Saturday, February 3, 2024

Au bord de l'eau II

J'ai maintenant achevé le second tome de ce roman fleuve chinois qu'est 'Au bord de l'eau'! Ses plus de 2000 pages m'ont accompagné pendant près d'un an. Avant de passer à autre chose, il me faut faire quelques remarques sur ce classique de la littérature chinoise qui inspira la révolution de Mao.

1. La bande de 108 héros forme une équipe assez hétéroclite. Il n'y a pas de super héros. Chaque héros a des forces et des faiblesses. Même le chef Song Jiang s'emporte et s'entête parfois sur le champ de bataille. Il a alors besoin d'écouter ses lieutenants pour trouver la bonne tactique ou stratégie pour remporter la victoire.

2. Les armées adverses opposent parfois des armes nouvelles et puissantes (des navires ou de la magie). Mais les stratèges de la bande des marais trouve toujours le point faible de l'adversaire ou bien fait appel à une magie encore plus puissante. Les victoires sont rarement le fruit d'un simple rapport de force favorable, mais presque toujours d'un plan bien exécuté.

3. Ouvrir un second front dans l'enceinte même de l'ennemi est une tactique qui permet de gagner la partie, car elle désorganise l'armée ennemie. 

4. D'après le roman, l'armée de Song Jiang revient victorieuse contre les Liao sans perdre un homme en 1124, mais perd de nombreux braves en matant la rébellion de Fang La. L'histoire ne fait pas mention de l'écroulement des Song du Nord qui intervint juste après, en 1127, face aux Liao! J'explique cette disgression avec la réalité historique de la manière suivante. Face à des guerriers barbares, les 108 héros Chinois de la bande de Song Jiang jouissent d'une supériorité civilisationnelle et technologique qui leur donne la victoire. Mais contre Fang La, ils se battent contre d'autres Chinois et ne bénéficient pas de cet avantage. La guerre civile est plus équilibrée et donc aussi plus cruelle et triste. C'est une guerre fratricide. Elle est justifiée par le fait que Fang La s'est déclaré empereur et a fait sécession. Song Jiang, lui, avait toujours continué de s'affirmer un loyal sujet de l'empereur, obligé à la révolte pour vivre libre et faire la justice autour de lui. 

5. Le point précédent montre combien le pouvoir central Chinois ne tolère pas le sécessionnisme. Et avec Taiwan, cela ne change pas 900 ans plus tard!

6. La corruption des hauts fonctionnaires est l'explication pour la fin malheureuse de la bande de Song Jiang et de la dynastie du Nord peu de temps après. Cependant, on peut aussi dire que le roman est libéral, alors que la Nouvelle Politique du premier ministre Cai Jing a été proto-socialiste et que ce sont ces dépenses sociales effrénées qui ont affaibli l'Etat Chinois et poussé Fang La à la révolte. Or, lorsqu'il est question de repeupler ces régions à l'issue de la guerre civile, Song Jiang propose d'exempter les habitants d'impôts pendant plusieurs années. Cette mesure est très libérale, puisqu'elle incite à travailler plus.

7. Après avoir battu Fang La, Song Jiang retourne à la cour avec quelques braves qui continuent de le suivre. Mais certains lui ont faussé compagnie, afin de vivre une vie plus paisible et moins dangereuse. Ces braves sont pratiquement des libertariens pour lesquels le bonheur individuel passe avant les devoirs envers l'empereur. La mort de Song Jiang, empoisonné par des ministres jaloux et craintifs, leur donne même raison. Certes, le roman nous dit que la loyauté de Song Jiang à l'empereur est admirable et qu'il est un exemple. Cependant, sa loyauté le pousse à tuer son ami Li Kui afin qu'il ne prenne pas les armes contre le gouvernement! Le plus étonnant est que Li Kui accepte son sort sans broncher et n'en veuille pas à Song Jiang de l'avoir empoisonné!

Saturday, January 27, 2024

Retour en Europe, après plus de 5 ans d'absence


 J'appréhendais ce retour après une si longue absence. Depuis ma dernière visite, tant de faits divers sordides se sont produits! Après la fin du Covid, la pression migratoire a repris de plus belle. Sur les réseaux sociaux, j'ai pu voir Paris transformée en poubelle et de nombreuses villes européennes submergées par le Tiers Monde. Dans quel état allais-je retrouver mon Alsace natale en me rendant chez mes parents pour Noël 2023?

