Tuesday, June 28, 2022

Un regard de 2022 sur l'avortement


La décision de la Cour Suprême des USA de mettre fin à sa décision Roe vs. Wade signifie que chacun des 50 Etats Américains va pouvoir réglementer le droit d'avorter comme ses élus l'entendent. Certains veulent l'interdire. D'autres vont le restreindre et d'autres encore vont peut-même encore l'étendre. Cette liberté de pouvoir débattre, décider du droit et de le changer au gré des majorités ne va pas faire plaisir aux 2 extrêmes: ceux qui considère l'avortement comme un droit inaliénable des femmes et ceux qui considèrent que la vie est sacrée, car elle est un don divin. Mes reflexions vont donc s'abstenir de mêler les religions et l'idéologie féministe à ce débat. Je veux surtout examiner en quoi le contexte a changé depuis le début des années 1970, quand l'avortement fut généralisé aux USA et en France, afin de voir si ces changements sont de nature à vouloir assouplir ou à restreindre l'avortement.

Même dans les pays laïques, comme la France, l'avortement n'est pas un droit absolu, mais est limité grosso modo à la première moitié de la grossesse. En effet, il ne faut donc pas être religieux, mais simplement humain, pour considérer que plus on se rapproche du terme de la grossesse, plus on a à faire à un bébé et moins on peut le considérer comme un embryon ou foetus avortable. Chaque pays et chaque parlement essaie donc de définir quel est le moment au-delà duquel le foetus est quasiment un bébé.

Commençons par analyser l'avortement avec un regard scientifique et médical. Le problème de l'avortement ne s'est posé à une grande échelle qu'avec les progrès de la chirurgie qui permettait d'en faire une intervention relativement simple et sûre. Or, depuis les années 1970s, la médecine a continué à faire d'immenses progrès qui devraient avoir un impact sur notre débat. 

Si la pilule avait fait son apparition à la fin des années 1960, un peu avant la légalisation de l'avortement, les méthodes de contraceptions se sont multipliés (stérilet, diaphragme, spermicide, préservatif...). L'épidémie du SIDA dans les années 1980 a permis de banaliser la vente et l'utilisation du préservatif, et a mis fin au côté libertaire d'un acte sexuel dont seules les femmes pourraient subir des conséquences. Et si les femmes avaient peu de choix pour leur contraception et que leur emploi n'était pas encore rentré dans les moeurs, tel n'est plus le cas de nos jours. L'avortement se justifie donc de moins en moins par l'absence d'accès à la contraception. 

La médecine a aussi fait des progrès pour les tests de grossesse. Ceux-ci sont apparus au milieu des années 1970 et permettent aux femmes de savoir rapidement et facilement si elles sont tombées enceinte. Ce progrès devrait permettre d'avorter plus tôt qu'auparavant. 

Le fait que les prématurés sont de mieux en mieux pris en charge et qu'à 26 semaines, un prématuré a 75% de chances de survie va aussi changer notre perception du moment où un foetus devient bébé potentiel. 

L'échographie, elle, permet de suivre l'évolution du foetus/bébé dans le ventre de la mère. Depuis les années 70, le coût d'une échographie a baissé, et la technologie permet maintenant d'en faire en 3D! Ainsi, en faisant plusieurs échographies, les futurs parents prennent mieux conscience que le foetus prend très tôt un apparence humanoïde. Et les études prénatales ont permis aux médecins de découvrir que le coeur d'un foetus est formé dès 4 semaines après la conception! Ces progrès 'humanisent' un peu plus tôt le foetus et ont donc aussi pour impact de désirer des avortements plus précoces.

Passons maintenant aux autres changements de la société dans les domaines démographiques, sociétaux et économiques. Au début des années 70, la fin du baby-boom d'après guerre ne faisait que commencer. On n'en ressentait pas encore les effets négatifs. En 2022, la situation de déclin démographique continue son cours avec des conséquences négatives sur le système de retraite par répartition. En effet, le nombre d'actif par retraité baisse et pose non seulement un défi de financement, mais même existentiel! 

