une tribu. Il aurait même pu ajouter que l'homme fut créé par Dieu à son image et que donc, quelque soit notre couleur de peau ou race, nous avons la même origine divine et donc droit au respect du fait de notre condition d'homme. 

Un peu plus loin, Charles Gave parle d'affectio societatis pour dire qu'il faut pouvoir se faire confiance pour faire société. Comme une nation, c'est une volonté de vivre ensemble, c'est plus simple si on essaie de rassembler les gens au lieu de les diviser. Mais en prenant l'exemple des pays Nordiques, Charles prit l'exemple des racialistes blancs qui disent qu'une société mono-ethnique est une condition d'une vie paisible et heureuse. Il y avait là une petite contradiction que Daniel Conversano, ce jeune leader d'opinion dont j'ai parlé plus haut, a relevé.

Il aurait pu réagir de manière courtoise et lui proposer un entretien pour l'éclairer sur sa définition du racialisme, en quoi ce n'est pas un racisme et les liens entre race, identité et peuple. Ce sont, d'ailleurs, ses sujets de analyse de prédilection et ses références sont untel et un autre... Conversano aurait pu relever les points où lui et Gave sont proches. Par exemple quand Charles Gave cite le procès de Jeanne d'Arc:

"De quel côté est Dieu? Il est pour les Anglais ou pour les Français?" demande-t-on à Jeanne

"Dieu est pour que les Anglais soient en Angleterre et que les Français soient en France!" répond-elle.

Conversano aurait pu dire que de nos jours Jeanne dirait que Dieu aime les Africains en Afrique et les Européens en Europe. Et qu'il d'accord que l'Islam n'est pas compatible avec la laicité française...

S'il avait été certain d'avoir un bon argumentaire, c'était l'occasion pour Daniel Conversano de se montrer poli, bienveillant et désireux de faire progresser Charles Gave sur les concepts d'identité, de nationalité, de peuple... qui échappent parfois à la droite libérale qui se soucie plus de droit et d'économie. Il avait déjà fait un entretien avec docteur Laurent Alexandre et semblait chercher à gagner en respectabilité et en sérieux. 

Mais au lieu de cela, Daniel Conversan choisit de clasher Charles Gave comme un ado en crise de puberté. Il poste juste 2 minutes de l'entretien de Gave sur sa chaine Telegram, sans le contexte, puis il critique plus que vertement Charles Gave. Il est dans un discours qui vire souvent aux insultes et au ressentiment de classe quasi marxiste (Charles = grand bourgeois, Daniel = prolétaire). Et il le livre en pâture à ses followers pour que ceux-ci aillent poster leur désaccord sous la vidéo de l'Institut des Libertés. Ils seront quelques dizaines à le faire et cela aura pour effet de tripler les 'pouces vers le bas' de cet entretien (61).

Avec cet article et ce message vocal sur sa chaine, Daniel a réussi à s'autodétruire et à couper les ponts qui le liaient à la droite. Quel gâchis après tout ce qu'il avait fait pour se normaliser. Il a préféré la facilité de brosser ses fans dans le sens du poil à la difficulté de construire un argumentaire pour convaincre la droite et chercher un terrain d'entente. Il a peut-être raison que c'est peine perdu et qu'il n'arrive à gagner de nouveaux fans que par l'émotion. Quoiqu'il en soit, il a agi comme quelqu'un qui a perdu le contrôle de ses nerfs. La moindre des choses serait qu'il présente des excuses.

Saturday, May 22, 2021

Les 100 jours de Zemmour

7 mai 2022. 20h. 

La France a un nouveau président. Eric Zemmour vient d'être élu avec 50,97% des voix face à Emmanuel Macron. Une fois de plus, les électeurs ont déjoué les sondages et tous les commentateurs soulignent l'aspect historique et inédit de cette élection. 


7 mai 2022. 20h30.

On signale des premiers heurts sur la place de la République. Des groupes d'extrême-gauche et des casseurs s'attaquent aux forces de l'ordre et scandent 'Zemmour démission'. La police riposte avec fermeté et parvient à rétablir le calme rapidement.


7 mai 2022. 21h.

Eric Zemmour se rend au Panthéon après avoir fait une courte pause devant la cathédrale de Notre-Dame. Au bout de 15 minutes de recueillement devant le tombeau de Napoléon, Eric Zemmour fait une courte déclaration devant les caméras: "Je remercie de tout coeur les Français de m'avoir confié le pouvoir. Je ne sais que trop qu'ils en ont marre des belles paroles et l'absence d'action. Aussi, je ne vais donc pas faire de long discours ce soir. Après 40 ans de déni et de déclin, je vais m'atteler au redressement de la France. Cela ne sera pas une partie de plaisir, car nos ennemis et nos adversaires sont nombreux et essaieront de nous faire échouer. Mais nous n'avons pas d'autre choix que de réussir. Place aux actes. Vive la France!"


