Thursday, June 13, 2024

Ce que Zemmour aurait du dire


Au lieu de faire la victime, Zemmour aurait pu dire ceci : 

« Dimanche, les électeurs ont lourdement sanctionné Macron en votant à 31% pour le RN contre 14% pour ce qu’il faut appeler la ‘minorité présidentielle’. Par la même occasion, les électeurs ont confié le leadership de la droite au RN, puisque LR n’a fait que 7% et la liste Reconquête 5,4%. 

Le président de la République ayant dissout l’Assemblée Nationale, j’ai confié à Marion la tâche de trouver un accord électoral avec le RN. Cet accord a failli voir le jour, mais la décision historique du Ciotti de s’allier avec le RN a rebattu les cartes. Toute ma carrière j’ai espéré que la droite la plus bête du monde puisse enfin faire une union électorale en vue d’une coalition de gouvernement. Vous me voyez donc satisfait d’avoir pu aider le LR à sauter le pas, même si on voit que beaucoup d’élus LR, notamment les sénateurs, ceux qui sont le plus à l’abri du vote, s’opposent à la décision d’Eric Ciotti. 

 Il est logique que le RN s’allie en priorité avec les LR afin d’achever leur dédiabolisation et car le LR pèse plus électoralement que Reconquête. De plus, le LR est un parti bien peu libéral dans le domaine économique et ils ont donc tout pour s’entendre. Marion a fait ce qu’elle a pu pour obtenir le maximum pour Reconquête, mais c’est le sort de la France qui nous anime à Reconquête.

 Ayant acté l’impossibilité d’un accord avec le RN pour les législatives, nous avions deux choix. Ou bien ne présenter aucun candidat aux législatives afin de donner à la droite le plus de chances de gagner face à une gauche unie autour de LFI, et face à Macron et au parti des médias qui va nous rejouer les heures sombres de notre histoire. C’est l’opinion de Marion et de nombreux dirigeants du parti. Ou bien, Reconquête présenterait ses candidats partout pour leur donner une expérience électorale et convaincre les Français de la pertinence de notre projet afin que nos idées continuent d’exister dans le débat public, car elles sont les seules à même de sauver durablement la France. C’est ma position. Je pense qu’elle est la meilleure sur le long terme, mais je comprends l’impatience de la jeunesse qui ne veut pas attendre 3 ans et 1 million d’étrangers en plus, avant de tourner la page de ce gouvernement incompétent. 

C’est pourquoi, nous avons fini par trouver un compromis. Reconquête ne se présentera que dans un tiers des circonscriptions, celles qui sont le plus à gauche et les moins gagnables pour la droite rassemblée. Ainsi, Reconquête soutiendra dès le premier tour le candidat de droite le mieux placé, et fera campagne dans près de 200 circonscriptions. 

 Vive la réalité de l’union des droites et, surtout, vive la France ! »

Saturday, June 1, 2024

Why China won't invade Taiwan militarily

In May 2021, the Economist headlined that Taiwan was the most dangerous place on earth. 

In February 2022, Russia invaded Ukraine.

On October 7, 2023, Hamas killed 1,189 people in Israel and captured over 200 hostages. This triggered a war against Hamas in Gaza, as well as missile strikes by Hezbollah and even Iran!

Meanwhile, the Chinese military are content to carry out exercises around Taiwan, their planes crossing the median line of the Strait for a few moments before returning home. There were two two-day blockades after Pelosi's visit and President Lai's inauguration speech, but the Taiwanese population pays less attention to them than to Nvidia CEO Jensen Huang's speeches.

While the Western media believe that the Chinese army will descend on the Taiwanese coast at any moment, the Taiwanese don't seem to believe it too much. I think they're right, and here's why.

Thucydides' trap was conceptualized a long time ago and concludes that every time a new power emerges, it establishes its dominant position by inflicting a military defeat on the old power. According to most American analysts, it seems, confrontation with China cannot be avoided, and Taiwan is the point at which this confrontation is most likely to take place. 

The first weakness of this argument is that it is often the same experts who tell us that China will experience huge demographic problems, that it will become old before it becomes rich, that its authoritarian system does not allow creativity and entrepreneurship to flourish... In short, if China remains number 2, we avoid Thucydides' trap and everything returns to normal!

