Wednesday, January 16, 2019

La non compression des dépenses publiques

Hier, à Bourgtheroulde, à 17h15, Macron commence sa réponse aux maires par "des faits". Il dit que la baisse des dotations (de l'Etat aux communes) depuis plusieurs années est liée à la compression des dépenses publiques.
Le tout premier "fait" de sa réponse aux 10 premiers maires est une infox. L'INSEE est clair, les dépenses publiques ralentissent en 2016 (+1% contre +1.4% en 2015) mais elles ne baissent pas. Et en 2017, elles augmentèrent de 2.5%!

Chacun a droit à ses opinions, mais les faits sont clairs: les dépenses publiques ne sont pas "comprimées", car elles continuent d'augmenter. La baisse des dotations de l'Etat aux communes n'est donc pas causée par une baisse des dépenses publiques.

J'ai donc arrêté de regarder le président, car il avait raison dans son introduction: on ne peut pas discuter en confiance si on ne se met pas d'accord sur les faits. Or, le noeud du problème est justement cette dépense publique devenue incontrôlable.

Wednesday, January 9, 2019

C'est la faute au libéralisme

La situation semble paradoxale. Jamais depuis la seconde guerre mondiale la France n'a été aussi socialiste/étatiste avec des dépenses publiques à 57% du PIB, un nombre record de personnes travaille pour l'Etat (5,45 millions de personnes en 2015) et une intervention de l'Etat dans la plupart des secteurs économiques du pays (santé, banques, infrastructures, électricité, audiovisuel, enseignement...) La moindre activité est régulée par un code du travail de 3500 pages chez Dalloz et une taxe sur la valeur ajoutée de 20%. Et pourtant, à en croire les commentateurs des grands médias et les politiques à commencer par le premier d'entre eux, le président Macron, "le capitalisme ultralibéral et financier va vers sa fin."

La raison de ce paradoxe est la raison pour laquelle le socialisme ne peut réussir. L'Etat a beau taxer et réguler, il n'arrive pas à suspendre les lois de l'économie de marché. Les entraves à la liberté finissent toujours par causer des bugs.

Prenons le chômage, la cause principale de la pauvreté en France. Selon les lois du marché, il n'y a qu'un chômage frictionnel faible si on laisse les salaires libres de manière à ce que l'offre et la demande de travail s'équilibrent. C'est ce que l'on observe dans tous les pays libéraux dont Taiwan (4% environ). En France, avec son salaire minimum fixé à un niveau supérieur au point d'équilibre, les jeunes et les moins qualifiés ont les plus grandes difficultés du monde à intégrer le monde du travail. Au lieu d'acquérir de l'expérience en entreprise et de faire progressivement leurs preuves, de devenir de plus en plus productifs, ils prennent l'habitude de toucher des aides financières de l'Etat sans travailler. Cela fait 40 ans que les gouvernements successifs ont tout essayé (les 35 heures, les emplois aidés, le doublement de l'emploi public, les subventions comme le CICE, les primes de retour à l'emploi...) et ils ont lamentablement échoué dans leur entêtement à se croire plus malin et plus fort que le marché.

Mais pour la classe politique et médiatique, le chômage reste la faute au libéralisme, au méchant marché. Ils continuent de nier la réalité économique. C'est comme s'ils critiquaient la gravité parce qu'un gros livre leur tombe sur les pieds!

Toutes les interventions de l'Etat se retournent contre ceux qu'on veut protéger:
- les locataires sont tellement favorisés par la loi, notamment les séniors, qu'aucun propriétaire ne veut leur louer un appartement, surtout si leurs revenus sont faibles.
- les taux d'intérêt bas ont tellement aidé l'accession à la prix de l'immobilier s'est envolé. D'ailleurs, les banques ne prêtent toujours qu'aux riches, à ceux qui offrent des garanties.
- en rendant les visites médicales gratuites, le coût de la Sécu s'est envolé car on gaspille toujours ce qui est gratuit.
...

La liste des ratages publics est infinie. La lecture de ContrepointsContribuables Associés, Institut des Libertés... nous en fournit tant d'exemples. Toutes ces politiques sont des échecs car même l'Etat français n'arrive pas à suspendre les lois naturelles du marché. Si tant de choses vont mal en France, ce n'est pas à cause du libéralisme -il y en a si peu-, mais c'est la faute à un Etat qui ne connait plus ses limites.

Wednesday, January 2, 2019

Combien rapporterait la taxation des GAFA?