La France manque de bébés au moment où l'adoption au niveau nationale est quasi inexistante et celle de pays du Tiers-Monde de plus en plus difficile. Et pourtant, il y a une forte demande de bébés venant de couples infertiles, notamment de couples homosexuels dont l'union civile, voire le mariage, n'est plus interdit. Certaines vedettes, comme Fogiel, vont recourir à la GPA (Gestation Pour Autrui) en Inde ou en Ukraine, méthode interdite en France. Face à cette envie difficilement satisfaite d'avoir des bébés et ces jeunes femmes enceintes naturellement qui vont avorter, ne serait-il pas possible de trouver des solutions plus généreuses qui permettent à la fois d'éviter les avortements et certaines PMA (procréation médicale assistée) et d'assurer un renouvellement naturel de la population? Les économies financières d'un tel arrangement évitant deux interventions médicales (avortement et PMA) pourraient être offertes aux femmes qui renonceraient à avorter en contrepartie d'un accouchement sous X en vue d'une adoption.

Mais si on n'arrive pas à trouver un tel arrangement, la situation démographique actuelle plaide également dans le sens de réduire le nombre d'avortements pour augmenter le nombre de naissances. En effet, nous nous trouvons dans la situation inédite que le nombre de naissances et d'enfants n'est pas limité par nos ressources alimentaires et financières. Jamais le niveau de vie n'a été aussi élevé et jamais le taux de fécondité n'a été aussi bas dans tout le monde développé!

 En résumé, tout dans le contexte actuel, les progrès des contraceptifs, de l'échographie, des tests, des soins aux prématurés, la démographie, l'économie et le mariage gay plaident pour des interruptions de grossesse plus précoces et moins nombreuses. Le seul changement qui explique que ce ne fùt pas le cas, est le renforcement du pouvoir féminin dans la société. Les hommes ont complètement abdiqué toute discussion sur ce sujet, comme si le foetus n'avait rien à voir avec eux. Nous sommes passés d'un excès de patriarchie à un excès de féminisme.

En guise de conclusion, j'aimerais rappeler la pensée de l'anthropologue Margaret Mead. Pour elle, un fémur cassé et guéri est le premier signe d'une société civilisée, car cela montre qu'une personne a pris le temps de nourir une autre pendant qu'elle était vulnérable et inutile. Quelle genre de civilisation prospère sommes-nous si nous n'arrivons pas à réduire le nombres grossesses avortées dans le contexte actuel? Un foetus n'est-il pas ce qu'il y a de plus vulnérable et mignon?

Friday, June 10, 2022

La revanche des pourfendeurs des déficits publics et de l'Euro


Dans cette longue vidéo, Charles Gave et Olivier Delamarche analysent brillamment notre situation économique et politique actuelle. Les faits et la réalité s'accordent enfin avec leurs prévisions pessimistes sur la crise de l'Etat et, par ricochet, de l'économie française et européenne. Cela faisait des années qu'ils alertaient sur la dette, alors que de nombreux politiques et journalistes pensaient qu'avec les taux 0, l'argent était quasi gratuit et que c'était une opportunité pour endetter l'Etat encore plus (même Zemmour disait de telles âneries avant sa candidature).

Maintenant que l'inflation s'emballe (elle atteint en mai 8,6% en rythme annuel aux USA, un nouveau record depuis 40 ans), on assiste au retour de certaines vérités fondamentales qui semblaient dépassées:

1. La création excessive de liquidités par les banques centrales finit par produire de l'inflation,

2. Les dettes étatiques qui ne servent pas à investir dans projets rentables finiront par appauvrir les citoyens. Si durant les 30 Glorieuses, la France s'endettait modérément, c'était pour construire des infrastructures, investir dans des grands projets (Ariane, Airbus, le nucléaire). Aujourd'hui, les investissements sont rares. La dette finance surtout les dépenses de fonctionnement de l'Etat (les traitements des fonctionnaires, les trous des systèmes sociaux -santé, retraite, CAF...)

3. Un pays ne s'enrichit pas par la consommation, mais par la production de biens et de services. En effet, un pays qui arrive à faire prospérer un secteur privé productif va générer les moyens financiers nécessaires à sa consommation. Par contre, un pays qui s'endette pour financer la consommation des inactifs et du secteur public réduit mécaniquement la part du secteur privé dans le PIB. C'est un pays qui vit au-dessus de ses moyens. Le secteur privé y est trop taxé et est donc de moins en moins rentable. Charles Gave explique qu'une entreprise en France a une marge brute d'autofinancement bien inférieure à une entreprise en Allemagne. Mais si le CAC40 semble en pleine forme, c'est car les grandes firmes françaises se sont internationlisées. C'est à l'export ou bien sur leurs activités à l'étranger que les profits de ces firmes progressent. En France, leur chiffre d'affaires stagne.