If China is experiencing a crisis in its real estate and construction sector in general, it's because it's reaching the end of a growth cycle. I refer you to this video by Charles Gave, which explains this well, and shows that China is managing this change quite well (the IMF estimates that its GDP growth will be 5% in 2024). 

Back to Thucydides' trap? Perhaps, but not in the way we might imagine.

First of all, the USA is the world's leading military power. Its defense budget far exceeds that of any other nation. What's more, the USA is primarily a naval and air force. The Chinese army, on the other hand, is especially strong on land, thanks to its large population. In fact, the USA and China have roughly 2 million soldiers each! But American soldiers are far more experienced, having fought in Iraq, Afghanistan, Syria, advised Ukraine, Israel... The Chinese army's last battle was in 1979. Since then, the People's Liberation Army (PLA) has never seen battle again, and every soldier is an only child.

If you were the American general-in-chief and you wanted to defeat China, you'd want to fight China in the naval arena. (And ideally, you'd want another army to do the fighting for you, like Ukraine vs Russia.) The sea is where the USA is strongest and China weakest. But the Chinese know Sun Tzu's Art of War by heart. They won't make the mistake of attacking where the enemy is strongest. What's more, what's the point of conquering territory if it means destroying what gives it value? The Americans have already threatened to destroy TSMC's factories in the event of an invasion, so that they don't fall into Beijing's hands!

For all these reasons, China would be at a disadvantage if it tried to take Taiwan by force. It also sees the (bad) example of Russia, which is suffering economically and humanely in its conquest of the Ukraine. I don't think China's leaders want to be drawn into the military terrain of the USA. It's much more in their interest to continue gaining power in the field they master, the economy! 

I think the Biden administration has realized that China wasn't going to fall into the Taiwan trap, and changed its tune by trying to prevent China from developing its own semiconductors. Washington has prevented ASML, a Dutch firm, from selling its etching machines to China. Biden has also just imposed substantial customs duties on Chinese imports of electric cars, batteries, photovoltaic panels... On the economic front, I'm not sure the USA can win, but at least it's still leading in many high tech segments. 

That leaves the financial sector, where there is talk of de-dollarization, but not yet of the RMB as a reserve currency. US public debt has reached 123% of GDP and continues to rise rapidly. China's defense spending on naval armaments can be seen as a military threat, as a peace factor (Si vis pacem, para bellum: if you want peace, prepare for war), or as a means of forcing the USA to spend heavily on its defense in order to weaken its financial system and confidence in the dollar. Perhaps China is trying to do to the USA what the latter did to the USSR: an arms race that ruined the Soviet Union and allowed Reagan to win the Cold War without a fight? It would be ironic if Washington were to fall into its own trap. But such is the art of war: the ideal is to win without fighting.

Note: It is therefore in China's interest to act as if it were preparing to invade. If it wants to force Taiwan to unify with it, it must use both the military stick and the economic carrot. Without a stick, the independence fighters would declare independence and make Beijing's leaders lose face.



Pourquoi la Chine n'envahira pas Taiwan militairement

 

En mai 2021, the Economist titrait que Taiwan était l'endroit le plus dangereux au monde. 

En février 2022, la Russie envahit l'Ukraine.

Le 7 octobre 2023, le Hamas tua 1189 personnes en Israël et captura plus de 200 otages. Cela déclencha une guerre contre le Hamas à Gaza, mais aussi des frappes de missiles par le Hezbollah et même l'Iran!

Pendant ce temps, les militaires Chinois se contentent de faire des exercices autour de Taiwan, leurs avions traversent la ligne médiane du détroit quelques instants avant de rentrer chez eux. Il y a eu deux blocus de deux jours après la visite de Pelosi et le discours d'investiture du président Lai, mais la population Taiwanaise y prête moins attention qu'aux discours de Jensen Huang, le CEO de Nvidia.

Si les médias occidentaux pensent que l'armée chinoise va déferler sur les côtes Taiwanaises d'un instant à l'autre, les Taiwanais ne semblent pas trop y croire. Je pense qu'ils ont raison et voici pourquoi.