7 mai 2022. 22h

Les médias parlent de guerre déclarée aux banlieues et à l'immigration avec l'élection de Zemmour. Il y a bien quelques voitures brûlées dans le 93, des vitrines caillassées sur les Champs Elysée et des tirs de mortiers sur quelques commissariats, mais, dans l'ensemble, la soirée ne sort pas vraiment de l'ordinaire que connaissent les Français depuis 2 ans. Dans les médias le consensus est que les tensions vont s'aggraver et que les jours heureux d'un "vivre ensemble" qui n'a jamais vraiment existé sont derrière nous.


8 mai 10h

L'image est insolite. Macron et Zemmour se retrouvent à l'Arc de Triomphe pour raviver la flamme du soldat inconnu. Ils échangent un coup de main et quelques paroles avant d'assister au défilé militaire. Mais c'est aussi la première apparition officielle de Mme Zemmour et la France découvre une femme souriante et nature, aux antipodes de Brigitte Macron.


8 mai. 13h

Zemmour se rend au commissariat de Meulun pour faire ses premières annonces. Tout le monde se rappelle combien l'épisode de Meulun avait insufflé un nouveau souffle dans la campagne de Zemmour. Il y a 5 mois, après son entrée fracassante dans la campagne présidentielle et une progression rapide dans les intentions de vote, Zemmour avait atteint un plafond. Il n'arrivait pas à dépasser ni Macron, ni MLP et les appels au vote utile par le RN commençait à affaiblir sa candidature. C'est alors qu'il se rendit dans ce commissariat, le 21 janvier, pour apporter son soutien aux forces de l'ordre suite aux récentes attaques et agressions dont plusieurs policiers y furent la cible. Zemmour fit ce déplacement dans la plus grande discrétion, mais les images des portables des policiers firent rapidement le tour des réseaux sociaux. On y vit des policiers grands et forts écouter le "petit Z", se confier à lui et certains iront même jusqu'à pleurer devant lui et l'embrasser, tellement ils furent toucher par la sincérité de Zemmour, sa compréhension de leur détresse et son message de soutien total. Lorsqu'il quitta finalement le commissariat, une équipe de TF1 filma sa sortie. On entendit le commissaire dire "Devoir de réserve" à son équipe. Alors, n'ayant pas le droit de parler, mais voulant exprimer leur reconnaissance, la Marseillaise retentit dans le tout commissariat. Elle résonnait jusqu'aux oreilles de Zemmour, des journalistes aux pieds du bâtiment et dans tous les foyers de France et de Navarre. 

Cette séquence montra Zemmour sous un côté plus humain, très différent du contradicteur arrogant que ces opposants lui  avaient affublé. L'empathie dont il fit preuve face à ces policiers améliora grandement son image après des femmes. De plus, en s'attachant la police et les gendarmes, Zemmour conquit aussi les militants de la droite nationale et patriote. Les divers sondages montrèrent qu'une nouvelle dynamique dans les intentions de vote s'enclencha après cette visite. D'ailleurs, Zemmour renouvela ce genre de visite dans les commissariats et postes de police des villes où il faisait campagne. La popularité du 'petit Z' auprès des flics n'était pas sans rappeler celle du 'petit caporal' chez les grognards de la grande armée de Napoléon!...

Revenons à ces annonces: "Comme promis, moi, Eric Zemmour, votre nouveau président, j'annule la perte des points du permis de conduire de tous les Français. Avec cette première mesure, je veux rétablir le lien de confiance entre les Français et leurs forces de l'ordre. L'objectif principal de nos gendarmes et policiers doit être clair. C'est de rétablir la sécurité et la force de nos lois sur chaque coin et recoin de notre pays. Ce n'est pas de coller des amendes et de priver de moyens de locomotion les Français des campagnes. Je vais bientôt demander aux gendarmes et aux policiers de prendre d'énormes risques pour mettre fin à 40 ans de laxisme immigrationiste et sécuritaire. Je veux qu'ils le fassent en sachant compter sur le soutien de tous les Français.

Quant à moi, mon soutien sera total.. Mon second acte présidentiel est donc de gracier tous les policiers qui font actuellement face à des procédures judiciaires pour des faits de violences. J'ai le plus haut respect pour ceux que j'ai désormais l'honneur d'appeler mes hommes et c'est mon devoir de protéger ceux qui mettent quotidiennement leur vie en jeu pour notre sécurité. C'est pourquoi, je m'engage aussi à faire usage de mon droit de grace pour tous les policiers et gendarmes qui seront mis en cause durant mon mandat. En effet, je m'apprête à les envoyer livrer une bataille périlleuse pour la libération de la France. Dans ces situations inédites et extrêmement dangereuses, ils pourront toujours compter sur moi." 