Ces multinationales du web ne sont pas françaises et s'arrangent pour payer leurs impôts là où le taux leur est le plus favorable! C'est d'autant plus facile que certaines de leurs activités ne sont pas physiquement réalisées en France, mais ont lieu sur Internet. A croire les nombreuses voix qui s'élèvent dans les médias, de nombreux problèmes pourraient être résolus si le fisc français arrivait à taxer ces entreprises au même titre que toutes les entreprises en France. La valeur en bourse des GAFA est de plus de 2500 milliards de dollars (au 31 décembre 2018). Voilà le genre de gros chiffres que les partisans de la taxation des GAFA aiment bien donner pour justifier leur appétit taxatoire. En effet, cela correspond au PIB de la France et cette capitalisation boursière est effectivement une somme énorme.

Voyons donc combien les GAFA ont gagné d'USD d'octobre 2017 à fin septembre 2018:
- Google: 18.8 milliards
- Apple: 59.5 milliards
- Facebook: 19.5 milliards,
- Amazon: 8.9 milliards.

Notons que ces profits furent réalisés dans un très grand nombre de pays. Apple, par exemple, produit et vend un grand nombre de ses appareils en Chine. Google, Facebook et Amazon y sont très peu présents, eux.
Pour connaitre la part de la France dans les profits de ces entreprises, je propose de les estimer à l'aide de la part de la France dans l'économie mondiale. Cela fait 2600/80000= 3.25%
Pour Apple qui est présent presque partout, ce chiffre devrait être proche de la réalité. Mais soyons optimiste et estimons la part de la France à 5%. Pour Google, Facebook et Amazon, je propose de multiplier ce pourcentage de 3.25% par 2 pour tenir compte du fait que ces firmes ne sont pas présentes en Chine et donc leur présence en France pèse plus lourd. Cela fait donc 6.5%.

Nous obtenons que le profit des GAFA généré par en France est de 6 milliards de dollars. Au taux d'impostition actuel de 33 1/3, le fisc a un manque à gagner de 2 milliards de dollars (1,75 milliards d'Euros). Bref, cette somme ne représente que 0.135% des dépenses publiques françaises et 2,7% du déficit public en 2017. Cette non taxation des GAFA est donc très négligeable quand on la compare aux dépenses publiques.

Le scandale n'est pas tant que les GAFA ne paient pas d'impôt en France, mais qu'aucune firme innovante du type des GAFA ne s'y crée. Or, le salaire médian dépasse les 200,000 USD chez Facebook et Google: voici des firmes qui enrichissent leurs salariés. Mais seulement s'ils vivent dans un pays qui ne taxe pas les salaires outre mesure! Cela explique aussi qu'on voit s'expatrier un si grand nombre de jeunes diplômés français!

Tuesday, January 1, 2019

Au royaume des fake news, les politiques sont champions

En bon libéral, je défends la liberté d'expression et donc celle de dire des conneries. Il serait bien injuste de ne pas laisser des Français de la rue en dire quand on a entendu cela de la part de leur représentants:

"Grâce aux 35h, on va faire baisser le chômage". (Aubry)

"Le RMI (RSA ou tout autre aide de l'Etat) va faire reculer la pauvreté". (Martin Hirsch, Rocard...)

"On va rembourser les déficits avec les excédents budgétaires dégagés en période de croissance." (Tous les ministres des finances depuis 1974).

"L'immigration est une chance pour la France." (Terra Nova, think tank de gauche).

"La France a un système de protection sociale que le monde nous envie." (Chirac et tant d'autres).

"Le pétrole va devenir de plus en plus rare et cher". (Club de Rome, fin 1970s)

"Le socialisme, ça marche". (90% des journalistes et 100% des politiques de gauche et d'extrême droite).

"Avec le traité de Maastricht, on ne pourra faire plus de 3% de déficit et avoir plus de 60% de dettes publiques." (Selon les clauses du traité).

"Cela ne coûte rien, c'est l'Etat qui paie." (François Hollande).

"Qui fait les salaires dans les entreprises? Ce sont les patrons." (Jérôme Jaffré, directeur du Cécop sur France Inter le 30 décembre 2018). C'est cette sottise qui m'a donné envie d'écrire cet article. Personne n'a relevé l'erreur parmi tous les journalistes sur le plateau. Or, un salaire n'est pas fixé par le patron. C'est un accord entre le salarié et le patron, et si on cherche quelqu'un qui le fixe, il faut voir du côté du marché et de la loi de l'offre et de la demande. 


