Thursday, March 5, 2026

Iran : Scénarios géopolitiques


Alors que la tension atteint des sommets au Moyen-Orient, un tournant majeur semble s’amorcer, porté par une frappe surprise qui a décimé l’état-major iranien, dont le Guide suprême Khamenei lui-même. Selon plusieurs sources, Israël aurait intercepté l’information d’une réunion cruciale et persuadé les États-Unis d’engager l’offensive, les Américains jouant alors le rôle de force armée au service de l’État hébreu, réputé pour sa connaissance fine de la région, bien supérieure à celle de la CIA.

Ce scénario pourrait ouvrir la voie à une guerre courte et décisive, si Washington se contente de soutenir la stratégie israélienne. Mais le spectre d’une opération menée selon la doctrine du Pentagone évoque d’autres précédents : Irak, Afghanistan, Libye... Les errements stratégiques du passé pourraient alors transformer ce conflit en enlisement coûteux, tant sur le plan humain que financier.

Contrairement à certaines analyses, ce nouvel embrasement n’est pas, selon l’expert Pete Hesgeth, un signal adressé à la Chine. Pékin, souvent perçue comme l’un des grands perdants potentiels de la crise – du fait de la perte d’un allié et d’un fournisseur de pétrole à bas prix –, a su diversifier ses sources d’approvisionnement. Premier importateur mondial d’or noir, la Chine s’est solidement positionnée sur les marchés énergétiques internationaux. Même si l’Iran cessait de lui accorder des rabais post-conflit, la compétitivité chinoise, appuyée sur des volumes d’achat colossaux, ne serait guère menacée.

Les deux issues principales du conflit laissent entrevoir, paradoxalement, des perspectives favorables pour Pékin :

  • Dans l’hypothèse d’une guerre courte et victorieuse, la région pourrait connaître un nouvel essor, propice au commerce. La Chine, incontournable sur le plan économique, resterait un partenaire privilégié des exportateurs d’hydrocarbures comme des importateurs de biens manufacturés, médicaments et autres produits issus de « l’atelier du monde ».
  • En cas de conflit long, les États-Unis risqueraient un affaiblissement durable. La perturbation des flux pétroliers vers l’Asie viserait surtout le Japon, la Corée du Sud et Taïwan, pays peu enclins à commercer avec la Russie. Cette crise accélérerait la transition mondiale vers les véhicules électriques, atténuant la baisse de production des industries pétrolières chinoises. Un statu quo maintiendrait la fragilité américaine, tandis qu’une victoire ramènerait au scénario précédent, avec des États-Unis encore plus fragilisés.

Au cœur de cette crise, la Chine apparaît donc, non pas comme une victime collatérale, mais comme un acteur capable de tirer parti de tous les scénarios envisageables.

Thursday, January 1, 2026

Sur la nature de l'Amérique, par Louis Casé

La première chose que j'ai eu envie de faire à la fin de la lecture du livre sur l'Amérique de Louis Casé, c'est de le serrer très fort et de lui dire, tel de Gaulle, "Je vous ai compris!". En effet, on sent que ce livre est plus un cri du cœur qu'un livre analytique et froid. C'est un livre qui défend des thèses très fortes sur la malveillance actuelle des Etats-Unis, mais qui sait rester nuancer et parfois avouer ne pas savoir (sur le Covid, par exemple). L'auteur en a gros sur la patate contre les USA et leur gestion du monde depuis 1945, mais il ne fait pas d'anti-américanisme primaire. Déjà, il n'est pas de gauche et trouve que le communisme était un système bien pire. Et il ne rejette pas toute l'Amérique en bloc: il adore l'âge doré américain, entre la fin de la guerre de Sécession et la création de la Fed. La croissance économique reposait sur une expansion domestique, un entrepreneuriat débridé et un Etat fédéral faible qui ne s'occupait pas du monde entier. Bref, Louis Casé est un (ultra)libéral, même s'il va dire que l'ultralibéralisme a fait faillite en 2007 (sauf que ce n'était plus du vrai libéralisme!)