8 mai. 23h

Aucun commissariat n'a été attaqué depuis cette annonce. Pour la première fois depuis 2 ans, les agressions gratuites contre les policiers sont quasi inexistantes ce jour-là. Les quartiers difficiles sont encore sous le joug des gangs, mais la peur semble avoir changé de camp.


9 mai. 13h

Les jounaux de la mi-journée ouvrent sur la visite d'Eric Zemmour à Calais. Avant son investiture, le nouveau président continue d'occuper l'espace médiatique pour marteler ses priorités. A Calais, c'est l'immigration illégale sur fond de vieille rivalité avec l'Angleterre. Pour la première fois depuis la fin de la campagne, on revoit Zemmour entouré de Bruno Retailleau et de Rafik Smati. Les médias s'étaient amusés à parler "d'union sacrée" pour qualifier ce trio aux 3 confessions: juive, chrétienne et musulmane. 

Selon les bruits de salon. c'est le président du groupe LR au Sénat qui tiendrait la corde pour devenir premier ministre. Un temps tenté par l'aventure présidentielle, Bruno Retailleau fut l'un des premiers ténors de LR à se rallier à la candidature Zemmour. Son parti se déchirait entre une candidature sans espoir de victoire et un soutien à Xavier Bertrand au programme Macron-compatible. Bruno Retailleau avait alors fait preuve d'abnégation personnelle dans sa recherche d'une union des droites. Dès lors, même la fureur de Sarkozy n'empêcha pas un nombre de plus en plus grands de soutiens de LR à Zemmour au fur à mesure que les sondages s'amélioraient pour ce dernier. 

Quant à Rafik Smati, c'est Philippe de Villiers qui l'avait présenté à Zemmour. Cet entrepreneur, né en Algérie et venu très jeune en France, est un exemple parfait d'intégration. Il a créé son propre parti "Objectif France" avec le général Soubelet. En 2017, ce parti avait soutenu François Fillon. En 2022, Rafik Smati avait d'abord voulu devenir lui-même candidat. Mais, grâce à leur passion commun pour Napoléon, le courant était si bien passé entre les 2 hommes que Rafik Smati soutint le candidat Zemmour avant même Retailleau! Le symbole de ce ralliement permit, dans une certaine mesure, de contrer les critiques qui cherchaient à opposer Zemmour à tous les Français d'origine maghrébine et de le présenter comme raciste. 

Notons aussi que ces 2 ralliements de la droite bourgeoise avaient rassuré les milieux d'affaires quant aux orientations économiques d'un futur gouvernement Zemmour. 


10 mai. 13h

Macron s'est rendu seul aux Jardins du Luxembourg pour commémorer une dernière fois l'abolition de l'esclavage. Contrairement à 2017, où la cérémonie s'était tenu en présence de Hollande et de Macron, cette fois, le nouveau président a décliné de se rendre à cette cérémonie de "repentance à sens unique", selon ses termes. "En effet, selon Eric Zemmour, la particularité de la France c'est d'être l'une des premières nations de l'histoire à affranchir les esclaves, en 1315, par ordre du roi Louis X Le Hutin. Son décret déclara que "Le sol de France affranchit l'esclave qui le touche". Remarquez aussi le double sens du nom de notre pays. D'une part, il provient de la tribu des Francs, mais il est aussi la racine d'"affranchi"et donc de la liberté! Je ne serai pas le président d'une repentance perpétuelle, mais celui de la fierté d'incarner la liberté dans le monde depuis plus de 7 siècles!". 

  

A suivre...



Note: Libre à vous de recopier ce texte, de le diffuser gratuitement. Le but de cette fiction est de susciter du soutien pour la candidature d'Eric Zemmour, de montrer que sa victoire est non seulement possible, mais souhaitable. J'essaie d'y glisser quelques conseils personnels, mais surtout, je veux créer cette vision positive qu'il est encore possible de redresser la France. Mais cela ne marchera que si nous sommes tous motivés et que nous sachions nous rassembler autour d'une volonté forte.

Libre à vous aussi de continuer cette histoire et d'indiquer le lien où trouver la suite dans les commentaires sous ce post. Que chacun donne sa vision des actes qu'il faudra accomplir! Mais j'essairai de la continuer de mon côté aussi!





Thursday, April 29, 2021

Brèves

 


En France, tous les partis sont socio-technocrates. 


Un putsch, c'est une prise de pouvoir rapide et inattendue. Ce n'est pas une tribune publiée dans la presse.


Si une majorité de Français désirent l'armée au pouvoir, cela est-elle encore une atteinte à la démocratie?


Personne ne connait le nom du dirigeant qui va redresser la France. Mais il y a de fortes chances qu'on l'appelera 'Général'. 