Le piège de Thucydide a été conceptualisé il y a fort longtemps et conclue que chaque fois qu'une nouvelle puissance émerge, elle assoit sa position dominante en infligeant une défaite militaire à l'ancienne puissance. Selon les analystes américains, la confrontation avec la Chine ne peut être évitée et Taiwan est le point où cette confrontation a le plus de chances de se dérouler. 

La première faiblesse de cet argument est que ce sont souvent les mêmes experts qui nous disent que la Chine va connaitre d'énormes problèmes démographiques, qu'elle va devenir vieille avant de devenir riche, que son système autoritaire ne permet pas l'éclosion de la créativité et de l'entrepreneuriat... Bref, si la Chine reste #2, on évite le piège de Thucydide et tout rentre dans l'ordre!

Si la Chine connait une crise de son secteur immobilier et BTP en général, c'est qu'elle arrive au bout d'un cycle de croissance. Je vous renvoie à cette vidéo de Charles Gave qui explique cela bien, et montre que la Chine gère ce changement assez bien (l'IMF estime que la croissance de son PIB sera 5% en 2024). 

Retour au piège de Thucydide? Peut-être, mais pas comme on se l'imagine.

Remarquons d'abord que les USA sont la première puissance militaire de la planète. Leur budget défense est bien supérieur au budget des autres nations. De plus, les USA sont surtout une armée navale et aérienne. L'armée Chinoise, elle, est surtout forte sur terre, grâce à sa population nombreuse. En fait, les USA et la Chine ont grosso modo 2 millions de soldats chacun! Mais les soldats américains ont beaucoup plus d'expérience, car ils se sont battus en Irak, en Afghanistan, en Syrie, conseillent l'Ukraine, Israël... La dernière bataille de l'armée Chinoise remonte à 1979. Depuis, la People Liberation Army (PLA) n'est plus allée au feu et chaque soldat est enfant unique.

Si vous étiez le général en chef Américain et que vous vouliez vaincre la Chine, c'est donc dans le domaine naval que vous voudriez vous battre avec la Chine. C'est là que les USA sont le plus forts et la Chine la plus faible. Or, les Chinois connaissent par cœur l'Art de la Guerre de Sun Tzu. Ils ne feront pas l'erreur d'attaquer là où l'ennemi est le plus fort. De plus, à quoi bon conquérir un territoire si cela conduit à détruire ce qui lui donne de la valeur? Les Américains ont déjà menacé de détruire les usines de TSMC en cas d'invasion, afin qu'elles ne tombent pas dans les mains de Beijing!

Pour toutes ces raisons, la Chine serait à son désavantage si elle essayait de prendre Taiwan par la force. Elle voit aussi le (mauvais) exemple de la Russie qui peine et souffre économiquement et humainement dans sa conquête de l'Ukraine. Je pense que les dirigeants Chinois ne veulent pas se laisser entrainer sur le terrain militaire des USA. Ils ont bien plus intérêt de continuer à monter en puissance sur le terrain qu'ils maitrisent le mieux, l'économie! 

Je crois que l'administration Biden a compris que la Chine n'allait pas tomber dans le panneau de Taiwan et a changé son fusil d'épaule en essayant d'empêcher la Chine de développer ses propres semi-conducteurs. Washington a empêché ASML, un firme des Pays-Bas, de vendre ses machines de gravure à la Chine. Biden vient aussi d'imposer des droits de douanes conséquents sur les importations de Chine de voitures électriques, de batteries, de panneaux photovoltaïques... Or, sur le terrain économique, je ne suis pas certain que les USA puissent gagner. 

Reste le domaine financier, où l'on parle de dédollarisation, mais pas encore de RMB comme monnaie de réserve. La dette publique US atteint 123% du PIB et continue de monter rapidement. On peut voir les dépenses de défense chinoise en armement naval comme une menace militaire, comme un facteur de paix (Si vis pacem, para bellum), ou bien comme un moyen d'obliger les USA à dépenser beaucoup pour sa défense afin de fragiliser leur système financier et la confiance dans le dollar. Peut-être que la Chine essaie de faire aux USA ce que ces derniers avaient fait à l'URSS: une course à l'armement qui ruina l'Union Soviétique et permit à Reagan de gagner la guerre froide sans combattre? Ce serait ironique que Washington tombe dans son propre piège. Mais tel est l'art de la guerre: l'idéal est de vaincre sans combattre.