En tant que fervent lecteur de Mark Steyn et de Charles Gave, je suis moi-même un libéral assez critique des USA et surtout de leur Etat profond. Louis Casé va plus loin que ces deux auteurs dans son analyse systématique des origines et du système de cet Etat profond. Il y va très fort et ose se poser la question de l'influence juive dans la politique américaine sans tomber dans de l'antisémitisme (puisqu'il rejettera cette explication trop simpliste et complotiste). Au final, il montre que les coupables de la mauvaise gestion du monde par les Américains sont leur culture et l'influence disproportionnée des Boomers (à cause de leur poids démographique). Ce dernier point est aussi valable pour la France et l'UE, si bien que nous sommes aussi coupables d'avoir contracté ce virus transmis par l'idéologique et la culture US. Bref, même si l'Amérique est la cause du déclin de l'Occident (et peut-être de sa chute), Louis Casé n'en fait pas un bouc-émissaire, mais montre que l'Amérique finira par tomber comme ses vassaux (si rien ne change).

Un très bon exemple de la malveillance de la domination américaine provient de son système financier. Depuis 1971 et la fin de l'étalon-or, les USA ont le privilège de la monnaie de réserve et ils en abusent de plus en plus. Cela fonctionne ainsi: la dette publique US est à 36 trillions de USD. Elle 'coûte' 3 à 4% en taux d'intérêt annuel, mais comme la masse monétaire augmente de 7 à 8% par an, la moitié de cette augmentation peut servir à payer les intérêts de la dette dans une monnaie qui perd progressivement de sa valeur. Ce ne sont donc pas les USA qui supportent le coût de la dette, mais ses créanciers, les détenteurs d'obligations moitié internationaux (les banques centrales), moitié nationaux. Ainsi, la fraude du dollar devient aussi une affaire interne et l'Amérique n'est et ne sera pas épargnée par ses turpitudes. L'auteur n'en éprouve pas de Schadenfreude et pronostique une crise du système dans les 10 à 15 ans. C'est aussi le délai que donne Mark Steyn pour la transformation démographique de l'Europe de l'Ouest!

Etant assez ouvert et proche des idées de l'auteur, je ne sais pas si le livre arriverait à convaincre des gens venant de positions plus éloignées. Son style est celui d'un auteur contemporain jeune. On s'y fait. Mais je pense que le livre gagnerait s'il était plus court en évitant la répétition de certains arguments ou faits. Peut-être qu'une IA pourrait diviser le nombre de page par deux en éliminant les redondances...

Sinon, je trouve que Charles Gave est plus proche de la bonne explication concernant l'Euro. C'était une demande française, mais ce sont les Américains qui en ont plus bénéficié que les Allemands. Certes, les industries allemandes ont été favorisées au départ, mais elles ont fini par s'effondrer avec le renchérissement de son énergie (Energiewende et fin du gaz russe). C'est la Fed qui a pu éliminer un concurrent sérieux et indépendant. Mais c'est un point de détail.

Le passage sur Trump est très bon également. Louis Casé montre que son élection est une victoire sur l'Etat profond, mais que Trump ne changera pas grand chose au système américain, car il est un produit de sa génération, les Boomers, et croit aux mythes Américains. On voit d'ailleurs qu'il emprunte encore plus que Biden pour frauder encore plus avec le dollar. On est donc loin d'une prise de conscience et c'est surtout pour cela, d'après moi, que Louis Casé a pris le pseudo de Prophet of Doom sur X!.



Saturday, November 8, 2025

Les rentes dans la Joie de Vivre de Zola, la rentabilité du portefeuille de Brown selon Charles Gave et le Bitcoin

Le roman 'La Joie de Vivre' d'Emile Zola nous offre un aperçu sur la rentabilité du capital en France à la fin du XIXe siècle. Elle varie entre 2,5% et 10% en fonction du risque, et tombe, malheureusement pour eux, souvent à -100% pour les investissements de la famille Chanteau et de leur fils Lazare.

* 2,5%: 300 francs est ce que la famille Chanteau reçoit en plaçant les 12,000 francs qui restent de 50,000 francs du capital investi dans le commerce de bois de de Davoine

* 4%. Pour les 200,000 francs de capital de Pauline, Zola parle de rente de 8,000 francs.

* 5%. p.1209: 40000 = 2000 de rente

* 6%. 3,000 francs produits par les cinquante mille placés sur hypothèques.

* 10%. Ce sont les bénéfices espérés du commerce de bois de Davoine. Madame Chanteau compte gagner 5,000 francs par an avec son investissement de 50,000 francs. Ce ne sera pas le cas, puisque Davoine fera même faillite (voir plus haut).