Dans un pays normal, les étrangers commettent moins d'infractions à la loi, car ils s'attendent à être plus sévèrement punis que les autochtones.


Dans un pays vieillissant et riche, la violence baisse pour deux raisons. D'abord, parce qu'elle est surtout le fait de jeunes hommes et qu'il y en a moins. Et aussi parce que les familles qui ont moins d'enfants font plus d'efforts pour bien éduquer une progéniture moins nombreuse.


La qualité des fonctionnaires n'a pas cessé de baisser depuis 1980, car c'est à partir de là que sont partis à la retraite les fonctionnaires qui s'étaient distingué par leur courage et leurs actions durant la seconde guerre mondiale. Ces hommes avaient eu du 'skin in the game' et avaient su prendre des risques. Or, avec la crise économique de 1975, l'Etat est devenu l'employeur de choix pour tous ceux qui avaient peur du chômage et de prendre des risques.


Pour Dieu, l'homme est une fusée à 3 étages. La première, sa génétique, son ADN, est un cadeau de ses parents et le fruit d'une combinaison du hasard (Providence?). C'est le hardware. Le second étage, c'est son éducation, sa culture et les valeurs qu'il apprend chez lui, à l'école et en société. C'est le logiciel. Mais ces 2 éléments comptent moins que ses actions fruits de sa volonté. Que fait l'homme de son potentiel et de son éducation? Le bien ou le mal? De la médiocrité ou des grandes choses? Avec le corps de Quasimodo certains deviennent Steven Hawking. Etre aveugle n'a pas empêché Ray Charles de réussir dans la musique... La blancheur n'a pas empêché Marc Dutroux ou Emile Louis d'être des monstres. Les 2 premiers étages sont là pour nous porter plus haut, pas pour rabaisser les autres

Thursday, April 22, 2021

Adam Smith et la Chine


Une majorité de commentateurs politiques et économiques critiquent le libre-échange pour notre désindustrialisation et l'ascension de la Chine au rang de puissance dominante, rivale des USA. C'est un quasi consensus dans la classe médiatique. Elle va de la droite et de penseurs que j'apprécie comme Zemmour ou Mark Steyn, à la gauche avec Guillaume Bigot, Montebourg, Natacha Polony... Il est difficile de trouver un éditorialiste ou penseur qui pense différemment. Le seul qui me vient à l'esprit est Charles Gave avec son dernier article en défense du libéralisme. L'autre, c'est Daniel Conversano. Avec son art de la formule, il dit: "Il n'y a pas de complot chinois. Il y a un pays qui joue sa carte face à une Europe et une Amérique qui se tirent des balles en plein dans les couilles." Le bashing de la Chine, pour lui, est une position victimaire similaire à l'antisémitisme de l'extrême-droite qui veut trouver ailleurs que dans la politique française, la source de nos malheurs.

Qu'en penserait Adam Smith, le célèbre penseur du libre-échange? Il n'est plus là pour commenter l'actualité contemporaine, mais essayons de faire parler l'auteur de 'La richesse des nations', publié en 1776. J'ai presque fini de lire cet ouvrage et vais donc essayer d'en extraire les passages qui ont un rapport avec la mondialisation et la Chine. 

Dans 'Disgression on silver', Adam Smith écrit que "China is a much richer country than any part of Europe, and the difference between the price of subsistence in China and Europe is very great. Rice in China is much cheaper than wheat is any-where in Europe." On apprend donc qu'il y a 250 ans, la Chine était bien plus riche que l'Europe. Voici quelque chose que les journalistes tendent un peu à oublier. Ils se rappellent surtout que la Chine était extrêmement pauvre durant les années 1960-70. La révolution culturelle Maoïste a, en effet, été le point le plus bas de son histoire et la violence de cette famine est sans équivalent dans l'histoire récente du monde:


Mais sur le long terme, le retour à la prospérité de la Chine n'est pas si étonnant quand on considère la puissance passée de l'empire du milieu. Et Adam Smith explique sa richesse au XVIIIème siècle par le prix bas du riz, une céréale qu'on peut récolter deux à trois fois par an dans la Chine du sud (contre une seule récolte de blé par an en Europe). Par la même occasion, Adam Smith nous explique ce qu'est la richesse. C'est arriver à assurer ses besoins primaires (la nourriture) avec une faible part de ses revenus. Ainsi, les citoyens du pays disposent de plus de temps et de revenus pour les consacrer à des besoins plus évolués (les objets matériels, puis les services).