Dans le train ICE qui m'amène de l'aéroport de Francfort à Karlsruhe, je me retrouve assis en face d'un noir et il semble resquiller, car il ne présente pas de billet de train au contrôleur. Bizarre, mais comme il est propre sur lui et ne m'emmerde pas, je n'y attache pas grande importance. Par contre, ma première vision d'effroi ne se fait pas attendre. Avant d'atteindre la gare de Mannheim, je remarque une forme haute et pointue juste à côté de la grande église au centre de la ville. Le minaret d'une mosquée! Il défigure le paysage et lance un défi à la chrétienté. Mais je suis bien seul à me sentir mal devant ce côtoiement des 2 édifices religieux. Visiblement, les gens de Mannheim n'ont pas déployé la même résistance contre l'invasion musulmane que contre l'invasion française de 1795... L'Allemagne est vieille et a besoin de main d'œuvre bon marché dans les services. A l'aéroport, la plupart des petits boulots étaient faits par des Turcs...

Le paysage Alsacien n'a pas changé, lui. Dans l'hypermarché local, je vois bien de la 'diversité', mais elle ne semble pas avoir grandi en proportion par rapport à ma dernière visite. Mais, en moyenne, elle est plus jeune que les Alsaciens de souche que je croise. Autre point positif, malgré les récents chiffres sur la natalité, je trouve qu'il y a plus de petits enfants en France qu'à Taiwan où la situation est vraiment critique. 

A Strasbourg, je suis surtout effaré par la difficulté de circuler en voiture. Dans le quartier du lycée Kléber, à 2 pas de la synagogue, le calme et la sécurité me semblent bien assurés. Lors de ma promenade du soir dans la petite France, je remarque surtout les touristes et ne voit que très peu de jeunes racailles. Je suis étonné de voir de nombreux jeunes blancs livrer de la bouffe à vélo. Ce sont probablement des étudiants qui financent leurs (trop longues) études.

A part cela, dans ma famille, je constate que l'on peut voter à gauche et tout faire pour que ses enfants aillent dans les bonnes écoles. Parmi ma famille allemande, j'ai le cas d'une tante et d'un oncle qui ont deux fils de plus de 30 ans, dont un qui est marié depuis plusieurs années, mais ils n'ont toujours pas de petits enfants. La seule cousine qui a fait deux bébés est membre d'une congrégation évangélique qui semble au centre de sa vie. Mais je n'ai pas eu l'occasion de la voir durant mon trop court séjour.

A table, l'expression de mes idées libérales de droite ne passe pas très bien, surtout quand il s'agit de fustiger l'immigration clandestine et délinquante. J'ai l'impression qu'il y a plus de bienveillance pour les étrangers que pour le peuple d'en bas qui composa les gilets jaunes! J'essaie la conciliation en disant que j'en veux surtout à l'Etat pour ne pas s'occuper du régalien de manière ferme, et de trop taxer les Français. Cela passe un peu mieux, mais je sens que Macron reste celui qui inspire le plus le sérieux pour mes parents.

Noël est une bulle de temps et chaque personne semble vivre dans sa petite bulle, limitant les interactions avec le réel afin de n'en tirer que le meilleur. Cela explique qu'il faille si longtemps pour faire évoluer les mentalités.

Saturday, November 4, 2023

Au bord de l'eau

Pendant que la guerre d'Israël contre le Hamas fait rage à Gaza et que les esprits s'échauffent partout dans le monde, il n'y a rien de tel qu'un bon classique chinois pour se changer les idées.

L'histoire de 'Au bord de l'eau' se déroule à la fin de la dynastie Song du Nord (1120s). Ce conte commence par la dispersion de 108 esprits. Puis la première partie de l'histoire nous les présente les uns après les autres. Ils sont tous talentueux, mais traités injustement par les autorités. Heureusement, ils finissent par trouver refuge, avec leurs familles respectives, aux marais des Monts Liang. Ils aménagent ces marécages déserts en forteresse et lieu de nombreux festins. Ils y stockent leurs trésors et même si l'endroit ne paie pas de mine, il y coule presque le lait et le miel!

