The Taiwan issue is one of the most important geopolitical challenge of our times. Mainland China keeps on insisting that Taiwan must be reunified with the Mainland, while the US arms Taipei so that it wouldn't happen without a great cost.
Bienveillant à Taiwan
Thursday, May 7, 2026
Is Taiwan part of China?
The Taiwan issue is one of the most important geopolitical challenge of our times. Mainland China keeps on insisting that Taiwan must be reunified with the Mainland, while the US arms Taipei so that it wouldn't happen without a great cost.
Friday, April 17, 2026
La concurrence de la Chine
Cela étant dit,
il est important de reconnaître que la rivalité et la compétition entre grandes
puissances, tout comme entre nations plus petites, sont des éléments naturels
des relations internationales. En tant qu’Alsacien, né au cœur de l’Europe, je
soutiens naturellement ma région natale. Mes études aux États-Unis m’ont permis
d’apprécier la mentalité pragmatique et optimiste des Américains, ce fameux «
can do », et après trente ans de vie à Taïwan, j’ai également une vision
positive du potentiel asiatique. Mon point de vue sur la rivalité géopolitique
et économique s’est progressivement neutralisé, surtout depuis que l’Europe est
moins centrale dans la compétition mondiale. À bien des égards, la finale de la
Ligue des Champions géopolitique, c’est aujourd’hui USA contre Chine, avec une
Europe à la traîne en matière d’unité économique, de PIB, de croissance et de
puissance financière.
Puisque le
conflit militaire doit être exclu, la plupart de la rivalité se joue désormais
surtout sur le terrain économique. Ce domaine est particulier, car les deux
derniers siècles ont montré que l’économie n’est pas un jeu à somme nulle : le
libre-échange profite à la fois aux acheteurs et aux vendeurs. Ainsi, je
considère le développement de la Chine non pas comme une menace, mais comme une
opportunité et une preuve de l’efficacité du commerce mondial et du
capitalisme.
Pour reprendre la
comparaison avec la Ligue des Champions, les gens sont attirés par cette
compétition car elle rassemble les meilleurs joueurs sur la scène mondiale.
Leur talent, leur rapidité et leur précision dépassent largement ceux des
équipes locales, ce qui rend le spectacle passionnant et inspirant. La course à
l’IA entre Anthropic, OpenAI, X, Google, DeepSeek, Alibaba, Tencent et Z.ai est
tout aussi captivante, avec de nouveaux modèles lancés chaque semaine. Sans la
concurrence chinoise, les entreprises américaines d’IA pourraient manquer
d’urgence pour innover, et vice versa. Les firmes chinoises cherchent à
surpasser ou à se distinguer de leurs homologues américains, ce qui accélère
l’innovation et offre plus de choix aux clients du monde entier. Notamment,
certaines startups américaines choisissent désormais le modèle ouvert de
DeepSeek pour son coût abordable et un meilleur contrôle des données.
Comme dans un bon
match de Ligue des Champions, je veux voir du fair-play, et non une série de
fautes où une équipe cherche délibérément à nuire à l’autre. Un vrai jeu exige
l’équité et le respect des règles, permettant à chaque camp d’exprimer son
potentiel. Dans ce contexte, les États-Unis ont parfois utilisé leur position
hégémonique pour freiner la progression chinoise, notamment via les
restrictions sur les exportations de semi-conducteurs. Si ces restrictions ont
causé des revers à court terme pour le secteur high-tech chinois, elles ont
aussi entraîné une mutation de long terme vers la « dé-occidentalisation » des
chaînes d’approvisionnement. Le gouvernement chinois a priorisé le financement
des industries stratégiques, aboutissant à une croissance impressionnante dans
plusieurs secteurs huit ans après le premier embargo technologique. Concernant
l’interdiction sur les semi-conducteurs, Jensen Huang, PDG de NVIDIA, a
souligné que ne pas vendre de puces à la Chine nuit à son entreprise en lui
faisant perdre un marché immense et lucratif — un marché qui pourrait financer
la R&D essentielle. L’embargo a peut-être ralenti la Chine temporairement,
mais il a aussi stimulé l’ingéniosité et l’urgence, renforçant l’autonomie
chinoise. Au final, cette tactique pourrait s’avérer plus préjudiciable aux
États-Unis et à l’Europe qu’à la Chine elle-même.