4. Les taux 0% ou négatifs sont une aberration logique et financière. L'avenir êtant moins certain que le présent, il est normal que le taux d'intérêt soit strictement supérieur à 0 pour tenir compte du risque pris par le créancier. Cette aberration ne pouvait que conduire à des actions irresponsables.

La question qu'on pourrait poser à M. Gave, c'est pourquoi notre pays qui a cumulé toutes ces erreurs a-t-il pu éviter l'effondrement prévu pendant si longtemps? Voici mes pistes de réponse:

1. Au même moment où ces mesures d'appauvrissement furent mises en place, la facilitation des échanges mondiaux à permis des gains de pouvoir d'achat dans tout le monde capitaliste. En effet, les délocalisations d'industries de base vers les pays en voie de développement a permis de les sortir de la misère tout en baissant les prix de ces produits. 

2. Et même pour les produits hyper complexes que sont l'électronique, le doublement de la puissance des puces tous les 2 ans a permis de faire baisser le prix de ces produits ou bien d'améliorer leur performance. Et cela a permis à Internet de révolutionner la manière dont les entreprises produisent, gèrent, vendent, se financent... avec d'immenses gains de productivités à travers toute l'économie. Il en est résulté une croissance du niveau de vie qui n'est pas toujours bien capturée par les indicateurs macro-économiques traditionnels.

3. La force de l'habitude dans les investissements est telle que les Français continuent d'investir dans l'assurance-vie, le Livret A et dans l'immobilier... au lieu de la Bourse.

4. Le marché gris ou noir prend certainement une place de plus en plus grande au fur à mesure que l'Etat taxe par-delà le supportable. Avec la drogue dans les banlieues, la non déclaration du CA en liquide chez de nombreux petits commerces, le travail frontalier, le Bon Coin... les Français ont appris à compléter leurs revenus sans passer par le système de taxes de l'Etat.

Pour ces 4 raisons, la crise a mis plus de temps à éclater. Mais maintenant elle est là et seul un retour à la vérité pourra y mettre fin.



Thursday, June 2, 2022

L'immigration de main d'oeuvre non qualifiée est du capitalisme de connivence


 Il y a un an, j'expliquais que l'immigration massive extra-européenne n'est pas compatible avec le libéralisme dans sa défnition classique. C'est le cas en France depuis la fin des années 1970, puisque c'est depuis cette époque que notre pays connait un chômage élevé et n'a donc pas besoin de plus de main d'oeuvre non qualifiée.

En vérité, cette immigration est un bon exemple de 'capitalisme de connivence', un concept encore trop peu connu du grand public, et qui n'a pas grand chose à voir avec le libéralisme. Le 'capitalisme de connivence' est au libéralisme ce que la prostitution est à l'amour! Quand on les voit en action, l'un ressemble beaucoup à l'autre! Mais c'est pourtant une chose bien différente de faire l'amour librement quand on aime que de faire l'amour parce qu'on paie (ou qu'on est payé)! Dans 'capitalisme de connivence', le mot le plus important est connivence. Connivence avec qui? Avec l'Etat, bien entendu, car c'est la force de l'Etat qui permet de donner au faux capitaliste un avantage indu, alors que le vrai capitalisme, c'est la concurrence non faussée. 

Voici quelques exemples de capitalisme de connivence:

- Un appel d'offre pour un marché public dont les critères avantagent une société en particulier (qui a su se rendre utile ou agréable au donneur d'ordre). C'est le BTP public dans les années 1980, par exemple.

- Une banque ou n'importe quelle entreprise privée qui embauche à prix d'or un fonctionnaire qui avait la tâche de surveiller cette industrie et/ou d'en édicter les règles.

- L'Etat qui aide la Société Générale qui vient de perdre 4,9 milliards d'Euros suite aux spéculations de Kerviel en lui accordant un crédit d'impôt de 2,2 milliards d'Euros. (La justice enquête encore sur cette affaire!)