Sunday, December 30, 2018

Les avantages de ne pas avoir un Smic pour les plus pauvres

A Taiwan, le salaire minimum est de 140 NTD soit environ 4 Euros de l'heure quand il est presque de 10 Euros brut en France (et 11.5 Euros avec les charges patronales). Comme le chômage à Taiwan est sous la barre des 4%, on peut considérer que ce chômage est surtout frictionnel et n'est pas causé par le niveau du salaire minimum. En effet, si le salaire légal est fixé au-delà d'un certain seuil, les personnes les moins productives n'arrivent plus à trouver d'emploi, car leur employeur n'arriverait pas à couvrir leurs salaires par les revenus que génèrent leur activité. C'est le cas de la France. Les personnes les moins qualifiées ne trouvent pas de boulot, car elles n'arrivent pas à générer plus de 11.5 Euros de valeur ajoutée par heure.

A première vue, la situation d'une personne sans emploi en France semble plus avantageuse que celle d'un travailleur Taiwanais au bas de l'échelle des salaires. En France, grâce à un système de protection sociale très coûteux, le montant de ces aides dépendra aussi du nombre d'enfants. Admettons qu'une personne sans emploi reçoit 8 Euros, autant que le Smic net. Si l'on déduit la TVA de 15% en moyenne, c'est 6.8 Euros hors taxe qu'il peut dépenser. Avec ce revenu, il peut s'acheter 6.8/11.5 = 35 minutes de services d'une personne au Smic.

A Taiwan, les charges sur les bas salaires sont faibles, et la TVA n'est que de 5%, mais elle est nulle sur les produits agricoles. Admettons tout de même une fiscalité totale de 10% au bas de l'échelle des revenus. Avec une heure de travail, le salarié Taiwanais le moins payé peut donc s'acheter 4x.9/4 = 54 minutes de services d'une autre personne au salaire minimum.

D'un point de vue du calcul économique, un salarié Taiwanais à 4 Euros peut donc acheter 54 minutes de services contre 35 minutes pour un assisté social ou quelqu'un au Smic en France. Dans la pratique, qu'observe-t-on à Taiwan? Un grand nombre de services à faible valeur ajoutée sont viables économiquement et profitent aux plus pauvres en leur donnant du travail et des services. Les très nombreux petits restaurants bon marché sont un bon exemple. Un repas simple, mais complet composé de riz, de viande et de légumes coûte entre 2 et 4 Euros dans la plupart des petites échoppes de Taipei! Un revenu de marché, qui semble bas vu de France, permet donc de baisser le coût de la vie pour les plus défavorisés. Et il permet aussi de produire plus, car toute la population active désireuse de travailler trouve un emploi ou crée le sien.

Remarquons que ce calcul économique fonctionne surtout si chaque personne a des compétences particulières. Dans un pays en voie de développement où chacun ne sait que planter des légumes et élever des poules, cela n'a pas grand intérêt de payer d'autres personnes pour faire ce que l'on sait faire soi-même. Mais plus l'économie est avancée et nos besoins complexes, plus on a besoin de faire appel à des personnes spécialisées dans leur domaine.

Je peux aussi vous citer mon métier comme exemple. Il y a 14 ans, j'ai inventé le métier de blogueur de thé! Je tiens un blog bilingue anglais et français sur le thé, sa culture, son histoire, sa préparation... Et j'ai créé une boutique en ligne qui vend du thé de très haute qualité, quasi introuvable en Europe, ainsi que les accessoires pour le faire. Je donne également des cours de thé à mes clients et écrit des livres numériques sur le thé. Plusieurs centaines de clients d'Amérique du Nord et d'Europe me passent commande et font appel à mes services chaque année. Mon activité ne génère pas une grande marge et j'ai calculé qu'elle ne me permettrait pas d'en vivre en France s'il fallait payer l'URSSAF, la TVA... Mais à Taiwan, cette petite marge est peu imposée et le coût de la vie n'est pas bien élevé, si bien que je peux vivre de ma passion.