Certains
commentateurs perçoivent l’ascension de la Chine et prônent la rupture totale
des échanges, affirmant que des marques comme BYD détruiront les industries
nationales. Ils soutiennent que chaque transaction avec la Chine soutient le
Parti communiste et finance une puissance rivale. Pourtant, il est important de
se souvenir que le commerce apporte des avantages mutuels. Le commerce avec la
Chine permet aux acheteurs de réaliser des économies significatives — les
produits fabriqués en Chine sont souvent plus abordables que leurs équivalents
occidentaux. De plus, la Chine est une source de revenus et de bénéfices pour
de nombreux grands groupes européens (LVMH, Siemens, Apple), offrant des
emplois bien rémunérés et des fonds supplémentaires pour la R&D et
l’investissement. Comme le disait Bastiat, il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne
voit pas : alors que les commentateurs pointent du doigt les emplois perdus et
les fermetures d’usines en Occident, ils omettent souvent que des usines
chinoises ferment également à mesure que le travail peu qualifié migre vers le
Vietnam ou l’Inde, et que les nouvelles usines high-tech sont de plus en plus
automatisées, devenant des « usines noires ». Ces tendances illustrent la
pression constante pour l’efficacité dans la fabrication, secteur peu rentable.
Ce n’est pas la Chine qui provoque le changement et les difficultés dans
l’industrie occidentale, mais la modernisation irréversible du monde, qui
génère du changement, parfois négatif, mais surtout positif (le PIB mondial augmente,
la pauvreté recule…)
Le cas d’Apple
illustre bien cette dynamique. Depuis la sortie du premier iPhone en 2007,
Apple a conservé son leadership mondial (20 % de part de marché) grâce à une
innovation continue et un souci constant de l’expérience client. Même en Chine,
Apple n’est devancé que par Huawei, avec un record de 13,1 millions de
téléphones vendus au premier trimestre 2026. La fabrication en Chine a favorisé
l’émergence de concurrents locaux, mais elle permet aussi à Apple de maîtriser
ses coûts et de rester compétitif. De plus, de nombreuses exportations
chinoises sont des produits conçus et réalisés pour des entreprises
occidentales, illustrant la nature collaborative du commerce mondial.
L’ascension de la
Chine s’explique par un Parti communiste plus astucieux et capitaliste. Mais la
Chine n’est pas responsable des crises occidentales ; la plupart des
difficultés en Occident proviennent de politiques publiques stupides :
développement excessif de l’État providence, éducation égalitaire négligeant
les filières scientifiques, gestion déficiente de l’immigration, stratégies
énergétiques erronées (notamment en Allemagne), et politiques inflationnistes
des banques centrales.
Les gouvernements
occidentaux peinent de plus en plus à masquer leurs erreurs aux électeurs. Les
voyageurs revenant de Chine rapportent que les États-Unis et l’Europe sont
désormais considérés comme des régions en développement, où la sécurité et les
obstacles bureaucratiques freinent le progrès. Les experts de gauche admirent
la bureaucratie chinoise efficace, mais prônent la réduction des échanges pour
protéger les industries nationales au moment où l’automobile occidentale peine
à passer à l’électrique. Ériger des barrières commerciales peut tenir les
véhicules électriques chinois à l’écart, mais risque de cloisonner les
industries nationales, de réduire les marchés et de paralyser les économies par
la stagnation. Cette attitude défaitiste équivaut à un sabotage économique.
L’approche
constructive, prônée par trop peu à droite (et personne à gauche), consiste à
se méfier des interventions publiques pour protéger les entreprises
occidentales. Historiquement, les gouvernements occidentaux ont un piètre bilan
en la matière. En réalité, les entreprises privées américaines restent les plus
rentables du monde, avec une capitalisation boursière largement supérieure à
celle de la Chine (40 000 milliards contre 11,5 milliards de dollars). Une
seule entreprise chinoise continentale (Tencent) figure parmi les 25 premières,
à la 19e place, tandis que les États-Unis dominent ce classement des leaders
mondiaux. Et seules cinq autres entreprises non américaines — TSMC, Saudi
Aramco, Samsung, ASML et SK Hynix — atteignent le haut du tableau.
Disposer des
sociétés les plus rentables permet aux entreprises américaines d’investir
massivement dans la productivité et d’attirer les meilleurs talents. Les
subventions chinoises ne sont pas un modèle viable à long terme, et la Chine
découvre encore le capitalisme. Le Politburo chinois regorge d’ingénieurs
brillants, mais les « Magnificent 7 » américains amorcent une révolution
technologique qui dépasse le simple affrontement international.