Note: La Chine a donc intérêt à faire comme si elle se préparait à le faire. Si elle veut contraindre Taiwan à s'unifier à elle, elle doit à la fois utiliser du baton (militaire) et de la carotte économique. Sans baton, les indépendentistes déclarerait l'indépendance et feraient perdre la face aux dirigeants de Beijing.

Friday, May 31, 2024

Trump, coupable car bouc émissaire

 Pourquoi Trump bénéficie-t-il d'une immunité dans l'opinion (chez ses partisans)?

René Girard expliquerait que tout dirigeant politique est un bouc émissaire. Comme les rois de naguère, Trump endosse le rôle sacré de la violence régalienne avec l’aura de la puissance financière. Le bouc émissaire cristallise sur lui la haine de ses opposants. Plus cette haine est forte, plus il est persécuté, plus il est vu comme bouc émissaire par ses partisans. En se débarrassant de lui, ses adversaires pensent à tort régler le problème qu’il pose, pacifier la société. Or, le bouc émissaire, tant qu'il n'est pas sacrifié, bénéficie d'un caractère sacré. Il est donc intouchable.

Thursday, May 23, 2024

L'ultime champ de bataille, combattre et vaincre en ville



Au départ, j'ai acheté ce livre de Frédéric Chamaud (lieutenant-colonel) et Pierre Santoni (colonel) aux éditions Pierre de Taillac afin de me cultiver dans l'éventualité d'une guerre civile en France. A sa lecture, j'ai appris que le combat en ville n'est pas affaire de civils, mais de militaires. Il faut des armes, des défenses, des moyens de renseignements, un commandement... pour mener ces combats. Les civils ne s'improvisent pas combattants. Ou bien c'est à leurs risques et périls. Certes, des groupes terroristes peuvent tenir tête à de vraies armées en ville, car le terrain est très difficile et les risques d'embuscades nombreux. Mais là on parle de combattants armés, pas de simples civils. 

Ce livre reste néanmoins très intéressant, car la ville (ZUC: zone urbaine ou confinée) est devenue le champ de bataille du XXI siècle. On le voit dans la défense des villes en Ukraine ou le conflit contre Hamas à Gaza actuellement. Ce livre a été enrichi des batailles d'Alep, de Marawi et de Mossoul, mais il contient aussi des informations sur le conflit au sud Liban contre le Hezbollah.

De plus, sans faire de moi un spécialiste militaire, ce livre m'a permis d'en savoir beaucoup plus sur les particularités des combats en Zone Urbaine Confinée. On n'y manœuvre pas avec des grands contingents, mais avec des petites unités aux compétences complémentaires. Le groupe interarmes et entrainé y fait la différence. Par exemple, on peut le doter d'un sniper, de sapeurs (pour traverser les murs), d'un char pour la protection, d'un spécialiste du renseignement (par drone?)... selon les spécificités de l'opération. 

Mais pour vaincre, il vaut mieux disposer d'une supériorité numérique de 6 à 10 contre 1. Il est aussi important de boucler la ville afin d'empêcher la fuite de l'ennemi et qu'il se reforme ailleurs. L'exemple le plus connu est Stalingrad. 

Finalement, même si l'invasion de Gaza par Tsahal est trop proche dans le temps pour être analysée dans le livre, on y apprend beaucoup de choses qui nous éclairent sur les choix de l'armée israélienne. Ainsi, si Israël a longtemps joui d'un avantage net sur les armées conventionnelles voisines dans des combats en plaine, l'IDF s'est fait surprendre par la résistance acharnée du Hezbollah dans les localités du sud Liban. Il fit 50 morts dans les rangs israéliens en 2014 au cours de l'opération Bordure Protectrice. En effet, le Hezbollah avait eu le temps de se préparer à l'arrivée des troupes israéliennes et a pu leur infliger de lourdes pertes. Ils ont notamment utilisé des tunnels, arme que le Hamas s'est empressé de reproduire dans tout Gaza.