Le capitalisme de connivence peut prendre des formes variées. L'idée qui sous-tend ce capitalisme faussé, c'est de privatiser les profits et de socialiser les pertes. Voyons maintenant en quoi l'immigration non qualifiée extra-européenne correspond parfaitement à ce concept.

A qui cette immigration a-t-elle profité financièrement?

Elle a profité aux entreprises utilisant beaucoup de main d'oeuvre non qualifiée, car plus de candidats pour un même travail, cela signifie un salaire bas (au SMIC), moins d'avantages en nature, moins de formation, plus de docilité, car le salarié se sait remplaçable. C'est donc plus de profits pour les actionnaires et donc plutôt les Français les plus riches.

Les coûts salariaux maintenus artificiellement bas ont aussi profité aux consommateurs dans les secteurs à forte concurrence. Mais cet avantage n'est pas distribué également à tous les consommateurs. En réalité, plus les revenus sont hauts, plus on consomme de services (mal payés) et donc plus on profite financièrement de la présence de cette main d'oeuvre bon marché. Ce ne sont pas les gens aux SMIC qui font le plus appel aux femmes de ménage ou aux livreurs de repas. Ce sont donc les Français à hauts revenus qui, en général, profitent des prix bas liés à cette immigration.

Parmi les bénéficiaires de l'immigration, on peut aussi ajouter les familles de ces immigrés dans les pays Africains. En effet, les virements de la Western Union sont l'un des plus gros revenu de ces pays pauvres. 

Posons-nous maintenant la question de qui paie le prix de cette immigration?

D'abord financièrement, cette immigration est-elle source nette d'impôts pour l'Etat ou bien est-ce un poste de dépenses non compensé par les rentrées fiscales? Les études des économistes diffèrent selon la coloration de ces experts, mais un peu de bon sens nous permet de faire ces quelques observations dont nous tirerons une conclusion:

- Oui, les immigrés paient des taxes et des impôts, car il est difficile d'y échapper en France (à moins de vendre de la drogue, activité particulièrement prisées en banlieue!). 

- Grâce à la progressivité de la plupart des charges et impôts, la main d'oeuvre peu ou pas qualifiée au SMIC est celle qui paie, par personne, le moins à l'Etat,

- Par contre, cette population immigrée va utiliser autant, sinon plus de services de l'Etat. Ayant plus d'enfants, ses dépenses d'éducation sont plus élevées. Elle coûte plus chère en CAF, en aides HLM, en santé (notamment l'AME)...

Or, comme l'Etat est en déficit chronique depuis 1974, il me semble assez logique de conclure que ceux qui contribuent le moins aux finances de l'Etat sont globalement une charge financière pour la collectivité. Cette charge financière a surtout été supportée les contribuables les plus taxés, dans leur ensemble, et par la dette. Au final, financièrement, la plupart des riches n'y sont probablement même pas gagnants. C'est la logique du socialisme de créer une situation perdant-perdant pour la plupart des gens, sauf pour le pouvoir et quelques profiteurs!

Financièrement, les profits de l'immigration sont individuels, mais ses coûts sont pris en charge par l'Etat et la collectivité. C'est donc bien du 'capitalisme de connivence'! Mais je ne veux pas oublier un autre coût de l'immigration: son coût social. Ce coût prend de nombreuses formes. Pour les plus chanceux, c'est de quitter des banlieues où cette immigration extra-européenne devient trop nombreuse. Pour les autres, c'est de vivre l'insécurité au quotidien, c'est d'envoyer ses enfants dans une école publique où les profs n'arrivent plus à faire leur travail correctement car trop d'enfants ne parlent pas français chez eux, c'est de ne plus trouver de boucherie non halal, de ne plus avoir de médecin qui se déplace dans son quartier...

Au final, cette immigration de masse avantage plutôt certains grands actionnaires et quelques hauts revenus, mais ces gains ponctuels sont supportés par tous les contribuables et ce sont surtout les plus pauvres qui supportent le coût  le plus important de cette immigration, le coût social. Elle n'a donc rien de libérale, ni de capitaliste et n'est rendue possible que par la connivence d'un Etat socialiste malfaisant. 