Dans le second tome, Chao Gai, le chef de ces 108 brigands est tué. Désormais, ils sont guidés par Song Gong Ming, un petit fonctionnaire d'une extrême humilité. Moins il a envie d'être le chef, plus ses généraux le plébiscitent, car il est bien plus un manager à l'écoute de ses troupes qu'un chef autoritaire. Il est guidé par l'équité et le sens de la justice, et cela motive ses troupes. Il se sent investi d'une mission quasi divine de constituer une force pour faire régner la justice de son côté tant que l'empereur est entouré par des gens corrompus et méchants. 

Les troupes de Song Gong Ming doivent souvent se battre contre des villes fortifiées. Parfois, des braves sont pris en otage et torturés par les autorités locales. L'armée de Song Gong Ming n'hésite pas à mettre le feu à une partie de la ville et tuer quelques civiles pour la prendre. Mais elle épargne les populations innocentes autant que faire se peut. Par contre, les familles de leurs ennemis sont exterminées du grand-père au petit-fils. Il s'agit d'empêcher que la haine passe à la prochaine génération. 

On dit qu'Au Bord de l'Eau fut le livre de chevet de Mao Zedong et l'a inspiré dans sa lutte contre le gouvernement nationaliste. Peut-être faudrait-il aussi l'envoyer à Benjamin Netanyahou?

Faire voir le danger de l'islam

Que faut-il pour qu'1 majorité de Français voient le danger de l'islam?
- des attentats✅ - des profs égorgés✅ - 'allah akbar' scandé aux manifs de LFI✅ - les femmes voilées, en hijab ou abaya✅ - l'insécurité✅ - les banlieues✅ - 70% de halal en prison✅ 

IL FAUT QUOI ENCORE?

- des émeutes autour de toutes les grandes villes✅ - des tags d'étoile de David✅ - les prêches des imams✅ - 8000 fichés S✅ - la protection policière pour des personalités critiques de l'islam✅ - le nombre grandissant de prénoms musulmans donnés aux bébés.✅

QUE FAUT-IL DE +?

- Une invasion migratoire✅ - Des clandestins à Lampedusa applaudissant le 7 octobre✅ - Les mêmes problèmes à Londres, Berlin et Bruxelles✅ - L'absence de tels problèmes à Prague, Varsovie et Budapest✅ - Lola tuée par Dahbia sous OQTF✅ ALLO? ALLO? CA NE VOUS SUFFIT PAS? 

JPP

Il faut quoi encore? - des islamistes qui tuent, violent, décapitent, brûlent plus de 1400 personnes (dont des femmes, enfants, vieillards et 35 Français) en Israël✅ - la protection policière des synagogues✅ - les incendies de nombreuses églises✅ 

CETTE LISTE EST INTERMINABLE!

OUVREZ LES YEUX! Et ouvrez ceux de vos amis et de votre famille. Votez pour les partis politiques qui veulent le plus limiter l'immigration musulmane, renvoyer les clandestins et les criminels. 

Le pouvoir est dans les urnes, pas dans la rue. 


Ce texte reproduit mon fil sur X, dont le premier post a fait plus de 10000 vues.

Sunday, October 29, 2023

In Praise of Flight, the logical solution for Middle East peace


 In Praise of Flight is an essay by Henri Laborit, published in 1976. He explains that in every conflict situation, there are always three possible choices: fight, make peace or flee. The first choice is the most dangerous, as fighting can easily turn violent and end in injury or death. Choosing peace means bending to someone else's will, compromising your convictions. In a toxic relationship, it means accepting to be yelled at or hit by your partner in order to benefit from certain advantages of the relationship. In short, it sometimes means doing violence to oneself in order to accept a situation that's heavy and hard to live with. 

Having demonstrated the violence inherent in the first two choices, Laborit goes on to praise the third, In Praise of Flight. Escape enables us to put an end to the conflict with the other person, or with ourselves (in the case of a sudden peace). Escape is therefore a peaceful solution to conflict. It's a wise choice, almost a survival instinct, if you find yourself in a fight you have little chance of winning. It's also a good choice if you can't accept the situation as it is. 