Ainsi, la faible imposition du travail permet de baisser le coût de la vie et de rendre des activités à faible valeur ajoutée plus rentables. Cela augmente donc le choix de boulots que l'on peut faire. On est moins obligé de maximiser son revenu. On peut choisir un travail plus en harmonie avec ses envies, son rythme ou sa passion. Un tel système convient donc particulièrement aux artistes et à tous ceux en recherche de modes de vie alternatifs! On trouve aussi un grand nombre de quadras et de quinquagénaires qui se mettent à leur compte après plus de 20 ans de salariat. Une de mes amies Taiwanaises est prof de quilt tandis que son mari est devenu pâtissier privé travaillant exclusivement sur commande. Ils gagnent moins qu'auparavant, mais ils ont gagné en liberté et trouvent plus de satisfaction personnelle dans leur travail.

La suppression du SMIC et un allègement considérables des charges sur le travail bénéficient donc même aux salariés les plus modestes. Voici comment on pourra réduire la pauvreté et le chômage en France!

Sunday, December 23, 2018

1989-2019: 30 ans de chute du mur

L'an prochain, nous fêterons les 30 ans de la chute du mur de Berlin. Cet événement eut lieu après la fuite de nombreux Allemands de l'Est vers l'Ouest, puis à des démonstrations populaires hebdomadaires à Dresde, puis dans d'autres grandes villes Est-Allemandes. (Remarque: toute similitude avec l'expatriation d'un nombre croissant de Français jeunes, éduqués ou riches, et la révolte des Gilets Jaunes mérite d'être méditée.)

Peu après la chute du mur, ce sont tous les régimes communistes d'Europe de l'Est et l'URSS qui s'éffondrèrent. La Chine avait déjà pris un virage libéral pour son économie au début des années 1980 sous Deng Xiao Ping. Après la révolution culturelle, ce communisme débridé qui fit des millions de morts, le nouveau dirigeant Chinois avait compris dès le début des années 1980 que la liberté économique est la clé de la prospérité. Ce changement se fit sans fanfare, mais ce fut un événement majeur de la fin du 20ème siècle, car il permit à plus d'un milliard de Chinois de sortir de la pauvreté en l'espace d'une génération.

La chute du mur de Berlin en 1989 fut la preuve éclatante que le communisme et le socialisme, cela ne marche pas et que cela ne marche nul part. Un Etat et ses technocrates n'arrivent pas à gérer et faire prospérer un système aussi complexe que l'économie d'un pays. Pour cela, il faut des entrepreneurs, des investisseurs, des consommateurs qui cherchent chacun à maximiser leur argent en toute liberté et responsabilité avec un Etat qui garantit l'ordre et la propriété individuelle. Mises avait montré les contradictions du socialisme dès 1922. Hayek avait prolongé cette reflexion en 1988 avec La présomption fatale, les erreurs du socialisme.

Bref, rarement une théorie économique ne fut aussi bien démolie autant sur le plan théorique que dans la pratique. C'est pourquoi, ces 30 dernières années, les journalistes et toute l'intelligentsia française ont pris leurs distances avec le socialisme et se sont convertis au libéralisme. Du jour au lendemain, les chroniqueurs arrêtèrent de citer l'Humanité et Libé dans leurs revues de presse. Les journalistes traitèrent les politiques d'extrême gauche avec la même répugnance que ceux d'extrême droite. Les faux intellectuels de la vraie gauche furent ignorés du débat démocratique, car ils s'étaient trompés et refusaient de le reconnaitre. Un débat entre un gauchiste et une populiste réclamant tous deux le retour de l'ISF sur France Inter est aussi absudre que la notion même de radio publique en 2018.

Au contraire, les médias français donneraient une place de choix aux entrepreneurs privés, aux économistes libéraux comme Charles Gave, aux associations de contribuables (comme l'IFRAP). On ne compte plus leurs passages sur les grandes chaines de radio et de télévision! Grâce à cet exposition médiatique, les concepts et les avantages du libéralisme comme la flat tax, le salaire intégral, la retraite par capitalisation, la protection de la vie privée, les bienfaits du libre-échange... ne font plus de mystère pour les Français. La patrie de Montesquieu, Jean-Baptiste Say et Bastiat s'est tellement convertie au libéralisme qu'elle est devenue la championne d'Europe et de l'OCDE des ... prélèvements obligatoires!!!?

Il y a quelque chose qui cloche! J'ai pris mes désirs pour des réalités. Force est de constater qu'en France, le mur existe encore dans les têtes de tout le monde politico-médiatique. Le libéralisme reste un repoussoir, un grand inconnu. De Le Pen à Mélenchon, en passant par Xavier Bertrand à Macron, de Dupont-Aignan à Jadot, absolument toute la classe politique française veut un Etat fort, toujours plus de services et de dépenses publiques. Personne n'envisage une baisse généralisée des impôts, mais tout au plus une baisse de quelques impôts payés par ses électeurs!

