Thursday, March 5, 2026

Iran : Scénarios géopolitiques


Alors que la tension atteint des sommets au Moyen-Orient, un tournant majeur semble s’amorcer, porté par une frappe surprise qui a décimé l’état-major iranien, dont le Guide suprême Khamenei lui-même. Selon plusieurs sources, Israël aurait intercepté l’information d’une réunion cruciale et persuadé les États-Unis d’engager l’offensive, les Américains jouant alors le rôle de force armée au service de l’État hébreu, réputé pour sa connaissance fine de la région, bien supérieure à celle de la CIA.

Ce scénario pourrait ouvrir la voie à une guerre courte et décisive, si Washington se contente de soutenir la stratégie israélienne. Mais le spectre d’une opération menée selon la doctrine du Pentagone évoque d’autres précédents : Irak, Afghanistan, Libye... Les errements stratégiques du passé pourraient alors transformer ce conflit en enlisement coûteux, tant sur le plan humain que financier.

Contrairement à certaines analyses, ce nouvel embrasement n’est pas, selon l’expert Pete Hesgeth, un signal adressé à la Chine. Pékin, souvent perçue comme l’un des grands perdants potentiels de la crise – du fait de la perte d’un allié et d’un fournisseur de pétrole à bas prix –, a su diversifier ses sources d’approvisionnement. Premier importateur mondial d’or noir, la Chine s’est solidement positionnée sur les marchés énergétiques internationaux. Même si l’Iran cessait de lui accorder des rabais post-conflit, la compétitivité chinoise, appuyée sur des volumes d’achat colossaux, ne serait guère menacée.

Les deux issues principales du conflit laissent entrevoir, paradoxalement, des perspectives favorables pour Pékin :

  • Dans l’hypothèse d’une guerre courte et victorieuse, la région pourrait connaître un nouvel essor, propice au commerce. La Chine, incontournable sur le plan économique, resterait un partenaire privilégié des exportateurs d’hydrocarbures comme des importateurs de biens manufacturés, médicaments et autres produits issus de « l’atelier du monde ».
  • En cas de conflit long, les États-Unis risqueraient un affaiblissement durable. La perturbation des flux pétroliers vers l’Asie viserait surtout le Japon, la Corée du Sud et Taïwan, pays peu enclins à commercer avec la Russie. Cette crise accélérerait la transition mondiale vers les véhicules électriques, atténuant la baisse de production des industries pétrolières chinoises. Un statu quo maintiendrait la fragilité américaine, tandis qu’une victoire ramènerait au scénario précédent, avec des États-Unis encore plus fragilisés.

Au cœur de cette crise, la Chine apparaît donc, non pas comme une victime collatérale, mais comme un acteur capable de tirer parti de tous les scénarios envisageables.

Thursday, January 1, 2026

Sur la nature de l'Amérique, par Louis Casé

La première chose que j'ai eu envie de faire à la fin de la lecture du livre sur l'Amérique de Louis Casé, c'est de le serrer très fort et de lui dire, tel de Gaulle, "Je vous ai compris!". En effet, on sent que ce livre est plus un cri du cœur qu'un livre analytique et froid. C'est un livre qui défend des thèses très fortes sur la malveillance actuelle des Etats-Unis, mais qui sait rester nuancer et parfois avouer ne pas savoir (sur le Covid, par exemple). L'auteur en a gros sur la patate contre les USA et leur gestion du monde depuis 1945, mais il ne fait pas d'anti-américanisme primaire. Déjà, il n'est pas de gauche et trouve que le communisme était un système bien pire. Et il ne rejette pas toute l'Amérique en bloc: il adore l'âge doré américain, entre la fin de la guerre de Sécession et la création de la Fed. La croissance économique reposait sur une expansion domestique, un entrepreneuriat débridé et un Etat fédéral faible qui ne s'occupait pas du monde entier. Bref, Louis Casé est un (ultra)libéral, même s'il va dire que l'ultralibéralisme a fait faillite en 2007 (sauf que ce n'était plus du vrai libéralisme!)

En tant que fervent lecteur de Mark Steyn et de Charles Gave, je suis moi-même un libéral assez critique des USA et surtout de leur Etat profond. Louis Casé va plus loin que ces deux auteurs dans son analyse systématique des origines et du système de cet Etat profond. Il y va très fort et ose se poser la question de l'influence juive dans la politique américaine sans tomber dans de l'antisémitisme (puisqu'il rejettera cette explication trop simpliste et complotiste). Au final, il montre que les coupables de la mauvaise gestion du monde par les Américains sont leur culture et l'influence disproportionnée des Boomers (à cause de leur poids démographique). Ce dernier point est aussi valable pour la France et l'UE, si bien que nous sommes aussi coupables d'avoir contracté ce virus transmis par l'idéologique et la culture US. Bref, même si l'Amérique est la cause du déclin de l'Occident (et peut-être de sa chute), Louis Casé n'en fait pas un bouc-émissaire, mais montre que l'Amérique finira par tomber comme ses vassaux (si rien ne change).

Un très bon exemple de la malveillance de la domination américaine provient de son système financier. Depuis 1971 et la fin de l'étalon-or, les USA ont le privilège de la monnaie de réserve et ils en abusent de plus en plus. Cela fonctionne ainsi: la dette publique US est à 36 trillions de USD. Elle 'coûte' 3 à 4% en taux d'intérêt annuel, mais comme la masse monétaire augmente de 7 à 8% par an, la moitié de cette augmentation peut servir à payer les intérêts de la dette dans une monnaie qui perd progressivement de sa valeur. Ce ne sont donc pas les USA qui supportent le coût de la dette, mais ses créanciers, les détenteurs d'obligations moitié internationaux (les banques centrales), moitié nationaux. Ainsi, la fraude du dollar devient aussi une affaire interne et l'Amérique n'est et ne sera pas épargnée par ses turpitudes. L'auteur n'en éprouve pas de Schadenfreude et pronostique une crise du système dans les 10 à 15 ans. C'est aussi le délai que donne Mark Steyn pour la transformation démographique de l'Europe de l'Ouest!

Etant assez ouvert et proche des idées de l'auteur, je ne sais pas si le livre arriverait à convaincre des gens venant de positions plus éloignées. Son style est celui d'un auteur contemporain jeune. On s'y fait. Mais je pense que le livre gagnerait s'il était plus court en évitant la répétition de certains arguments ou faits. Peut-être qu'une IA pourrait diviser le nombre de page par deux en éliminant les redondances...

Sinon, je trouve que Charles Gave est plus proche de la bonne explication concernant l'Euro. C'était une demande française, mais ce sont les Américains qui en ont plus bénéficié que les Allemands. Certes, les industries allemandes ont été favorisées au départ, mais elles ont fini par s'effondrer avec le renchérissement de son énergie (Energiewende et fin du gaz russe). C'est la Fed qui a pu éliminer un concurrent sérieux et indépendant. Mais c'est un point de détail.

Le passage sur Trump est très bon également. Louis Casé montre que son élection est une victoire sur l'Etat profond, mais que Trump ne changera pas grand chose au système américain, car il est un produit de sa génération, les Boomers, et croit aux mythes Américains. On voit d'ailleurs qu'il emprunte encore plus que Biden pour frauder encore plus avec le dollar. On est donc loin d'une prise de conscience et c'est surtout pour cela, d'après moi, que Louis Casé a pris le pseudo de Prophet of Doom sur X!.