Dans le premier chapitre de son livre, Adam Smith nous explique que le facteur le plus important qui explique l'amélioration du niveau de vie est la division du travail. C'est ce qui explique la richesse des grandes villes où l'on peut se spécialiser de manière de plus en plus pointue, bien plus qu'à la campagne où les possibilités sont plus réduites. Cette division du travail est aussi à l'oeuvre entre nations. Elle nous permet d'importer les produits de là où leur production est la moins chère, et d'exporter les produits que nous produisons mieux que les autres. Ce processus est créateur de richesse au niveau d'une ville, d'un pays, mais aussi au niveau la planète. Ce graphique montre bien que l'augmentation des revenus se fait de concert et ne se fait pas aux dépends des uns ou des autres (au niveau des pays). Bien sûr, au niveau des individus, certains producteurs peuvent être ruinés par la concurrence internationale et des travailleurs peuvent se retrouver au chômage pendant un certain temps. Mais les ruines et le chômage ne datent pas de la mondialisation. Il y en a toujours eu. Ce qui change, c'est que tous les pays qui participent aux échanges internationaux s'enrichissent. 



Une autre objection aux échanges internationaux serait le manque de patriotisme des firmes, notamment les plus grandes, qui s'y adonnent. Adam Smith explique dans son livre que plus l'entrepreneur prend de risques en commerçant loin, plus sa marge sera grande pour compenser ses coûts (transport, assurances...) et ses risques (transport, légaux...). En effet, si un grand nombre de producteurs locaux produisent un certain bien, son prix sera relativement bas dans le pays. Mais si peu de producteurs en produisent à l'autre bout de la terre, alors son prix y sera plus élevé et cela permettra donc d'enrichir le pays d'origine. Mais qu'en est-il des délocalisations d'usine vers l'étranger? Ici aussi, Adam Smith explique qu'aucun entrepreneur ne fait cela pour gagner moins ou autant qu'en restant au pays, mais que s'il prend ces risques, c'est car les potentiels de gains sont bien supérieurs à ce qu'il pourrait gagner en restant. Parfois, la délocalisation fait suite à une concurrence exterieure qui risque de ruiner la firme locale qui n'est plus compétitive. La délocalisation peut lui permet de rester compétitif, voire de le devenir davantage et de gagner des parts de marché. La réussite n'est pas garantie, mais l'augmentation de la richesse dans le monde démontre que les opportunités sont réelles et que les entrepreneurs les saisissent sans appauvrir leur pays d'origine.

Remarquons que le vrai patriotisme est comme la fraternité. C'est un sentiment qui s'inscrit dans la liberté et non dans la contrainte. La gauche aime bien être généreuse avec l'argent des autres. Or, dès lors que les transferts sociaux sont des impôts, on tue la vraie fraternité qui ne saurait être qu'une charité et une aide volontaires. Pareillement, le patriotisme qu'a une certaine droite en tête, ce n'est pas d'agir librement pour le bien de son pays, mais c'est de limiter la liberté des entreprises en les pénalisant si elles s'implantent à l'étranger. Ou bien c'est d'empêcher des Français de vendre leurs actifs à des étrangers qui font la meilleure offre.

Néanmoins, il existe une restriction au commerce international qu'Adam Smith approuve. Il dit que le Royaume Uni a raison d'interdire la vente de navires à la France, son rival militaire. La vente d'armes à son ennemi n'est donc pas souhaitable pour des raisons évidentes, car elles risquent de rapidement se retourner contre soi. Il est donc normal d'interdire les ventes d'armes à la Chine et l'on peut regretter qu'il ait fallu attendre le massacre de TianAnMen pour passer une telle résolution.

L'objection plus fine qu'on pourrait faire en s'appuyant sur ce point, c'est que le commerce international favorise l'enrichissement des Chinois et de son Etat. Ainsi, grâce aux échanges, l'Etat Chinois dispose de moyens de plus en plus importants pour s'armer face à l'étranger et consolider son autoritarisme face à son peuple. Ne commettons-nous pas une erreur en permettant à un rival potentiel de s'enrichir?

A ce propos, notons qu'Adam Smith souhaitait que le Royaume Uni commerce avec la France, lui achète ses vins de Bordeaux et lui vende de la laine, du charbon, du thé... Pour lui, ce commerce civil est un facteur de paix, car il crée des interdépendances entre les 2 pays. En asseyant la prospérité sur les échanges, aucun pays n'a intérêt à déclencher la guerre, car cela voudrait dire qu'il se prive des marchandises produites de manière plus efficace par l'autre pays. De plus, un blocus, le refus de commercer avec un autre pays est considéré comme un acte de guerre. Celui-ci, s'il n'a plus la possibilité d'acheter ce dont il a besoin, doit en venir à la violence et donc au vol pour se l'approprier. Interdire l'accès de la Chine au commerce mondiale serait un acte de guerre. Au lieu de s'aliéner toute la population chinoise, le commerce est donc préférable à la guerre. 