En ce temps, la France passe d'un système monétaire basé sur l'argent et l'or à un système basé uniquement sur l'or (la valeur de l'argent baissait par rapport à l'or et cela rendait ce système à deux métaux instable). Cette période est donc caractérisée par une masse monétaire qui n'augmente que très peu au gré de la (faible) production de l'or. Il n'y a donc pas d'inflation, mais, au contraire, une petite déflation produite par la productivité de la révolution industrielle qui se met en marche (et qu'on voit à l'œuvre dans Germinal, le roman suivant de la saga des Rougon-Macquart). 

Il est bon de rappeler que les taux d'intérêts rémunèrent deux choses:

1. Le prix du temps. C'est le prix qui équilibre le marché entre ceux qui veulent avoir tout de suite un argent qu'ils n'ont pas encore gagné et ceux qui leur prêtent cet argent et veulent donc bien remettre à plus tard l'emploi de cet argent.

2. Le prix du risque. C'est la prime que demande un investisseur quand il effectue un investissement dont la rentabilité est incertaine.

Chez Zola, la rente est généralement 4%.(Celle à 2,5% s'explique probablement par le fait que le capital est faible, ce qui occasionne plus de frais d'intermédiation.)

Il est intéressant de noter que Charles Gave, dans Cessez de vous faire avoir, fiche numéro 8, montre qu'un portefeuille de Brown obtient un rendement de 4% par an, après inflation, dans la plupart des pays (France, USA, Japon, Suisse, Chine!) Ce portefeuille de Brown est investi à parts égales en or, cash, obligations et actions. Cette diversification permet d'affronter les périodes de croissance ou de déclin et les périodes inflationnistes ou déflationnistes avec une volatilité réduite.

Ce taux de 4% après inflation chez Charles Gave ou sans inflation chez Zola semble donc être une constante non seulement internationale, mais aussi historique et correspondrait donc au prix du temps. C'est le rendement 'normal' pour ceux qui font l'effort de ne pas consommer immédiatement leur argent, mais l'investissent, c'est à dire s'en privent aujourd'hui pour en avoir plus dans le futur.

Or, traditionnellement, quand on cherchait une rente stable et sans risque, l'investisseur plaçait d'abord son argent en obligations d'Etat. Mais, depuis depuis de nombreuses années, nous constatons que le rendement des obligations couvre à peine l'inflation. Ainsi, en Europe, l'inflation est de 2% et les taux sont à 2%. Aux USA, la situation est un peu meilleure. L'inflation est de 3% et les taux sont à 4%. Au Japon, c'est catastrophique: l'inflation est de 2,9%, mais les taux sont à 0,5% seulement. Le moins mauvais rendement vient de Chine où l'inflation est de -0,3%.et les taux de 1,3%.

Nous sommes loin de 4% pour cet outil financier! Ces grands Etats se financent donc pour moins cher que le prix du temps. Cette situation est malsaine et ne peut pas durer. Certains investisseurs qui ont un portefeuille d'actif 'classique' 50% obligations et 50% actions se consolent de ce faible rendement des obligations par les performances exceptionnelles de la bourse américaine. Mais le niveau d'endettement est tel qu'une crise ne ferait pas forcément baisser les taux et les obligations perdraient leur rôle d'actif anti fragile. En effet, une crise obligerait les Etats à émettre encore plus de dettes pour continuer de payer les systèmes sociaux (la retraite surtout) quand les revenus fiscaux baisseraient.

La maigre rentabilité des obligations incitent donc les investisseurs à se tourner vers d'autres actifs. Il y a d'abord la valeur refuge traditionnelle, l'or et ses records récents montrent que qu'à défaut d'obtenir un rendement de 4%, les banques centrales qui achètent l'or, sont déjà heureuses de conserver la valeur (1 gr d'or aujourd'hui = 1 gr d'or demain). Son prix, lui a tendance à augmenter par l'effet de la rareté du métal jaune (comparée à l'abondance de la masse monétaire. Le Bitcoin est un actif similaire à l'or, dont la rareté est encore plus radicale, car il existe un nombre fini de Bitcoin (environ 21 millions) et son minage demande de plus en plus de calculs, donc d'énergie. Un autre phénomène pousse à l'augmentation du prix du Bitcoin, l'adoption. Ses acheteurs sont de plus en plus nombreux. Aux USA, l'administration républicaine non seulement ne combat plus le Bitcoin comme le faisaient les précédentes administrations, mais entend bien que les USA soient à la pointe de la finance utilisant Bitcoin et d'autres crypto. La création d'ETF Bitcoin au printemps fut un pas de plus dans l'adoption du Bitcoin par Wall Street. Or, la capitalisation totale de Bitcoin n'est que de 2000 milliards de dollars au prix de 100.000 USD par Bitcoin (et 19,92 millions de Bitcoin minés pour l'instant).