Let's now look at how In Praise of Flight might apply to the conflict between Israelis and Palestinians. To whom should this solution apply? The Israelis or the Palestinians? That depends first and foremost on the balance of power. The balance of power tends to be in Israel's favor, unless the terror of rockets and the threat of terrorism make life in Israel unbearable, which could prompt some Israelis to emigrate. But the other problem with Jews fleeing Israel is that there is no other Jewish country in the world. Fleeing makes much more sense for the Palestinians, given that they are suffering so much by their own account, that their economy isn't taking off (except for rockets and microlights), that their military strength is far inferior to Israel's, and that there are more than 50 other Muslim countries in the world. 

Note that the Palestinians who have chosen peace are the Israeli Arabs, who represent 18% of Israel's population. Things are going quite well for them. They have more democratic rights than the vast majority of Muslims in the region! So it's not impossible to make peace with Israel. On the other hand, Palestinians in the occupied territories are encouraged by the UN and Arab countries to remain in conflict with Israel in order to maintain their refugee status, which provides them with income from humanitarian aid. For the Gulf states, instability is a means of boosting oil and gas prices, and can therefore be very profitable! But in times of conflict, as we are currently seeing, the Palestinian civilian population is the first to suffer, as Hamas uses them as human shields.

The Palestinians' tragedy stems above all from their refusal to make peace with Israel. But if armed conflict has no way out, and making peace is too contrary to their principles and religion, then the only logical alternative is to flee. Many Palestinians already live outside Gaza and the West Bank. They live in Lebanon, Jordan, Egypt, Qatar, Saudi Arabia and Europe. And the further away they live, the more they can lead a normal, quiet life.

Emigration is therefore an opportunity for the Palestinians. The main reason they want to return to the land of their ancestors is what Israel has done with it: modern cities. So it's not really their land they want, but the fruit of other people's labor. In fact, for Hamas, it's not even the fruit of that labor that interests them. We saw this after 2005 and the evacuation of Gaza. They destroyed the farms left by the Israeli kibbutz! 

We need to help Palestinians settle far away from Israel, so that they can distance themselves from their own hatred and, for some, desire for extermination. This will enable them to build a new life without the feeling of being imprisoned, cramped in a country without sovereignty. In practice, this means expelling a large part of the Gaza Strip's population to Egypt and other Muslim countries willing (or obliged) to take them in. Only the elderly and those who accept Israel's existence would be allowed to stay. For all the others, permanent removal is the least bad solution to allow peace to spread. Just as Moses fled from Egypt with the Jews to find peace and freedom in Israel, so the Palestinians in permanent war against Israel would do well to flee the hell in which their envy and hatred have trapped them. Better to flee than to be slaughtered to the last man.

Saturday, October 28, 2023

L'éloge de la fuite, la solution alternative au problème palestinien


L'éloge de la fuite est un essai de Henri Laborit, publié en 1976. Il explique que dans chaque situation conflictuelle, on a toujours trois choix possibles: lutter, faire la paix ou bien fuir. Le premier choix est le plus dangereux, car le combat peut facilement devenir violent et terminer par des blessures ou la mort. Choisir la paix, c'est se plier à la volonté d'autrui, c'est compromettre ses convictions. Dans une relation toxique, c'est accepter de se faire engueuler ou frapper par son partenaire afin de profiter de certains avantages de la relation. Bref, c'est parfois se faire violence à soi-même pour accepter une situation pesante, dure à vivre. 

Ayant montré la violence inhérente aux deux premiers choix, Laborit fait l'éloge du troisième choix, la fuite. Cette fuite permet de mettre fin au conflit avec l'autre ou bien avec soi-même (en cas de paix subie). La fuite est donc une solution pacifique au conflit. Cette fuite est donc un choix judicieux et presque un instinct de survie si l'on se trouve dans un combat qu'on a peu de chances de gagner. C'est aussi un bon choix si l'on n'arrive pas à accepter la situation comme elle est. 