Monday, April 25, 2022

Comment Macron a tué la droite

De même que la République s’est imposée quand elle a réprimé la Commune de Paris dans le sang, de même, Macron est devenu l’homme de l’ordre, rejoint par l’électorat de droite, quand il réprima violemment les gilets jaunes infestés par l’extrême gauche. Macron a encore conforté les notions d’ordre et de sécurité avec le pass sanitaire et les mesures de protection des vieux durant la pandémie. Je ne parle même pas de son statut de chef des armées depuis l’invasion de l’Ukraine. (Ne rien faire dans les banlieues, c’est aussi devenu une mesure de préservation de la paix civile dans les centre villes: avoir des mesures fortes pour le régalien fait peur à tous ceux qui n’habitent pas ou plus ces quartiers.)

Saturday, April 23, 2022

Ce qui ne va pas dans mon parti Reconquête!

Je ne veux pas casser l'ambiance encore tout feu tout flamme des jeunes militants du parti, mais notre candidat a fait à peine 7% au premier tour de l'élection présidentielle, alors qu'il montait comme une fusée à la rentrée 2021. Début octobre, sur Hypermind, un site de paris, Macron avait 55% de chances de se faire réélire, et Zemmour en avait 32% (tous les autres concurrents étaient loin derrière):


En mai 2021, j'avais écrit un texte prophétisant la victoire de Zemmour dans 2 jours. Je fais ce petit rappel au cas où l'on douterait de mon engagement pour l'union des droites autour de Zemmour. Mais comme je vis loin de France et loin des gens qui ont mené la campagne, je veux donner un avis qui sera, je l'espère, le plus neutre et objectif possible. Je n'ai aucune inimitié contre les gens que je vais critiquer, ne les ayant jamais rencontrés.

Avant de plonger dans la bataille des législatives, je veux me poser la question de ce qui a merdé et a fait que Zemmour n'est même pas au second tour. 

Pour moi, la première erreur est venue de ce prêt de Charles Gave et de la relation entre ce financier, fondateur de l'Institut des Libertés et la campagne de Z. En novembre, j'avais écrit cet article pour essayer de tourner ce fiasco en quelque chose de positif: le prêt avait été une erreur qui empêchait Gave de donner des conseils sur l'économie à Zemmour. Maintenant que Gave arrêtait de le financer, il pouvait redevenir source de conseil et d'idée dans un domaine qui n'était pas le point fort du futur candidat. 

Malheureusement, cette réconciliation entre Zemmour, son équipe et Gave n'est jamais venue. Or, durant cette affaire, on avait appris que Zemmour avait donné son accord à une interview avec Charles Gave, mais qu'il ne tint pas cette promesse. On apprenait aussi que Zemmour et son équipe n'avait eu aucun contact avec Gave. L'équipe du Z avait reçu les 300000 Euros et ne s'étaient plus manifestés. La cerise sur le gâteau de cette rupture vint quand Gave et sa fille essayèrent d'alerter l'équipe de campagne pour qu'elle se sépare d'un gars comme Erik Tegner qui avait eu un comportement peu honorable avec eux. La directrice de la campagne (Sarah Knafo) n'a pas tenu compte de cet avertissement, car Erik Tegner et elle sont amis. Erik Tegner est devenu journaliste au Livre Noir, le média pro Zemmour qui filma tous les meetings du candidat Zemmour et fit des reportages sur le Grand Remplacement. Mais, quelques semaines avant le 1er tour, Erik Tegner fit un tweet pour signaler qu'il ne soutenait pas Eric Zemmour (car son père est Suédois et il n'approuve pas la remigration). Les Gave avaient donc eu raison...

Après cette brouille entre un soutien actif et important de Zemmour au moment où ce dernier lançait sa campagne, je ne m'étonne pas que si peu de gens de LR aient rejoint Z et Reconquête. En voyant comment cette jeune équipe maltraita M. Gave, un financier qui écrivit un livre avec Madelin, qui avait soutenu Fillon en 2017 et avait même prêté 300000 Euros à la campagne de Z, il y avait de quoi être refroidi. C'est bien de clamer l'union des droites, mais si ton équipe ferme la porte à quelqu'un comme Gave, qui, lui, a reçu des gens de toute la droite sur sa chaine YouTube de plus de 100000 abonnés, c'est que quelque chose ne tourne pas rond.