La Chine possède
de solides atouts : une population nombreuse et éduquée, un taux d’épargne
élevé et un réseau énergétique diversifié. Les États-Unis, de leur côté,
disposent des entreprises les plus innovantes, d’un système financier
expérimenté et de lois sur la propriété solides. Il ne faut pas s’alarmer des
progrès chinois ; il faut plutôt se réjouir que le capitalisme stimule la
croissance pour toutes les nations qui l’adoptent. Au lieu de freiner la Chine,
les États-Unis et l’Europe devraient identifier leurs propres axes
d’amélioration — développer l’énergie nucléaire, alléger la réglementation,
baisser les impôts pour les salariés, pratiquer une immigration ciblée — et
s’adapter au changement. Protéger les entreprises de la concurrence est
contre-productif. La compétition est au cœur du capitalisme, et nos entreprises
privées les plus performantes prouvent que l’engagement et la collaboration
avec la Chine donnent de meilleurs résultats que l’isolement. N’ayez pas peur
de la Chine.
Competition with China: beyond conflict
That said, it is important to recognize that rivalry and
competition among the great powers, as well as among smaller nations, are
natural elements of international relations. As someone from Alsace, France, at
the heart of Europe, I naturally support my home region. My studies in the US
have fostered an appreciation for Americans’ pragmatic and optimistic ‘can do’
attitude, and after thirty years living in Taiwan, I also hold a positive view
of Asia’s potential. My perspective on geopolitical and economic rivalry has
become increasingly neutral, especially since Europe is less central to the
global competition today. In many ways, the Champions League final of
geopolitics is now USA vs China, with Europe lagging behind in economic unity,
GDP, growth, and financial strength.
Since military conflict must be excluded, most of the
rivalry now plays out in the economic arena. This field is unique because the
last two centuries have demonstrated that the economy is not a zero-sum game;
in fact, free trade benefits both buyers and sellers. Therefore, I view China's
development not as a threat, but as an opportunity and a testament to the
effectiveness of global trade and capitalism.
Returning to the comparison with the Champions League,
people are drawn to this competition because it features the best players on
the world stage. Their skills, speed, and precision far surpass those of local
teams, making the contest exciting and inspiring. The AI race between
Anthropic, OpenAI, X, Google, DeepSeek, Alibaba, Tencent, and Z.ai is equally
compelling, with new models launching every week. Without Chinese competition,
American AI companies might lack the urgency to innovate, and vice versa. Chinese
firms are striving to outperform or differentiate themselves from American
counterparts, fueling faster innovation and greater choices for customers
worldwide. Notably, some American startups now choose DeepSeek’s open model for
its affordability and greater data control.
Like a good Champions League match, I want to see fair play,
not a series of fouls where one team deliberately undermines the other. A true
game demands fairness and respect for rules, allowing both sides to perform at
their highest level. In this context, the USA has sometimes leveraged its
hegemonic position to slow China’s progress, most notably through semiconductor
export restrictions. While these restrictions caused short-term setbacks for
China’s high-tech sector, they also prompted a long-term shift toward
de-westernization of supply chains. China’s government prioritized lending to
strategic industries, leading to impressive growth across multiple sectors
eight years after the first technology embargo. As for the semiconductor ban,
Jensen Huang, CEO of NVIDIA, has pointed out that not selling chips to China
hurts his business by forfeiting a massive, lucrative market—one that could
help fund essential R&D. The embargo may have slowed China temporarily, but
it also sparked ingenuity and urgency, ultimately strengthening China’s
self-reliance. In the end, this tactic could prove more detrimental to the US
and Europe than to China itself.
Some commentators sense China’s ascendancy and advocate
cutting all trade with the country, claiming that brands like BYD will destroy
domestic industries. They argue that every transaction with China supports the
Communist Party and funds a rival power. However, it’s important to remember
that trade delivers mutual benefits. Trade with China allows buyers to enjoy
significant savings—products made in China are often more affordable than
Western-made equivalents. Moreover, China is a source of revenue and profit for
many major European companies (such as LVMH, Siemens, Apple), providing
well-paying jobs and additional funds for R&D and investment. As Bastiat
famously noted, there’s what we see and what we don’t see: while commentators
highlight lost manufacturing jobs and factory closures in the West, they rarely
mention that Chinese factories are also closing as low-skilled work moves to
countries like Vietnam or India, and new high-tech plants are increasingly
automated ‘dark factories.’ These trends demonstrate ongoing pressure for
efficiency in manufacturing, which is not a high-margin sector. China isn’t what’s
causing change and pain in Western manufacturing. It’s the unstoppable
modernization of the world that is creating change, some negative, but mostly
positive (worldwide GDP is increasing, poverty is receding...)