Même si 1 Bitcoin aujourd'hui = 1 Bitcoin demain, le coût du minage n'ira qu'en augmentant. Actuellement, ce minage coûte au moins 50000 USD dans des pays où l'énergie est bon marché. Cela peut monter à 85000 USD en Europe où l'énergie est plus chère. Bref, le prix du Bitcoin (102 K USD au moment de l'écriture de cet article) n'est pas si éloigné de son coût. Son potentiel de baisse semble donc limité, mais son potentiel de hausse à l'avenir est très fort. 

Thursday, October 16, 2025

La France est madame Bovary

La France de 2025, et surtout celle au pouvoir grâce à la génération des Boomers (nés entre 1945 et 1965), se comporte comme madame Bovary! L'histoire commence par cette jeune et jolie fille dont l'instruction s'est faite dans un couvent. Elle est donc une fille de l'église catholique, belle et désirable. Mais elle va faire un mariage de raison avec un médecin taciturne qui ne la fait pas rêver avec son monde étroit, sa rigueur, son ennui. Emma c'est la France dans le couple franco-allemand. Son mari est un partenaire qu'elle respecte au début, mais qui a abandonné toute ambition. En effet, l'Allemagne a mis fin à tout rêve de grandeur depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Tout ce que sait faire l'Allemagne, c'est travailler dur, épargner et du porno très cru. Notre Emma France rêve d'étoiles (Ariane Espace), de virées à New York d'une journée pour les stars (le Concorde) ou les weekends à Lyon, puis Nice ou Bordeaux pour les bourgeois Parisiens (le TGV). Elle célèbre le Champagne, la cuisine de 3 étoiles au Michelin et les belles lettres des maisons d'édition de la rive gauche.

Tout réussit à une France qui a alors 40 ans d'avance sur la Chine. Mais quand l'économie se grippe avec la crise du pétrole, la France refuse de faire face à la réalité. Les boulots simples sont dorénavant ceux des immigrés d'Afrique du Nord, même si le chômage des Français explose. Notre France/Emma a pris des habitudes de nantis. Elle a des goûts de luxe et défend ses droits acquis. La comparaison avec son mari allemand l'excède. Elle succombe aux charmes d'un séducteur après l'autre. Le premier s'appelle Mitterrand. Il lui promet une retraite à 60 ans. Le second, Jospin, réduit le travail à 35 heures. Mais le plus joli coup d'Emma, c'est la procuration du notaire qui lui donne l'accès aux biens de son mari (le mark). Désormais, la France va pouvoir faire des dettes encore plus monstrueuses pour se financer un niveau de vie supérieur à la réalité économique. Sans l'Euro, la France n'aurait pas pu trouver tant de preneurs pour ses obligations. Sans la procuration, Emma n'aurait pas pu s'endetter au point de détruire l'avenir de son enfant, privée d'une bonne éducation, car tout fut englouti par ses nuits de débauche avec ses amants.

Le jour où la faillite arriva, le notaire (du Qatar) lui proposa de se prostituer pour obtenir un délai. C'est là que notre histoire varie. Flaubert n'a pas laisser tomber Emma si bas et l'a fait préférer le suicide. Avec Villepin, Sarkozy et Macron, nos Emma du XXIe siècle ne nous épargnent pas le tapinage le plus immonde accompagné d'un lèche-babouche qui islamise la France. Ainsi, si le suicide financier se fait attendre, le meurtre par Grand Remplacement est de plus en plus réel.

Tuesday, September 23, 2025

L'Occident succombe à des politiques du raccourci


Introduction

Avec la sécularisation, de nombreux pays européens ainsi que les États-Unis et le Canada ont progressivement adopté une vision du temps plus limitée. Au lieu de se projeter sur 20 ou 30 ans, la réflexion collective se concentre désormais sur l’horizon de la prochaine échéance électorale, des résultats financiers trimestriels ou des vacances à venir. Cette approche favorise la recherche de solutions rapides au détriment d’efforts de fond, dont les bénéfices ne se manifestent qu’à long terme, comme par exemple l’éducation des enfants.