D'après moi, tous les gens du microcosme politique ont observé cette séquence de très près. Si des gens comme Morano, Retailleau, Bellamy, Ciotti, Smati... n'ont toujours pas rejoint Zemmour malgré leurs points d'accord, c'est car ils ont vu comment une jeune équipe tenait (mal) la barre de la campagne et qu'ils risquaient de perdre encore plus d'importance avec Zemmour qu'en restant chez LR ou Objectif France. 

Venons-en au second coup dur contre la campagne de Zemmour: cette une de Paris Match avec Sarah Knafo, sa directrice de campagne et la révélation, quelques jours plus tard, par Closer, qu'elle est enceinte du candidat. Sarah Knafo a 28 ans, moitié moins que le candidat. Elle a fait l'ENA et est sûrement quelqu'un d'intelligent. Mais cette affaire va ridiculiser Zemmour auprès de beaucoup de monde. Poisson et Trochu (du parti chrétien démocrate et de Sens Commun) n'ont pas du beaucoup apprécier la nouvelle... Quand tu veux faire une campagne contre Mai 1968, mais que les médias te montrent te comportant comme un jouisseur avec une jeune femme de 28 ans tout en étant encore marié, c'est un accident majeur qui décrédibilise la droite conservatrice et bourgeoise que tu dis vouloir attirer.

Là, au plus tard, Zemmour aurait du se dire que Sarah Knafo lui pose un problème politique et qu'elle entame ses chances de gagner. Maintenant que sa liaison est officielle, il y a un autre problème dans l'organisation de la campagne et du parti: le conflit d'intérêt d'avoir sa maîtresse à un poste important. Pour être victorieuse, la politique a pour but de rassembler les gens au-delà de leur famille, de leur tribu. Or, donner à sa petite amie une place maîtresse dans la campagne, c'est donner le mauvais exemple. C'est dire que le clan, la famille, les affinités amicales priment sur l'intérêt général, la patrie. 

Je pensais que Zemmour avait résolu ce problème dans l'organigramme lorsqu'il nomma le général de La Chesnais directeur de sa campagne le 6 décembre. C'est le poste ou la fonction que semblait occuper Sarah Knafo auparavant. Vu l'admiration des gaullistes pour tout nom qui commence par 'général', c'était un très bon coup qui allait permettre à Zemmour de se renforcer sur le thème de la défense. Voici quelqu'un qui aurait pu donner de la crédibilité au candidat quand la Russie envahit l'Ukraine. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais depuis que l'armée protesta contre la présence du général dans le staff de Zemmour, en janvier, je ne l'ai quasiment pas entendu s'exprimer... Était-ce parce que Sarah Knafo était devenue directrice stratégique? Le général se sentait-il en charge de la tactique seulement?

Quoiqu'il en soit, entre les 2 tours, Zemmour a annoncé la composition de son bureau exécutif:

- Peltier (ancien vice-président chez LR),

- Marion Maréchal (ancienne député, sa notoriété nationale en fait la dauphine de Zemmour).

- Bay (l'ancien RN, député européen),

- Stanislas Rigault (président de Génération Z, il a été l'une des révélations audiovisuelles de la campagne)

et

- Sarah Knafo (selon la page de Reconquête elle figure même en second, juste sous Zemmour, haut-fonctionnaire, Sarah est la directrice de la stratégie de Reconquête!)

Je remarque que le général de La Chesnais ne fait plus parti de l'équipe dirigeante (ni du comité politique). A-t-il donné sa démission pour tirer les conséquences de l'échec du premier tour? A-t-il trouvé difficile de travailler avec Sarah? Quel dommage alors de perdre un homme d'honneur avec son expérience militaire!

L'intrus dans cette équipe d'hommes et de femmes politiques, c'est Sarah Knafo! Cela commence avec son titre, haut fonctionnaire. S'il y a une profession exécrée chez beaucoup d'électeurs de droite, c'est bien haut fonctionnaire. Cela sonne tellement Macron compatible! 

Elle devrait être comme un Attali ou un Alain Minc autrefois, une personne d'influence et d'idées, mais dans l'ombre du politique, puisqu'elle n'est pas amenée à défendre le candidat face aux journalistes ou aux électeurs. On n'imagine pas voir le chef du cabinet du président dans l'organigramme d'un parti politique. Soit on est un politique et on prend la lumière et on subit les risques du suffrage universel, soit on est un cadre ou un conseiller, un exécutant, un rouage du parti, et on s'efface, on fait profil bas, surtout si on est la maîtresse du chef. Or, je doute que Sarah Knafo se présente aux législatives. Ce serait l'enfer pour elle. Non seulement elle va bientôt accoucher, mais les journalistes n'arrêteraient pas de poser des questions personnelles sur sa relation avec Zemmour. 