Certes, le commerce international n'a pas su empêcher la guerre entre l'Angleterre et la France à la fin du XVII ème et au début du XVIII ème siècle, mais, à l'époque, ces 2 puissances européennes n'étaient pas aussi interdépendantes que l'Occident et la Chine d'aujourd'hui. La révolution industrielle ne faisait que commencer... Les pourfendeurs de la Chine trouvent qu'elle est devenue l'usine du monde et qu'elle a un quasi monopole sur les batteries, de nombreux médicaments, ce qui nous met dans une dangereuse position. A cela, on peut rétorquer que la Chine est peut-être encore plus dépendante de l'Occident que nous d'elle, car son agriculture n'arrive pas à nourrir toute sa population. En effet, la Chine manque d'eau et cela l'oblige à importer des céréales, du porc et du lait de l'Occident! 

Concernant le problème de la désindustrialisation, remarquons que ce mouvement de désindustrialisation vers le secteur tertiaire a débuté bien avant les années 1980 et les réformes de Deng Xiaoping qui remirent la Chine sur le chemin de la prospérité par le capitalisme.


De plus, comme je l'ai déjà écrit dans ce blog à propos de la chaussure, la Chine aussi voit ses industries les plus basiques partir vers des pays moins développés (Vietnam, Indonésie).

La Chine n'est donc pas la cause de notre désindustrialisation et sa richesse n'a pas été acquise à nos dépens. Certes, son régime autocratique risque de devenir de plus en plus dangereux pour ses voisins et la puissance américaine, mais la Chine ne peut pas s'isoler du monde sans en subir des conséquences sur son niveau de vie. Ses dirigeants ont donc intérêt à continuer son développement rapide et paisible. De notre côté, au lieu d'envier sa croissance, nous ferions mieux de nous demander pourquoi nous persistons à tant de dépenses publiques quand tous les pays à forte croissance, comme la Chine, nous montrent quelle est la voie à suivre.


Thursday, March 11, 2021

Grand remplacement: qui ne dit mot consent

Samedi dernier à midi, sur France Inter, Gilles Finkelstein a qualifié le Grand Remplacement (GR) de théorie du complot. Pour lui, ce n'est qu'une théorie du complot car selon la définition de ce terme (dans le sondage IFOP de 2019), l'immigration serait délibérément organisée par les élites politiques, intellectuelles et médiatique pour aboutir à terme au remplacement de la population européenne par une population immigrée. Remarquons que 25% des sondés sont d'accord avec cette affirmation (et 59% ne le sont pas). Or, s'il dit que c'est une théorie du complot, ce n'est pas parce qu'il nie l'immigration et la proportion croissante des musulmans en France. Il aurait du mal, car l'augmentation du nombre de mosquées et le nombre de jeunes musulmans qui posent problème est trop évident pour peu qu'on suive un peu l'actualité. Non, pour lui, le GR est un complot à cause du mot 'délibérément'. A aucun moment les élites de notre pays se sont réunis pour ourdir un tel plan machiavélique.

Pour Gilles Finkelstein, si tant d'immigrés sont venus en France, ce n'est pas planifié ou voulu par les élites, mais c'est la faute à pas de chance ou bien c'est la rançon de notre succès. L'Europe attire car elle est attirante et si tant d'immigrés sont venus, c'est malgré la volonté des pouvoirs publics. Il ne l'a pas dit avec ces mots-ci, mais c'est environ ce qu'il sous-entend quand il récuse la notion de Grand Remplacement en mettant en cause son côté 'délibéré', planifié et voulu par les élites.. 

A première écoute, l'argument semble raisonnable. On pourrait rétorquer que la notion la plus importante du Grand Remplacement n'est pas tant que c'est un processus délibéré ou non, mais que c'est d'abord une réalité démographique et qu'elle est mal vécue par les Français (insécurité, sentiment de se sentir étranger dans son pays...). D'ailleurs, un nouveau sondage montre le gouffre qui sépare les conceptions des élèves musulmans des autres. Quand j'étais enfant dans les années 1970, un tel sondage n'aurait pas fait de sens, car il n'y avait pas assez d'enfants musulmans dans les écoles pour que les sondeurs s'intéressent à ce genre de problématique.

Mais plus M. Finkelstein attaquait le concept de 'délibérément', plus je me suis rappelé que la question de l'immigration de masse fut abordée dès les années 1980 avec un certain M. Le Pen. Or, on peut dire que les médias, les politiques et les intellectuels se sont ligués contre lui et ont diabolisé son parti. De plus, bien que Le Pen ait soulevé les problèmes liés à l'immigration extra-européenne, les pouvoirs successifs n'ont pas réagi. Or, selon l'expression populaire, 'qui ne dit mot consent'. Donc on peut dire qu'il y a bien eu un complot pour diaboliser ceux qui refusaient l'immigration, et l'on peut aussi dire que par leur incapacité à critiquer ou à s'opposer à ce phénomène, les élites ont laissé faire.