Les raccourcis politiques : exemples de la gauche

La gauche, tout comme la droite, recherche souvent des solutions immédiates. Voici quelques exemples illustrant cette tendance :

·         Démographie et immigration : Plutôt que de soutenir la natalité nationale par des politiques visant à améliorer la place des mères dans la société, la gauche privilégie l’immigration de jeunes issus du Tiers-Monde.

·         Économie et redistribution : Au lieu de créer de meilleures conditions économiques et d’augmenter la productivité pour relever le niveau de vie des plus pauvres, la gauche propose des mesures telles que la taxe Zucman. Celle-ci redistribue l’argent des riches, réduisant instantanément les inégalités en appauvrissant les milliardaires. Cependant, les effets à long terme, tels que l’expatriation des entrepreneurs ou l’optimisation fiscale, sont souvent négligés.

·         Politique énergétique : Plutôt que de construire des centrales nucléaires, qui exigent 8 à 10 ans mais offrent une énergie bon marché, souveraine et décarbonée pendant 60 ans, la gauche privilégie les énergies solaire et éolienne, dont le déploiement est plus rapide, notamment en raison des nombreuses contraintes imposées au secteur nucléaire.

·         Emploi et fonction publique : Pour réduire le chômage, la gauche a préféré augmenter le nombre de fonctionnaires au lieu de maintenir un salaire minimum bas et favoriser la croissance.

·         Système des retraites : Au lieu de réformer le système des retraites, la gauche et le centre ont choisi de les financer par la dette, peu coûteuse lorsque les taux d’intérêt étaient bas. Ainsi, près de la moitié des 1000 milliards de dette sous Macron ont été consacrés aux retraités.

Les raccourcis politiques : exemples de la droite

La droite n’est pas en reste dans la quête de solutions à court terme. Donald Trump en offre plusieurs exemples :

1.      Tarifs douaniers : Trump utilise les droits de douane pour contraindre les entreprises étrangères à investir aux États-Unis, sous peine d’être exclues du marché américain. Si cette méthode produit des résultats rapides, elle ne résout pas les problèmes structurels : manque de techniciens qualifiés, infrastructures vieillissantes, production d’électricité stagnante, réglementation abondante et dépendance aux terres rares chinoises.

2.      Déficit budgétaire : Plutôt que de réduire le déficit fédéral en diminuant les dépenses de défense ou les aides aux plus de 65 ans, Trump a obtenu une baisse des taux d’intérêt de la Fed pour alléger le coût de la dette. Cette stratégie a toutefois entretenu une inflation élevée, menaçant le niveau de vie des Américains, et l’injection rapide de liquidités dans le système financier a créé une illusion de richesse.

3.      Technologies et éducation : Au-delà de Trump, les efforts de la Silicon Valley pour atteindre la super-intelligence en Intelligence Artificielle apparaissent comme un raccourci pour pallier les faiblesses du système éducatif américain.

Le modèle chinois : une vision à long terme

La Chine se distingue par une stratégie à long terme : elle a investi massivement dans l’éducation de sa jeunesse, ainsi que dans les infrastructures et la production d’électricité. Bien que la méthode chinoise comporte des excès, elle démontre qu’à l’instar de la fable du lièvre et de la tortue, ce sont les efforts continus et soutenus qui finissent par porter leurs fruits.

Conclusion

La tendance à privilégier les raccourcis et les solutions immédiates, que ce soit à gauche ou à droite, semble s’accentuer dans les sociétés occidentales. Pourtant, l’exemple chinois rappelle l’importance de la vision à long terme : ce sont les politiques patientes et structurées qui permettent des progrès durables et significatifs.


Thursday, September 11, 2025

Ce qu'on ne voit pas dans la retraite par spoliation


Bayrou, avant de prendre ses multiples pensions de retraite, a pointé sur ce qu'il voit dans le système de la retraite par répartition, plus clairement désignée comme retraite par spoliation:
- des jeunes qui sont esclaves d'un système,
- de retraités Boomers qui ont peu cotisé pour leurs parents, car les Boomers furent nombreux et l'espérance de vie de leurs parents était plus réduite que la leur,
- un Etat qui s'endette à 45% pour payer les retraites des systèmes déficitaires (surtout la fonction publique),
- des retraités Français qui partent plus jeunes à la retraite que dans le reste de l'Europe et qui sont les seuls à avoir un niveau de vie supérieur aux actifs.
etc...