Tout comme le Hezbollah, le Hamas s'est minutieusement préparée à une guerre en zone urbaine contre Tsahal. Son rêve fut d'y piéger les blindés israéliens et de les prendre en embuscade grâce aux très nombreux tunnels et à un armement rustique, mais suffisant pour le combat rapproché. Sa connaissance de la zone de combat devait lui donner un avantage décisif sur les soldats israéliens. 

De plus, Hamas a toujours eu pour stratégie d'utiliser sa population civile comme bouclier humain. Soit cela empêche les tirs israéliens, soit Israël tue des civils et l'opinion publique mondiale se retourne contre l'Etat hébreu. En zone urbaine, les morts collatéraux sont particulièrement nombreux et c'est un dilemme pour les démocraties.

La lecture du livre me permet de mieux comprendre comment Israël a déjoué les pièges du Hamas. D'abord, au lieu de boucler la zone de combat au nord, il l'a laissée ouverte et a demandé aux civils de quitter leurs logements. Tsahal préférait que des terroristes s'enfuient plutôt que de bombarder des civils. Dans un second temps, une fois les civils partis, les bombardements furent massifs et n'ont pas épargné les endroits réputés intouchables (écoles, hôpitaux, mosquées...), car ces lieux étaient aussi à usage militaire pour le Hamas. Ces bombardements massifs ont aussi eu pour conséquence de bouleverser la topographie de la ville. Les combattants palestiniens perdirent leur connaissance du terrain.

Ces bombardements massifs qui peuvent sembler excessifs n'ont finalement ont fait moins de victimes civiles que ce que les destructions ont pu laisser craindre (l'ONU les a estimé à la baisse récemment). Cela a permis aux troupes au sol de Tsahal de venir prendre le contrôle sans subir trop de résistance (250 morts tout de même) et de détruire les tunnels de la zone. Par contre, cela a permis au Hamas de se replier vers le sud de Gaza ou bien de revenir dans les zones que Tsahal a quittées. Ces replis sont logiques, car Tsahal ne dispose pas d'assez de soldats pour administrer 2 millions de Palestiniens à Gaza.

L'autre inconvénient, c'est que cela prolonge la guerre car Tsahal fait d'abord en sorte de faire partir les civils avant de s'attaquer à une nouvelle zone. Ce n'est qu'au bout de 7 mois que la zone de Rafah, la plus au sud, à la frontière avec l'Egypte, est enfin le théâtre d'affrontements. Cela a permis de découvrir des tunnels qui connectaient Gaza à l'Egypte, alors qu'il y a un mur en surface! On comprend maintenant d'où viennent les armes et pourquoi certains chefs du Hamas sont introuvables dans la bande de Gaza. Cette fois, cette zone stratégique va très certainement rester sous contrôle israélien pour couper la logistique militaire du Hamas.

En conclusion, la victoire en zone urbaine ne peut s'obtenir sans danger pour ses soldats. Il faut avoir la motivation, les moyens et gagner rapidement de l'expérience pour s'y engager. C'est un sujet vraiment d'actualité et cela rendit sa lecture plus intéressante que prévue.

Monday, May 20, 2024

Mon interview par Marc Guyon

Dans cet entretien, il est surtout question d'expatriation et de la France. Marc Guyon est un homme politique français résidant à Taiwan. J'avais eu l'honneur de voter pour lui aux dernières législatives. Très actif, il obtint l'un des meilleurs scores pour son parti de l'époque, Reconquête! 
Bon visionnage!
 

Saturday, May 11, 2024

Les problèmes de la France. A qui la faute?