Mais il y a 2 bémols que je mettrais au Grand Remplacement comme plan des élites. Premièrement, le peuple a entériné cette politique lors des élections successives. En 2002, les effets du multiculturalisme étaient déjà évidents, mais les électeurs ont tout de même choisi Chirac. Certes, Sarkozy a trahi en rangeant le Karcher qu'il avait promis. Mais avec Holande et Macron, les électeurs ont ensuite choisi des présidents encore plus accommodants avec l'immigration. Si le combat de l'immigration avait été leur priorité, il y avait d'autres choix possibles.

Le second bémol est la démographie déclinante chez les Français. Cela suit une évolution semblable au reste de l'Europe et du monde moderne (même le Japon, la Corée et Taiwan font moins d'enfants qu'il ne serait nécessaire pour le renouvellement de la population.) Si les Français et les Occidentaux avaient une vraie envie de s'affirmer et de ne pas se faire remplacer, ils feraient plus d'enfants! 

En conclusion, je rejette aussi la notion de théorie du complot pour 2 raisons. D'abord, car, en ce qui concerne JM Le Pen, ce n'était pas une théorie, mais une réalité. Mais je la rejette surtout, car elle rejette la responsabilité trop facilement sur des puissants qui nous manipuleraient. Je crois qu'il vaut mieux accepter d'avoir eu tort dans le passé et de prendre comme résolution de faire ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à une immigration de masse qui désintègre la société française. L'avenir n'est jamais écrit d'avance!


Saturday, March 6, 2021

Pourquoi les Français tiennent-ils à l'Euro?

 A l'Institut des Libertés, Charles Gave a de maintes fois montré que l'Euro ne peut pas bien fonctionner et qu'il a des conséquences néfastes pour des pays comme l'Italie ou la France. La raison est simple à comprendre: si deux pays différents adaptent la même monnaie, alors c'est le pays le plus compétitif qui va gagner la compétition économique, car le pays plus faible ne peut plus dévaluer pour redevenir compétitif. 

L'expérience de l'Euro aurait du être arrêtée depuis longtemps, car cette monnaie commune a conduit à un désastre économique. Cela fait des années que Charles Gave prévoit l'implosion de cette construction technocratique. Or, non seulement l'Euro est (encore) là, mais la majorité des Français ne semble pas prêt à l'abandonner. Cet état de fait appelle deux explications:

1. La préservation de l'Euro se fait au prix fort. Depuis Draghi, la Banque Européenne fait tout pour sauver sa monnaie. Elle va jusqu'à bafouer les traités européens qui, en théorie, lui interdisent d'acheter des obligations des Etats Européens. D'ailleurs, ces mêmes traités devaient empêcher la dette de dépasser les 60% du PIB et le déficit de l'Etat les 3% du PIB. Cela fait plus de 10 ans que la dette de la France excède le maximum de dette autorisé, et la situation empire au lieu de s'améliorer. Pourquoi les Français restent-ils quand même attachés à cette monnaie commune?

2. Charles Gave fournit peut-être aussi l'explication à la réticence des Français à revenir au franc quand il explique que donner au politique le pouvoir sur la Banque Centrale, c'est comme donner les clés de la cave à vin à un alcoolique! Or, les Français sentent bien que leur monnaie, même si elle est mal gérée à Francfort, le serait encore moins bien à Paris! Si les retraités -qui forment le gros des électeurs- ne veulent pas d'un retour au franc, c'est qu'ils se rappellent des nombreuses dévaluations durant les années 1970 et 1980. De ce point de vue, la venue de l'Euro a permis une stabilité des prix et du taux de change. Or, un retour au franc signifierait, pour eux, une perte importante de pouvoir d'achat sur les produits importés... 

Le message des électeurs, c'est que la France ne doit pas résoudre ses problèmes de compétitivité par la dévaluation. L'autre solution, c'est la réforme de l'Etat et de ses dépenses non régaliennes. C'est rogner sur les transferts sociaux. Or, le premier d'entre eux, c'est la retraite! Cette fameuse retraite française qui commence dès 60 ans! Cela, les Français n'en veulent pas non plus. 

La conséquence logique, c'est la création de dettes de plus en plus colossales! Tant que les taux d'intérêt sont faibles, voire négatifs, cette solution semble presque indolore. Mais pour combien de temps encore avant que les taux remontent? Ou que l'inflation reparte? Ou que les contribuables les plus imposés quittent le pays?



Wednesday, March 3, 2021

Désolé Jean-Pierre, le style de Houellebecq mais avec un happy end!