The case of Apple illustrates this dynamic well. Since
releasing the first iPhone in 2007, Apple has maintained global leadership (20%
market share) thanks to continual innovation and an unwavering focus on
customer experience. Even in China, Apple is second only to Huawei, achieving a
record 13.1 million phones sold in Q1 2026. Manufacturing in China has fostered
local competitors, but it also helps Apple control costs and remain
competitive. Additionally, many Chinese exports are products designed and produced
for Western companies, highlighting the collaborative nature of global
commerce.
China’s rise can be attributed to a smarter, more
capitalistic Communist Party. But China is not responsible for Western crises;
most challenges in the West stem from misguided government policies: expanding
welfare states, egalitarian education that overlooks STEM, poorly managed
immigration, flawed energy strategies, and inflationary central bank policies.
Western governments are increasingly unable to hide their
mistakes from voters. Travelers returning from China report that the US and
Europe are now viewed as developing regions, where safety and bureaucratic
obstacles hinder progress. Left-leaning experts admire China’s strong,
efficient bureaucracy and advocate cutting trade to protect domestic
industries, particularly as Western automotive sectors transition to EVs.
Building trade walls may keep Chinese EVs out, but risks isolating domestic
industries, shrinking markets, and crippling economies through stagnation. This
defeatist attitude is, in effect, economic self-sabotage.
The more constructive approach, advocated by too few on the
political right (and nobody on the left), is to be wary of government
intervention in protecting Western companies. Historically, Western governments
have a poor track record in this regard. Fact is US private enterprises remain
the most profitable globally, with a market capitalization far exceeding
China’s ($40 trillion vs $11.5 trillion USD). Only one mainland Chinese company
(Tencent) appears among the top 25 at #19, while the US dominates the list of
leading firms. And only five other non-American companies—TSMC, Saudi Aramco,
Samsung, ASML, and SK Hynix—also make the top ranks.
Having the most profitable companies allows US firms to
invest heavily in productivity and attract top talent. Chinese subsidies are
not a sustainable long-term model, and China is still relatively new to
capitalism. The Chinese Politburo is filled with smart engineers, but America’s
“Magnificent 7” are pioneering a technological revolution that transcends mere
international rivalry.
China holds strong cards: a large, educated population, high savings rates, and a diversified power grid. The US, meanwhile, boasts the largest innovative companies, a seasoned financial system, and robust property laws. We should not be alarmed by China’s progress; instead, we should be proud that capitalism drives growth for all nations that embrace it. Rather than hindering China, the US and Europe should identify areas where they can improve—such as expanding nuclear energy, reducing regulation, lowering taxes for workers, pursuing targeted immigration—and adapt to change. Shielding companies from competition is counterproductive. Competition lies at the heart of capitalism, and our most successful private firms prove that engagement and collaboration with China yield better outcomes than isolation. Don't be afraid of China.
Thursday, March 5, 2026
Iran : Scénarios géopolitiques
Alors que la tension atteint des sommets au Moyen-Orient, un tournant majeur semble s’amorcer, porté par une frappe surprise qui a décimé l’état-major iranien, dont le Guide suprême Khamenei lui-même. Selon plusieurs sources, Israël aurait intercepté l’information d’une réunion cruciale et persuadé les États-Unis d’engager l’offensive, les Américains jouant alors le rôle de force armée au service de l’État hébreu, réputé pour sa connaissance fine de la région, bien supérieure à celle de la CIA.
Ce scénario
pourrait ouvrir la voie à une guerre courte et décisive, si Washington se
contente de soutenir la stratégie israélienne. Mais le spectre d’une opération
menée selon la doctrine du Pentagone évoque d’autres précédents : Irak,
Afghanistan, Libye... Les errements stratégiques du passé pourraient alors
transformer ce conflit en enlisement coûteux, tant sur le plan humain que
financier.