Toute la classe journalistique, politique et administrative ne parle que d'une seule et même voix en faveur de plus de fonctionnaires, de chasse aux fraudeurs du fisc, de contraintes sur les entreprises, de SMIC qu'il faut augmenter ou garder. Et au lieu de baisser franchement les cotisations sur les bas salaires, la technocratie continue de bricoler des usines à gaz comme la prime d'activité, afin de distribuer d'une main (une partie) de l'argent qu'elle vient de prendre de l'autre!

La révolte des gilets jaunes a débuté par le refus de la limitation de vitesse à 80 km et des taxes sur l'essence. Certaines revendications sont confuses car l'extrême gauche essaie de la récupérer et car les principes libéraux sont si peu connus en France. Mais en s'opposant aux dogmes de l'Etat bienveillant et à la pensée unique, les gilets jaunes ont le bon sens de remarquer que la France fait fausse route. Avec ses 3,5 millions de chômeurs, sa dette à 100% du PIB, 40 ans de déficits publics, sa croissance en berne, on aurait tort de les critiquer sans balayer devant sa porte!

Monday, December 17, 2018

La permanence de la bureaucratie en France

L'un des nombreux avantages de la démocratie, c'est qu'il permet à différentes sensibilités politiques parmi les citoyens à prendre le pouvoir à tour de rôle. Les élections permettent ainsi de corriger les excès d'une politique en changeant de majorité. Si un parti augmente un impôt ou prend une mesure impopulaire, l'autre parti pourra l'annuler lorsqu'il reviendra au pouvoir. Malheureusement, il y a une mesure qui est quasiment irréversible, c'est l'embauche de nouveaux fonctionnaires. Leur statut leur assure un emploi à vie et donc, même si un parti de droite ou de gauche voulait faire baisser leur nombre, il ne pourrait que jouer sur le non remplacement de ceux qui partent à la retraite. Or, ce n'est pas parce qu'un prof ou qu'une infirmière part à la retraite que son poste n'est plus nécessaire! Voilà pourquoi, depuis 40 ans, le nombre de fonctionnaires et les dépenses de l'Etat n'ont eu cesse d'augmenter malgré les alternances politiques. Les Français ont voté pour la gauche, la droite et maintenant pour Macron et ses alliés centristes, mais aucun parti n'a pu baisser ces dépenses (et rares furent ceux qui essayèrent!)

Ainsi, l'une des plus grandes confiscations de la souveraineté du peuple ne vient pas de Bruxelles, mais de cette bureaucratie permanente française qui compte plus de 5 millions de fonctionnaires.
Le statut et les privilèges ne sont pas la responsabilité des fonctionnaires (comme je l'ai expliqué dans mon dernier article), mais des hommes politiques qui n'osent pas les réformer en expliquant que la démocratie l'exige. Or, grâce à son statut inamovible, la bureaucratie est plus puissante que le pouvoir politique issu des urnes. Ainsi, dans l'émission Par Jupiter du 14 décembre 2018 sur France Inter, à la 25ème minute, le danseur Julien Derouault nous raconte cette anecdote: "Quelqu'un de très haut placé, dont je ne citerai pas le nom, dans l'administration culturelle m'a dit un jour "Ne vous fâchez pas avec moi. Un ministre ça part tous les 2 ans. Moi, cela fait 25 ans que je suis là. Le pouvoir, c'est moi qui l'ai!""

Le problème démocratique se pose encore plus pour les retraites des fonctionnaires. Comme la retraite est par répartition et que l'Etat n'a pas provisionner le coûts de la retraite de ses fonctionnaires, ce sont les jeunes citoyens qui doivent payer les généreuses pensions de retraite des fonctionnaires embauchés avant leur naissance! Dans ces conditions, à quoi bon voter pour un parti quelconque si celui-ci ne peut contrôler les dépenses de l'Etat. Où est le pouvoir démocratique si Macron ne peut défaire ce qu'a fait Giscard, Mitterrand, Chirac ou Sarkozy? Notre plus gros problème démocratique, c'est que la bureaucratie française n'a pas de contre-pouvoir. La souveraineté du peuple n'est pas compatible avec le statut de fonctionnaire à vie. Il faut changer ce statut et retrouver le pouvoir politique de faire de vraies réformes qui profiteront à tous les Français.