Si vous suivez les études d'économistes comme Catherine Sylvain sur notre système de retraite, voici le genre d'information que vous avez pu lire et voir. Maintenant, j'aimerais faire comme Bastiat et vous montrer ce que l'on ne voit pas dans ce débat.

Mai 68, c'est la première expression du pouvoir des Boomers. En 1968, cette génération nombreuse trouve qu'il n'y a pas assez de places pour elle dans l'enseignement supérieur. Sa frange la plus à gauche ne se battit pas seulement pour plus de places, mais surtout pour moins de sélection. D'ailleurs, tout le monde eut son examen en 1968! Personne ne fut recalé. Et dès que cette génération obtint enfin le pouvoir politique avec Mitterrand en 1981, elle fit 2 réformes funestes: la retraite à 60 ans et la baisse du niveau scolaire pour amener 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat. Aussi, la première chose qu'il faut voir, c'est que la catastrophe des politiques votées par les Boomers n'est pas seulement limitée à un système de retraite ou à une économie surbureaucratisée avec de forts prélèvements obligatoires, mais que même le système d'éducation des jeunes est aussi malade des conséquences de la génération mai 1968.

Voyons plus précisément ce qui ne se voit pas avec le système actuel. Voici ce que nous aurions sans l'application des politiques socialistes:
1. Des retraités qui vivraient un peu moins bien que les actifs (10% du PIB au lieu de 14%), mais qui vivraient mieux qu'ils ne vivent aujourd'hui, en moyenne. Pourquoi? En théorie, il faudrait baisser les pensions de 29% pour arriver à 10% du PIB. Or, si la France avait gardé une économie libérale et dynamique, comme celle de la Suisse, notre PIB serait le double de ce qu'il est aujourd'hui. Donc, au lieu de toucher 14% de 100, ils toucheraient 10% de 200, soit 20. Eh oui! Ce qu'on ne voit pas, c'est que les boomers aussi se sont fait avoir par leur vote Mitterrand!

2. Mais ce qu'on voit encore moins, c'est que sans cette retraite par spoliation, les finances de l'Etat seraient saines et les prélèvements obligatoires faibles. Cela permettrait aux actifs d'épargner massivement pour leur retraite et d'investir une grande partie de cette épargne en bourse. Nous aurions un CAC 80, car ces nombreux capitaux auraient permis de financer des nouvelles entreprises de haute technologie créées par nos meilleurs ingénieurs restés travailler en France au lieu de s'expatrier aux USA, au Royaume-Uni, en Suisse ou en Asie. De plus, en maintenant un système d'éducation méritocratique basé sur les maths et les sciences, nos chercheurs rivaliseraient avec les Etats-Unis pour l'obtention des Nobel et les applications entrepreneuriales. 

3. Ce qu'on ne voit pas, c'est que la structure salariale ne se limiterait pas au SMIC, mais que, comme chez Meta (Facebook), les meilleurs ingénieurs de l'IA sont mieux payés que les stars du football. Toute la jeunesse saurait que les études scientifiques peuvent leur permettre de s'élever dans la société, mais aussi que le travail manuel bien fait a aussi ses filières d'excellence.

4. Un Etat sain financièrement, centré sur le régalien et les infrastructures serait intransigeant avec l'immigration illégale et les criminels. La sécurité des Français serait bien meilleure, et l'Etat aurait les marges financières pour investir dans un réseau électrique basé sur notre savoir-faire dans l'Europe entière. Peu après la chute du mur, la France aurait construit des centrales en Pologne, en Roumanie et cela nous aurait permis de réduire notre dépendance au gaz russe et au pétrole du Moyen-Orient tout en consolidant la place centrale de l'économie française en Europe. 

Conclusion: Au lieu d'être un pays endetté, au bord de la faillite, la France aurait pu être un pays d'actionnaires dont le revenu par habitant serait le double de ce qu'il est aujourd'hui. Au lieu d'avoir peur des crises financières inéluctables, il aurait confiance dans l'avenir et sa démographie serait celle d'Israël. Le temps presse pour nous remettre sur ce chemin abandonné depuis 1981. Il faut mettre fin au socialisme, à la retraite par spoliation et à l'Education Nationale soixante-huitarde.