Voyons maintenant comment l'éloge de la fuite pourrait s'appliquer au conflit entre Israéliens et Palestiniens. A qui devrait s'appliquer cette solution? Aux Israéliens ou aux Palestiniens? Cela dépend d'abord du rapport de force. Or, celui-ci est plutôt en faveur d'Israël, sauf si le climat de terreur des roquettes et de la menace terroriste rendaient la vie invivable en Israël, ce qui pourrait pousser certains Israéliens à émigrer. Mais l'autre problème d'une fuite des juifs d'Israël est qu'il n'y a pas d'autre pays judaïque dans le monde. La fuite est bien plus logique pour les Palestiniens, vu qu'ils souffrent beaucoup selon leurs propres dires, que leur économie ne décolle pas (sauf celle des roquettes et des ULM), que leur force militaire est très inférieure à celle d'Israël et qu'il existe plus de 50 autres pays musulmans dans le monde. 

Notons que les Palestiniens qui ont fait le choix de la paix sont les arabes israéliens qui représentent 18% de la population d'Israël. Cela se passe assez bien pour eux. Ils ont plus de droits démocratiques que la grande majorité des musulmans de la région! Ce n'est donc pas impossible de faire la paix avec Israël. Par contre, les Palestiniens dans les territoires occupés sont incités par l'ONU et les pays arabes â rester en conflit avec Israël afin de conserver le statut de réfugiés qui leur assure des revenus grâce à l'aide humanitaire. Pour les pays du Golfe, l'instabilité est un moyen de faire grimper les prix du pétrole et du gaz, et peut donc être très rentable! Mais dans ces moments de conflit, comme on le voit actuellement, la population civile palestinienne est la première touchée, car le Hamas s'en sert comme boucliers humains.

Le drame des Palestiniens vient surtout du fait qu'ils refusent de faire la paix avec Israël. Mais si le conflit armé est sans issue, et que faire la paix est trop contraire à leurs principes et à leur religion, alors la seule alternative logique est la fuite. De nombreux Palestiniens vivent déjà en-dehors de Gaza et de la Cisjordanie. Il y en a au Liban, en Jordanie, en Egypte, au Qatar, en Arabie Saoudite et en Europe. Et plus ils vivent éloignés, plus ils peuvent mener une vie normale et tranquille.

Cette émigration est donc surtout une chance pour les Palestiniens. La raison principale pour laquelle ils ont envie de retourner sur la terre de leurs ancêtres est ce qu'Israël en a fait de cette terre: des villes modernes. Ce n'est donc plus vraiment leur terre qu'ils veulent, mais le fruit du travail d'autrui. En réalité, pour le Hamas, ce n'est même pas le fruit de ce travail qui les intéresse. On l'a vu après 2005 et l'évacuation de Gaza. Ils ont détruit les fermes laissées en état par les kibbutz israéliens! 

Il faut donc aider les Palestiniens à s'installer loin d'Israël afin qu'ils puissent s'éloigner de leur propre haine et, pour certains, du désir d'extermination. Cela leur permettre de construire une nouvelle vie sans l'impression d'être emprisonné, à l'étroit dans un pays sans souveraineté. Dans la pratique, cela veut dire l'expulsion d'une grande partie de la population de la bande de Gaza vers l'Egypte et d'autres pays musulmans prêts (ou obligés) à les accueillir. Seuls les vieux et ceux qui acceptent l'existence d'Israël auraient le droit de rester. Pour tous les autres, l'éloignement définitif est la moins mauvaise des solutions pouir permettre à la paix de se propager. De même que Moïse a fui l'Egype avec les juifs pour retrouver la paix et la liberté en Israël, les Palestiniens en guerre permanente contre Israël feraient bien de fuir l'enfer dans lequel leur envie et leur haine les a enfermés. Mieux vaut fuir que de se laisser massacrer jusqu'au dernier.

Saturday, September 23, 2023

Rappel historique: Elite occidentale et élite chinoise.

Avion militaire Taiwanais au-dessus de Tainan, 2023

La formation de l'élite d'une nation varie selon le type d'époque dans laquelle elle se trouve. Dans les périodes anciennes et guerrières, l'élite s'est bâtie sur la puissance militaire. Ainsi, les chevaliers formaient l'élite au Moyen-Age et elle s'est transformée en aristocratie au fur à mesure que les pays européens se sont pacifiés. Mais même vers la fin de la royauté, le roi de France continuait de faire appel aux princes et aux ducs pour ses campagnes militaires. Et après la Révolution, c'est le général Bonaparte qui utilisa sa puissance dans l'armée pour devenir Napoléon et installer une nouvelle élite conquérante.
 