Contrairement à
certaines analyses, ce nouvel embrasement n’est pas, selon l’expert Pete
Hesgeth, un signal adressé à la Chine. Pékin, souvent perçue comme l’un des
grands perdants potentiels de la crise – du fait de la perte d’un allié et d’un
fournisseur de pétrole à bas prix –, a su diversifier ses sources
d’approvisionnement. Premier importateur mondial d’or noir, la Chine s’est
solidement positionnée sur les marchés énergétiques internationaux. Même si
l’Iran cessait de lui accorder des rabais post-conflit, la compétitivité
chinoise, appuyée sur des volumes d’achat colossaux, ne serait guère menacée.
Les deux issues
principales du conflit laissent entrevoir, paradoxalement, des perspectives
favorables pour Pékin :
- Dans l’hypothèse d’une guerre courte et victorieuse, la région pourrait connaître un nouvel essor, propice au commerce.
La Chine, incontournable sur le plan économique, resterait un partenaire
privilégié des exportateurs d’hydrocarbures comme des importateurs de
biens manufacturés, médicaments et autres produits issus de
« l’atelier du monde ».
- En cas de conflit long, les États-Unis risqueraient un
affaiblissement durable. La perturbation des flux pétroliers vers l’Asie
viserait surtout le Japon, la Corée du Sud et Taïwan, pays peu enclins à
commercer avec la Russie. Cette crise accélérerait la transition mondiale
vers les véhicules électriques, atténuant la baisse de production des
industries pétrolières chinoises. Un statu quo maintiendrait la fragilité
américaine, tandis qu’une victoire ramènerait au scénario précédent, avec
des États-Unis encore plus fragilisés.
Au cœur de cette
crise, la Chine apparaît donc, non pas comme une victime collatérale, mais
comme un acteur capable de tirer parti de tous les scénarios envisageables.
Thursday, January 1, 2026
Sur la nature de l'Amérique, par Louis Casé
En tant que fervent lecteur de Mark Steyn et de Charles Gave, je suis moi-même un libéral assez critique des USA et surtout de leur Etat profond. Louis Casé va plus loin que ces deux auteurs dans son analyse systématique des origines et du système de cet Etat profond. Il y va très fort et ose se poser la question de l'influence juive dans la politique américaine sans tomber dans de l'antisémitisme (puisqu'il rejettera cette explication trop simpliste et complotiste). Au final, il montre que les coupables de la mauvaise gestion du monde par les Américains sont leur culture et l'influence disproportionnée des Boomers (à cause de leur poids démographique). Ce dernier point est aussi valable pour la France et l'UE, si bien que nous sommes aussi coupables d'avoir contracté ce virus transmis par l'idéologique et la culture US. Bref, même si l'Amérique est la cause du déclin de l'Occident (et peut-être de sa chute), Louis Casé n'en fait pas un bouc-émissaire, mais montre que l'Amérique finira par tomber comme ses vassaux (si rien ne change).
Un très bon exemple de la malveillance de la domination américaine provient de son système financier. Depuis 1971 et la fin de l'étalon-or, les USA ont le privilège de la monnaie de réserve et ils en abusent de plus en plus. Cela fonctionne ainsi: la dette publique US est à 36 trillions de USD. Elle 'coûte' 3 à 4% en taux d'intérêt annuel, mais comme la masse monétaire augmente de 7 à 8% par an, la moitié de cette augmentation peut servir à payer les intérêts de la dette dans une monnaie qui perd progressivement de sa valeur. Ce ne sont donc pas les USA qui supportent le coût de la dette, mais ses créanciers, les détenteurs d'obligations moitié internationaux (les banques centrales), moitié nationaux. Ainsi, la fraude du dollar devient aussi une affaire interne et l'Amérique n'est et ne sera pas épargnée par ses turpitudes. L'auteur n'en éprouve pas de Schadenfreude et pronostique une crise du système dans les 10 à 15 ans. C'est aussi le délai que donne Mark Steyn pour la transformation démographique de l'Europe de l'Ouest!
Etant assez ouvert et proche des idées de l'auteur, je ne sais pas si le livre arriverait à convaincre des gens venant de positions plus éloignées. Son style est celui d'un auteur contemporain jeune. On s'y fait. Mais je pense que le livre gagnerait s'il était plus court en évitant la répétition de certains arguments ou faits. Peut-être qu'une IA pourrait diviser le nombre de page par deux en éliminant les redondances...