Thursday, June 26, 2025

Changement de paradigme dans l'économie de la connaissance

L'avenir est à la paix car le moteur de l'économie est dorénavant la connaissance. Celle-ci se partage plus facilement que les produits agricoles, la terre ou les produits manufacturés. Dans le passé, les enjeux entre puissances étaient des jeux à somme nulle, voire négative quand la guerre détruisait une partie de chaque armée. En effet, longtemps les royaumes ont voulu s'étendre pour contrôler plus de terres et donc plus de production agricole afin de nourrir leur population et la faire croître. Les terrains n'ont qu'un seul propriétaire. Si c'est à vous, vous gagnez. Si c'est à l'autre, vous perdez. Pareil pour l'or, le pétrole, les usines, l'immobilier en ville... Ce sont des choses physiques et rares. Les posséder vous rend riche et ne pas les avoir fait de vous un pauvre. Le grand changement de paradigme de l'économie de la connaissance, c'est que cette dernière se partage à l'infini sans appauvrir son propriétaire de départ, si celui-ci a pu en profiter pendant un certain temps.

Les films et les livres sont des exemples de produits de l'économie de la connaissance. Ils appartiennent à leur créateur du temps de leur vie, et tombent dans le domaine public quelques années après leur mort. Les programmes informatiques et les jeux numériques sont également des produits de la connaissance qu'on peut reproduire de manière infinie presque gratuitement. 

Mais ce dont on ne se rend pas compte, c'est que de plus en plus de produits physiques contiennent une grande part de recherche et développement (R&D). Les téléphones portables ne valent pas grand-chose en termes de matériaux physiques: plastique, silicone (sable), le lithium des batteries, de l'aluminium pour la coque et quelques grammes de métaux précieux pour les circuits. La valeur provient de tout l'ingénierie qu'il a fallu pour miniaturiser, optimiser la fabrication, et concevoir un système d'exploitation ouvert à une infinie variété d'applications. L'objet central, le microprocesseur, demande des investissements de plus en plus faramineux pour pouvoir être fabriqué de plus en plus petit, ce qui le rend plus économe en énergie et plus rapide. Ainsi, pour son process de 2nm, TSMC va devoir dépenser 725 millions rien qu'en design et développement

Mais on trouve une grande part de R&D dans l'aéronautique, les médicaments, les voitures, les drones..., même dans les nouvelles variétés de riz ou de blé! 

Et la nouveauté pour ces produits est que la coopération et la mondialisation permettent d'obtenir des économies d'échelle d'autant plus fortes que plus de monde achète ces produits. Puisque les coûts de R&D sont des coûts fixes, plus le nombre de clients est élevé, plus ces coûts seront rapidement amortis. Ainsi, quand la Chine a joint l'OMC en 2000, elle n'a pas seulement fait baisser les prix de nombreux produits en les manufacturant sur place avec de la main d'œuvre bon marché, elle a également permis de rentabiliser la R&D occidentale plus rapidement en achetant des produits high tech conçus à Silicon Valley, en Allemagne ou en France. La baisse mondiale de la pauvreté augmente encore plus le nombre de clients potentiels et permet encore plus d'économies d'échelle. Nous sommes dans un cycle vertueux.. 

Jensen Huang a très bien compris l'enjeu dans la compétition pour les systèmes informatiques qui permettent l'IA. Si NVIDIA ne peut vendre ses produits en Chine, cette perte de chiffre d'affaires est aussi une perte de ressources pour financer la R&D de sa firme. Cette interdiction va favoriser son concurrent Huawei et lui donner une source de financement pour rattraper son retard. 

Dans l'économie de la connaissance, les effets de réseau permettent de partager les coûts de R&D par un grand nombre d'utilisateurs. C'est pourquoi, il est souvent pertinent d'attirer les clients par des prix bas au départ afin d'en attirer le plus possible. Une fois que le client est membre d'un réseau (Windows pour les PC, ou Android pour les portables, ou CUDA pour l'IA de NVIDIA, ou Amazon pour la vente en ligne, ou PayPal pour les paiements internationaux...) il est très difficile de le faire changer. Cette stratégie gagnante de prix bas permet elle aussi de mieux partager les bénéfices de l'innovation entre le producteur et les consommateurs.

L'économie de la connaissance associé à la mondialisation, donc aux économies d'échelle, permettent aux industries technologiques d'innover à une rapidité fulgurante. Les progrès des IA depuis la sortie de la première version de Chat GPT en sont l'exemple le plus flagrant. Soyons confiants que cette nouvelle économie est fondée sur des bases pacifiques et encourageons la coopération et la concurrence, mais décourageons l'autarcie, le repli ou la guerre économique.