Sa présence sur l'organigramme n'apporte rien, politiquement, à Zemmour. Au contraire, elle montre que l'accès direct à Zemmour est rendu plus compliqué par sa présence officielle et intouchable dans l'instance dirigeante. Peut-être que je me trompe et que tout le monde chez Reconquête la trouve légitime et à sa place, mais vu de dehors, je trouve qu'elle porte une large responsabilité dans la défaite et que l'amour qu'a Zemmour pour elle l'aveugle au point où il n'en tire pas les conséquences. Plus vite il la mettra en retrait des feux des médias, plus il arrivera à la protéger des critiques qui se feront plus nombreuses et plus bruyantes avec le temps.

D'après moi, ceci est la raison principale qui fait que Zemmour n'était qu'à égalité avec Le Pen la veille de l'invasion de l'Ukraine, et qu'il n'avait pas assez d'avance pour surmonter une erreur de réaction à un moment crucial de la campagne. 

Mais j'ajouterai encore une autre erreur de communication de la campagne de Zemmour. Selon Mark Steyn, Zemmour aurait refusé de faire une interview avec Steyn sur la chaine GB News (l'équivalent de CNews). Steyn le confirme sur cet audio autour de 59:30. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Mark Steyn est un journaliste très similaire à Zemmour. Ce Canadien est francophile et a écrit un livre sur le changement démographique en Occident il y a 20 ans environ. Autrefois sur Fox ou chez Rush Limbaugh, il est l'un des rares journalistes à alerter son public sur ce péril démographique. Alors, même s'il n'y a pas beaucoup d'électeurs français qui regardent GB News, il est toujours valorisant de se faire interviewer par des médias étrangers. Cela montre qu'on est pris au sérieux. En plus, Steyn n'allait pas essayer de piéger Zemmour. Il est d'accord avec lui sur l'essentiel!

Ce n'est peut-être qu'un détail, mais il montre, encore un fois, que l'équipe de Zemmour s'est comportée comme une diva et a dédaigné ses alliés les plus naturels. J'espère que je me trompe, mais j'espère surtout, si j'ai raison, que Zemmour saura rapidement tirer les conséquence de son échec. L'écroulement de LR et la fadeur d'une MLP isolée et battue au second tour (selon tous les sondages) ouvrent un boulevard vers Reconquète. Mais pour cela ce parti doit achever sa transformation et passer du projet d'une jeune femme à celui d'une majorité de Français. Le favoritisme n'y a pas sa place.




Wednesday, April 20, 2022

69% des musulmans ont choisi Mélenchon au 1er tour


L'enquête de l'IFOP pour La Croix a été réalisée sur une large population (3784 personnes au lieu des 900 à 1000 habituelles). Elle est donc solide et ses résultats peu contestables.

1. Il y a ceux qui pensaient que les musulmans sont comme les Français: ils veulent vivre en France pour travailler honnêtement, payer leurs impôts et jouir d'une sécurité assurée par la police et la justice républicaines. 

2. Et il y a ceux qui disaient que les musulmans viennent en France pour profiter de la CAF, des HLM, du RSA, faire des traffics illicites et y faire régner l'ordre communautaire en vivant selon les principes de la charia.  


L'option 1 est représentée par le vote de MLP (7%), EZ (2%) et VP (1%) et et, dans une moindre mesure, Macron (14%) qui n'est pas avare d'allocations sociales. 10% à 24%

Mais c'est l'option 2 que les musulmans ont plébiscité à 69% avec le vote Mélenchon! On peut y ajouter Poutou (1%), Roussel (1%), Hidalgo (2%) et Jadot (2%). Elle met fin aux illusions des bienpensants, parmi lesquels on trouve beaucoup de libéraux.

Notons bien que ce résultat est obtenu avant que MLP ne soit élue (un jour). Il ne s'agit donc pas d'une réaction de 75% des musulmans aux politiques d'un parti d'extrême droite, mais de leur inclination après 5 ans de Macron et 35 ans d'UMP-PS au pouvoir. (En 2017, les musulmans votaient Mélenchon à 37%).