Sinon, je trouve que Charles Gave est plus proche de la bonne explication concernant l'Euro. C'était une demande française, mais ce sont les Américains qui en ont plus bénéficié que les Allemands. Certes, les industries allemandes ont été favorisées au départ, mais elles ont fini par s'effondrer avec le renchérissement de son énergie (Energiewende et fin du gaz russe). C'est la Fed qui a pu éliminer un concurrent sérieux et indépendant. Mais c'est un point de détail.
Le passage sur Trump est très bon également. Louis Casé montre que son élection est une victoire sur l'Etat profond, mais que Trump ne changera pas grand chose au système américain, car il est un produit de sa génération, les Boomers, et croit aux mythes Américains. On voit d'ailleurs qu'il emprunte encore plus que Biden pour frauder encore plus avec le dollar. On est donc loin d'une prise de conscience et c'est surtout pour cela, d'après moi, que Louis Casé a pris le pseudo de Prophet of Doom sur X!.
Saturday, November 8, 2025
Les rentes dans la Joie de Vivre de Zola, la rentabilité du portefeuille de Brown selon Charles Gave et le Bitcoin
* 2,5%: 300 francs est ce que la famille Chanteau reçoit en plaçant les 12,000 francs qui restent de 50,000 francs du capital investi dans le commerce de bois de de Davoine
* 4%. Pour les 200,000 francs de capital de Pauline, Zola parle de rente de 8,000 francs.
* 5%. p.1209: 40000 = 2000 de rente
* 6%. 3,000 francs produits par les cinquante mille placés sur hypothèques.
* 10%. Ce sont les bénéfices espérés du commerce de bois de Davoine. Madame Chanteau compte gagner 5,000 francs par an avec son investissement de 50,000 francs. Ce ne sera pas le cas, puisque Davoine fera même faillite (voir plus haut).
En ce temps, la France passe d'un système monétaire basé sur l'argent et l'or à un système basé uniquement sur l'or (la valeur de l'argent baissait par rapport à l'or et cela rendait ce système à deux métaux instable). Cette période est donc caractérisée par une masse monétaire qui n'augmente que très peu au gré de la (faible) production de l'or. Il n'y a donc pas d'inflation, mais, au contraire, une petite déflation produite par la productivité de la révolution industrielle qui se met en marche (et qu'on voit à l'œuvre dans Germinal, le roman suivant de la saga des Rougon-Macquart).
Il est bon de rappeler que les taux d'intérêts rémunèrent deux choses:
1. Le prix du temps. C'est le prix qui équilibre le marché entre ceux qui veulent avoir tout de suite un argent qu'ils n'ont pas encore gagné et ceux qui leur prêtent cet argent et veulent donc bien remettre à plus tard l'emploi de cet argent.
2. Le prix du risque. C'est la prime que demande un investisseur quand il effectue un investissement dont la rentabilité est incertaine.
Chez Zola, la rente est généralement 4%.(Celle à 2,5% s'explique probablement par le fait que le capital est faible, ce qui occasionne plus de frais d'intermédiation.)
Il est intéressant de noter que Charles Gave, dans Cessez de vous faire avoir, fiche numéro 8, montre qu'un portefeuille de Brown obtient un rendement de 4% par an, après inflation, dans la plupart des pays (France, USA, Japon, Suisse, Chine!) Ce portefeuille de Brown est investi à parts égales en or, cash, obligations et actions. Cette diversification permet d'affronter les périodes de croissance ou de déclin et les périodes inflationnistes ou déflationnistes avec une volatilité réduite.
Ce taux de 4% après inflation chez Charles Gave ou sans inflation chez Zola semble donc être une constante non seulement internationale, mais aussi historique et correspondrait donc au prix du temps. C'est le rendement 'normal' pour ceux qui font l'effort de ne pas consommer immédiatement leur argent, mais l'investissent, c'est à dire s'en privent aujourd'hui pour en avoir plus dans le futur.
Or, traditionnellement, quand on cherchait une rente stable et sans risque, l'investisseur plaçait d'abord son argent en obligations d'Etat. Mais, depuis depuis de nombreuses années, nous constatons que le rendement des obligations couvre à peine l'inflation. Ainsi, en Europe, l'inflation est de 2% et les taux sont à 2%. Aux USA, la situation est un peu meilleure. L'inflation est de 3% et les taux sont à 4%. Au Japon, c'est catastrophique: l'inflation est de 2,9%, mais les taux sont à 0,5% seulement. Le moins mauvais rendement vient de Chine où l'inflation est de -0,3%.et les taux de 1,3%.