Les temps de guerre moderne, comme la seconde guerre mondiale, la Corée, la guerre froide ou les conflits d'indépendance (Algérie) furent également propices à l'arrivée au pouvoir de généraux: Eisenhower de 1953 à 1961 et de Gaulle de 1959 à 1969. 

Durant les périodes démocratiques et paisibles, on peut voir l'émergence d'une classe politique différente. Il y a d'abord les experts du droit, avocats et juristes qui sont surtout des beaux parleurs (pour ne pas dire des menteurs). Leur défaut est qu'ils se font plus facilement élire s'ils font des promesses coûteuses et expliquent que ce sont les riches, les corporations, les banques qui vont payer, mais en fait ils font surtout payer les générations futures en créant de la dette. Je pense surtout à Mitterrand et ceux qui lui ont succédé depuis, incapables d'équilibrer les comptes de la France.

Pour faire fonctionner l'Etat, ces hommes politiques font aussi appel à une élite technocratique (science po et ENA). Son conformisme idéologique à une doxa étatique est au moins aussi forte qu'en Chine Populaire, mais les compétences semblent moins au rendez-vous. Elle parvient aussi au pouvoir avec des gens comme Giscard d'Estaing (le moins mauvais), Juppé, Jospin...

Aux Etats-Unis, nous avons un système démocratique où les campagnes électorales sont coûteuses et demandent l'implication de riches donateurs privés. Cela a l'avantage de limiter la taille de l'Etat, mais cela peut aussi conduire à des relations incestueuses à l'image du 'complexe militaro-industriel' mentionné par Eisenhower en son temps! Depuis les crises financières du Nasdaq (2000), de Lehmann (2008) et du Covid (2020), on pourrait ajouter l'interconnection trouble entre la Fed et les grandes banques privées. 

L'élite américaine est moins centrée sur l'Etat que celle en France, mais ses relations avec le privé (militaire, énergie et financier) ne sont pas dénuées de conflits d'intérêt et de corruption. Si le système démocratique est le moins mauvais, il n'est pas bon en soi, mais seulement aussi bon que la sagesse des citoyens et leur résistance à toute corruption, à tout électoralisme.

Or, le plus grand cas de corruption en France et aux USA est tout à fait légal et démocratique: il s'agit du transfert massif de richesses des actifs vers les non-actifs, et notamment vers les retraités. Le système de retraite par répartition est un système Ponzi dont les rendement s'effondrent au fur à mesure que le nombre de naisssances baisse et que les retraités vivent de plus en plus longtemps. Et ce système continue d'être cautionné par la plupart des élites occidentales. Seuls quelques libéraux continuent de crier au loup, mais cela fait tellement longtemps que le système fonctionne qu'ils ont perdu leur crédibilité.

Les USA sont aussi la première puissance militaire au monde depuis 1989 et cela les a conduit à jouer au sheriff dans de nombreux pays. Aussi, d'anciens généraux ou héros de guerre continuent à occuper des postes importants. Je pense à John McCain ou au général Powell, par exemple. Le pouvoir militaire est donc bien réel aux USA et les dépenses militaires y sont, de loin, les plus fortes au monde avec 12% du budget de l'Etat US et 3,1% du PIB en 2023. Mais cela ne les empêche pas de perdre contre des bergers Talibans!

Qu'en est-il en Chine?

Dans les périodes de changement de dynastie, le nouvel empereur est très souvent un militaire qui se rebelle contre la dynastie en place. Exemples: Taizong pour les Tang et Hongwu pour les Ming. C'est une configuration classique dans l'histoire du monde. 

Toutefois, la Chine se distingue des autres pays par le fait qu'elle a mis en place un système d'examens impériaux depuis les Han dès124 av JC pour recruter les administrateurs les plus compétents pour son Etat. Le recrutement de cette élite sur concours de connaissances et d'écriture a favorisé l'émergence d'une élite intellectuelle aux côtés de l'armée et des riches propriétaires. Ce qui lui ressemble le plus, en Occident, c'est l'église du Moyen-Age et notamment ses universités.