Seule une minorité de musulmans veut s'intégrer. On parle beaucoup de la faillite économique et sécuritaire de Macron. Cette faillite de l'intégration est aussi la sienne et explique aussi le vote de plus en plus important de MLP au second tour.

Les votes Z, MLP et le racisme


Le moment le plus désagréable de cette campagne, c'est d'avoir été de raciste par mes parents. En plus, ils l'ont fait en visioconférence devant ma fille franco-taiwanaise! J'ai eu beau expliquer que mon principal soulagement d'habiter Taiwan, c'est que ma fille puisse prendre le métro le soir, à 22 h, pour rentrer de ses cours du soir, sans se faire agresser verbalement ou physiquement, chose qui semble problématique dans la plupart des agglomérations françaises. Non, pour eux et pour beaucoup de Français, un vote pour Zemmour ou Marine Le Pen, c'est être raciste!

Je veux bien admettre que les racistes votent surtout pour ces 2 partis, mais aucun parti n'a de leçons à donner. Les électeurs communistes votent pour des partis qui ont fait plus de morts que le nazisme. Quand on vote pour les Verts, on vote pour les énergies renouvellables et donc pour le gaz russe de Poutine, ainsi que pour la famine dans le monde (avec le bio et l'interdiction des OGM). Quand on vote gaulliste ou socialiste, on est vote avec des boomers qui ont imposé un système social (retraites, santé, école) dont la faillite ne rivalise qu'avec l'impossibilité de le réformer. 

La question n'est pas de savoir s'il y a des racistes parmi les électeurs de Zemmour ou de MLP, mais de savoir si leurs programmes sont racistes. Or, la seule mesure problématique de Zemmour, c'est d'empêcher les Français magrébins de se chercher une femme au bled. Je vois mal comment il voulait empêcher cela sans empiéter sur une liberté fondamentale, celle d'aimer qui on veut. Pour le reste, si la situation était inversé et que les Français/Européens étaient surreprésentés dans les prisons taiwanaises, si le marché de la drogue était dans leurs mains (et qu'en plus ils faisaient des attentats pour terroriser ceux qui refusent la baguette et les vins de Bordeaux), alors je serais le premier à vouloir l'expulsion de tous ces Français/Européens fauteurs de trouble et une immigration zéro pour mes compatriotes, le temps qu'on se fasse de nouveau bien accepter par les Taiwanais et qu'ils voient que tous ne sont pas des criminels, des trafficants, des terroristes ou des chômeurs. 

En effet, que ce soit MLP ou Zemmour, du moment où tu as des papiers en règle et que tu vis selon les lois et les coutumes de notre pays, il n'est question d'aucune discrimination. Tout au plus font-ils une différence entre nationaux et étrangers pour les aides sociales, mais c'est ce que font tous les pays normaux. Après tout, les politiques sont élus pour être au service de leurs électeurs, pas du monde entier.

Le problème de la France, c'est d'abord la faute aux Français qui élisent des politiciens qui ne font plus le boulot au niveau du régalien. C'est la faute de la France de ne pas suffisamment punir les étrangers, de ne pas empêcher l'arrivée des clandestins, de ne pas expulser les criminels et d'attirer la misère du monde avec des aides sociales trop généreuses. Il y a probablement un discours populiste de dire que beaucoup de choses sont la fautes aux méchants étrangers. C'est plus simple de dire cela que de rappeler sans cesse aux électeurs que ce sont eux qui ont voté pour les hommes politiques qui ont mis le système laxiste et socialiste actuellement en place. Mais si on veut gagner les élections, il faut bien un discours qui rassemble une majorité de Français. C'est compliqué de gagner si on commence par leur dire qu'ils sont responsables de la situation actuelle...

Je préfère donc avoir raison avec des racistes de vouloir être plus ferme sur le régalien, que d'avoir tort avec les bonnes âmes qui ne voient pas les risques d'une libanisation de la France. Je pense même que les honnêtes Français issus de l'immigration seront les premiers bénéficiaires d'une telle politique. En effet, ce qui fait beaucoup monter le racisme, c'est la quasi impunité des racailles et les comportements de rejet de la société française par certaines communautés étrangères.