 'Désolé Jean-Pierre' est le premier roman de Daniel Conversano, la personne dont j'ai parlé dans mon article précédent. Au niveau du style, j'ai trouvé que cela ressemblait beaucoup à celui de l'auteur le plus lu actuellement, Michel Houellebecq. La narration est donc celle d'un Français désabusé qui aimerait sortir ses compatriotes de leur torpeur, mais lui-même mène une vie dissolue et pourries faite de murges, de plans cul et de petits boulots. Contrairement aux héros cadres supérieurs de Houellebecq qui vivent malheureux dans le confort moderne, le jeune héros de Conversano est un prolétaire qui ne supporte pas le contact fréquent qu'il a avec l'immigration africaine et musulmanne. L'ambiance est donc encore plus glauque, car il n'y a même pas la consolation du luxe et des plaisirs matériels. Ce personnage est un mélange de Conversano et de ces jeunes techniciens en informatique que Conversano emploie et qu'il côtoie donc de près. 

Avec ce narrateur plus jeune, d'origine sociale plus basse et confronté directement à l'impossibilité de la coexistence multiculturelle, il est assez naturel que la violence et le meurtre apparaisse comme une solution aux problèmes auxquels il fait face. Quand on est jeune et qu'on n'a rien à perdre, on ne se résout pas à la soumission comme chez Houellebecq. Mais le début de ce livre n'est pas entièrement lugubre. Le désespoir est contrebalancé par un humour qui m'a fait penser à Trump, car chaque personnalité du monde médiapolitique reçoit un nouveau nom, proche du nom réel pour permettre au lecteur de le reconnaitre. Et ces noms pastiches sont souvent à se rouler par terre. (Je n'en dévoile aucun afin de laisser le plaisir de la lecture aux futurs acheteurs de ce roman.)

Il y a quelques passages où le roman colle un peu trop à l'idéologie identitaire de Daniel Conversano et l'histoire semble alors un prétexte à exposer ses idées sur les ethnies, le peuple, l'immigration... Mais si l'histoire sait revenir au centre du livre grâce à une bonne intrigue et une narration plaisante, je crois qu'on peut aussi y lire le parcours idéologique de l'auteur. Au commencement, l'antisémitisme est outrancier, très présent et les envies de violence sont une vraie obsession. Mais ces deux sentiments s'estompent progressivement, surtout avec (spoiler alert!) la rencontre d'Hélène, son âme soeur.

On finit même le livre par le dépassement de la haine, de l'envie de meurtre par l'amour, le projet de fonder une famille et l'évasion dans un autre pays, encore vierge de toute immigration extra-européenne. On se croirait presque dans un film Hollywoodien avec happy end! Ceci est est exactement ce que Daniel Conversano prône dans ses vidéos et ce qu'il a lui-même réalisé en se mariant à une Roumaine et en vivant à Bucarest avec leurs 2 enfants. En cela, la fin de ce roman diffère du pessimisme de Michel Houellebecq qui ne voit pas d'issue au nihilisme moderne et au déclin de l'Occident, et qui se soumet. Mais il diffère aussi de  'Guerre civile raciale' de Guillaume Faye, livre édité par Daniel Conversano, qui envisage sérieusement la violence d'une guerre civile raciale en France.

Houellebecq, Faye et Conversano résument donc les 3 réponses possibles face au danger de l'immigration: la soumission (subir), le combat ou la fuite. Il peut sembler paradoxale que Faye et Conversano ne soient pas sur la même ligne sur la meilleure manière de combattre l'immigration. Mais pour Conversano, l'explication du départ est assez simple. Ce combat n'aurait pas eu lieu d'être si les identitaires avaient été écoutés dans les années 1970/80, voire même en 2002. Cela fait 40 ans que la majorité des Français votent pour des politiques qui ne changent rien aux flux migratoires. De plus, les gouvernements actuels continuent de voir les groupes identitaires comme des dangers et non comme des alliés. Aucune violence émanant de ce camp identitaire ne serait tolérée ni par le gouvernement, ni par la justice française. Pour ces 2 raisons, la guerre civile qui monte petit à petit ne doit pas concerner l'extrême droite. S'y impliquer serait même contreproductif.

En cela, Daniel Conversano fait preuve de beaucoup de pédagogie et délivre un message positif de non violence à ces lecteurs FAF (la France au Français). Il prône la non-violence, l'amour de la famille et des siens. Et puisque la France urbaine n'est plus paisible, sauf s'il on se soumet, il propose cette évasion vers une campagne fançaise isolée ou, encore mieux, vers les villes d'Europe de l'Est. Conversano prend le risque d'être qualifié de méchant raciste par la majorité des Français et de traitres par les nationalistes. Mais je trouve qu'il rend un grand service à la France et à ses jeunes en cherchant à transcender la misère sociétale par un projet concret de fonder une famille dans un endroit paisible.