Nous sommes loin de 4% pour cet outil financier! Ces grands Etats se financent donc pour moins cher que le prix du temps. Cette situation est malsaine et ne peut pas durer. Certains investisseurs qui ont un portefeuille d'actif 'classique' 50% obligations et 50% actions se consolent de ce faible rendement des obligations par les performances exceptionnelles de la bourse américaine. Mais le niveau d'endettement est tel qu'une crise ne ferait pas forcément baisser les taux et les obligations perdraient leur rôle d'actif anti fragile. En effet, une crise obligerait les Etats à émettre encore plus de dettes pour continuer de payer les systèmes sociaux (la retraite surtout) quand les revenus fiscaux baisseraient.
La maigre rentabilité des obligations incitent donc les investisseurs à se tourner vers d'autres actifs. Il y a d'abord la valeur refuge traditionnelle, l'or et ses records récents montrent que qu'à défaut d'obtenir un rendement de 4%, les banques centrales qui achètent l'or, sont déjà heureuses de conserver la valeur (1 gr d'or aujourd'hui = 1 gr d'or demain). Son prix, lui a tendance à augmenter par l'effet de la rareté du métal jaune (comparée à l'abondance de la masse monétaire. Le Bitcoin est un actif similaire à l'or, dont la rareté est encore plus radicale, car il existe un nombre fini de Bitcoin (environ 21 millions) et son minage demande de plus en plus de calculs, donc d'énergie. Un autre phénomène pousse à l'augmentation du prix du Bitcoin, l'adoption. Ses acheteurs sont de plus en plus nombreux. Aux USA, l'administration républicaine non seulement ne combat plus le Bitcoin comme le faisaient les précédentes administrations, mais entend bien que les USA soient à la pointe de la finance utilisant Bitcoin et d'autres crypto. La création d'ETF Bitcoin au printemps fut un pas de plus dans l'adoption du Bitcoin par Wall Street. Or, la capitalisation totale de Bitcoin n'est que de 2000 milliards de dollars au prix de 100.000 USD par Bitcoin (et 19,92 millions de Bitcoin minés pour l'instant).
Même si 1 Bitcoin aujourd'hui = 1 Bitcoin demain, le coût du minage n'ira qu'en augmentant. Actuellement, ce minage coûte au moins 50000 USD dans des pays où l'énergie est bon marché. Cela peut monter à 85000 USD en Europe où l'énergie est plus chère. Bref, le prix du Bitcoin (102 K USD au moment de l'écriture de cet article) n'est pas si éloigné de son coût. Son potentiel de baisse semble donc limité, mais son potentiel de hausse à l'avenir est très fort.
Thursday, October 16, 2025
La France est madame Bovary
Tout réussit à une France qui a alors 40 ans d'avance sur la Chine. Mais quand l'économie se grippe avec la crise du pétrole, la France refuse de faire face à la réalité. Les boulots simples sont dorénavant ceux des immigrés d'Afrique du Nord, même si le chômage des Français explose. Notre France/Emma a pris des habitudes de nantis. Elle a des goûts de luxe et défend ses droits acquis. La comparaison avec son mari allemand l'excède. Elle succombe aux charmes d'un séducteur après l'autre. Le premier s'appelle Mitterrand. Il lui promet une retraite à 60 ans. Le second, Jospin, réduit le travail à 35 heures. Mais le plus joli coup d'Emma, c'est la procuration du notaire qui lui donne l'accès aux biens de son mari (le mark). Désormais, la France va pouvoir faire des dettes encore plus monstrueuses pour se financer un niveau de vie supérieur à la réalité économique. Sans l'Euro, la France n'aurait pas pu trouver tant de preneurs pour ses obligations. Sans la procuration, Emma n'aurait pas pu s'endetter au point de détruire l'avenir de son enfant, privée d'une bonne éducation, car tout fut englouti par ses nuits de débauche avec ses amants.
Le jour où la faillite arriva, le notaire (du Qatar) lui proposa de se prostituer pour obtenir un délai. C'est là que notre histoire varie. Flaubert n'a pas laisser tomber Emma si bas et l'a fait préférer le suicide. Avec Villepin, Sarkozy et Macron, nos Emma du XXIe siècle ne nous épargnent pas le tapinage le plus immonde accompagné d'un lèche-babouche qui islamise la France. Ainsi, si le suicide financier se fait attendre, le meurtre par Grand Remplacement est de plus en plus réel.