Durant les temps de paix, les mandarins prenaient de plus en plus d'importance. Or, étant 'forts en thème', ils s'intéressaient beaucoup plus aux plaisirs de l'esprit qu'aux arts martiaux. Aussi, l'élite chinoise, en temps de paix, a toujours eu tendance à délaisser les défenses militaires et à privilégier les arts, la littérature et le commerce.  
Dès les Song, le dilemme de la Chine est, soit elle se 'barbarise' et devient plus guerrière au contact des barbares, soit elle reste chinoise et raffinée, et devient ainsi une proie pour les barbares. Les alternatives sont de faire appel à des barbares pour assurer sa défense ou bien de payer un tribut aux nations voisines contre la paix. Cette dernière solution avait permis au Song du Nord de bien se développer, car les barbares avaient un déficit commercial avec la Chine et le tribut permettait de financer leurs achats à un prix moindre qu'un gros effort de défense militaire ou une guerre.

Il est intéressant de noter que le parti communiste chinois actuel a remis les concours au goût du jour. Après avoir recruté chez les prolétaires pour faire sa révolution, ses cadres sont maintenant issus des meilleures universités du pays. On peut donc de nouveau parler de méritocratie pour la Chine contemporaine. Et après 44 ans sans vraie intervention militaire depuis 1979, aucun cadre de l'armée chinoise n'a d'expérience du combat. L'élite chinoise actuelle est donc très intelligente, riche et peu guerrière. Naturellement, elle préfère les domaines de la diplomatie et du commerce pour se développer. La corruption n'a pas disparu, mais le succès chinois depuis 1989 est vraiment impressionnant. 

Cette intelligentsia a aussi appris de l'histoire et sait qu'une faiblesse militaire peut être fatale à la stabilité du pays. La faiblesse invite l'agression. Il est donc rationnel pour la Chine de se préparer à la guerre si elle veut la paix (selon l'expression latine). D'autant plus si la puissance dominante actuelle, les USA, n'est pas avare du recours à la force armée, qu'elle soit direct (Irak, Afghanistan) ou indirecte (Ukraine). Justement, le conflit non résolu de la scission avec Taiwan depuis la fin de la guerre civile (1949) pourrait servir de prétexte à un conflit armé dont le but serait d'affaiblir la Chine. 

De plus, un changement notable est à l'œuvre depuis 2022. Pendant sa période de croissance rapide, la Chine avait le bon goût de financer les USA avec ses excédents commerciaux. Cela permettait aux USA de se financer avec un taux réduit. On pourrait presque parler d'un tribut, car cet argent finançait les dépenses courantes de la première économie de la planète! Or, depuis les sanctions occidentales contre les avoirs de la banque centrale  Russe, les Chinois réduisent progressivement leur investissements en bons du Trésor US. D'abord à cause du risque de confiscation, mais aussi parce que le discours US est de plus en plus critique et hostile vis à vis de la Chine. Cette dernière n'a plus envie de financer des dépenses militaires qui pourraient se retourner contre elle ou les projets concurrents des USA qui sont faits pour affaiblir la Chine. Par exemple, les subventions aux usines de semi-conducteurs aux USA ou le nouveau projet d'infrastructure entre l'Inde, le Moyen-Orient et l'UE qui fait concurrence aux nouvelles routes de la soie.

En conclusion, bien que j'habite Taiwan, je crois que l'histoire de la Chine tend à rendre son élite relativement pacifique, commerçante et prudente. Le fait que son gouvernement soit autoritaire semble même jouer en faveur d'un désir de stabilité. Cependant, même si la démocratie est un système formidable, les élites occidentales semblent aveugles aux déséquilibres financiers et démographiques ou incapables de les traiter. De même que la guerre Russie/Ukraine sert de bouc émissaire à l'augmentation de l'inflation à cause du pétrole (alors que la cause première est l'expansion monétaire durant le Covid), j'ai peur que les USA ne veuillent rendre la Chine responsable de l'appauvrissement qui les attend lorsque leur dette deviendra incontrôlable. Une guerre permet toujours de rassembler sa population contre un ennemi externe et d'effacer certaines dettes... Cette crainte est alimentée par le fait qu'il reste deux domaines où les USA ont plus d'expérience et de moyens que la Chine. Un, c'est le dollar, la devise de réserve, mais l'avantage se réduit avec la montée des BRICS. Deux, c'est l'armée et j'observe avec inquiétude que de plus en plus de généraux d'active disent se préparer à un conflit à propos de Taiwan.