Chaque groupe, chaque parti politique nous propose une liste de coupables pour tout ce qui ne va pas en France. Essayons de faire une liste (non exhaustive):
- les riches et les multinationales qui s'en mettent plein les fouilles(pour la gauche),
- les fraudeurs sociaux, les profiteurs du chômage... (pour la droite),
- les fonctionnaires trop nombreux et fainéants (pour les libéraux),
- la commission européenne et 'Bruxelles' (pour les souverainistes),
- les hommes politiques (pour les abstentionnistes),
- les juifs (pour les antisémites),
- les étrangers clandestins (pour le Rassemblement National),
- les musulmans (pour Reconquête),
- les Boomers, les retraités (pour les jeunes actifs)
- les USA et l'OTAN (pour les anti-américains),
- la Chine (pour ceux qui ont peur du péril jaune)
Etc...

Faire de la politique, c'est désigner un ennemi, selon Carl Schmidt. Mais pour René Girard, la grande avancée judéo-chrétienne, c'est de prendre conscience que la victime émissaire (communément appelée 'bouc émissaire') est innocente et que la culpabilité est en chacun de nous. Et je veux vous montrer rapidement que le Christ et Girard ont raison!

Voyons pour chacun des groupes mentionnés:
- les riches et les multinationales: non seulement ils ne sont pas coupables, mais c'est bien grâce à leurs investissements que le monde capitaliste se développe rapidement et que l'économie devient de plus en plus productive.

- les fraudeurs sociaux: Il y a d'abord ceux qui sont dans la légalité et travaillent juste assez pour pouvoir toucher le chômage. Ils cherchent simplement à maximiser leurs revenus en travaillant le moins possible. C'est un comportement normal dans des temps normaux. Ce ne sont pas eux qui ont fait les lois. Ils ne font que jouer avec les règles stupides qu'on leur donne. Et pour ceux qui fraudent en faisant de faux papiers... Ils ne le font en grand nombre que parce que l'Etat ne fait pas bien son travail de contrôle et de répression. On n'imagine pas une banque privée se laisser frauder longtemps sans réagir...

- les fonctionnaires trop nombreux: la grande majorité des fonctionnaires travaille pour gagner de l'argent légalement et en vivre. Ils ont répondu à une demande d'emploi et ont été recruté grâce à leurs compétences. Ce ne sont pas eux qui sont personnellement responsables de la création de leur poste. Ils répondent à une demande.

- l'Europe de Bruxelles: Primo, une organisation politique cherche toujours à obtenir plus de pouvoirs et d'attributions, surtout si les politiques de tous bords et tous pays vous disent combien elle est essentielle, qu'elle crée la paix et la prospérité. On ne peut pas critiquer Bruxelles d'avoir des pouvoirs trop grands. Si elle les a, c'est parce que nos hommes politiques les lui ont donnés. Secundo, les politiques français sont souvent lâches et quand il s'agit de faire passer une réforme impopulaire, ils préfèrent souvent dire que c'est la faute à Bruxelles, plutôt que d'avouer qu'elle les arrange aussi. Exemple: la règle de 3% de déficit est une règle du traité de Maastricht. Les gouvernements français seraient bien inspirés de s'y tenir. Tertio, si la commission européenne n'est pas élue démocratiquement, elle procède d'un compromis entre les gouvernements des Etats membres. Van der Leyen n'est pas arrivée à sa tête par hasard, mais elle fut placée là par Merkel et Macron.

- les hommes politiques et surtout celui qui est à la tête de l'Etat, Emmanuel Macron. Charles Gave dit souvent que leur fonction est de prendre la foudre et d'être remplacés s'ils ne font pas le boulot que les électeurs attendent d'eux. C'est une autre manière de dire que ce sont des victimes émissaires! Or, depuis 40 ans, on peut faire remarquer aux Français qu'ils ont plus souvent voté deux fois pour leurs présidents (Mitterrand, Chirac, Macron) qu'une fois (Sarkozy et Hollande). Et pourtant, avec le suffrage universel, il n'a jamais été aussi simple et paisible de changer de chef d'Etat pour le peuple!

- les juifs ne sont pas coupables de ce qui ne va pas dans notre pays. Il y en aurait beaucoup à gauche et dans les médias. Mais quand on voit le tournant de LFI actuel et ses accointances avec les frères musulmans, on peut fortement douter du pouvoir des juifs sur la gauche!

- les étrangers clandestins n'ont rien à faire en France et sont effectivement coupables d'avoir franchi la Méditerranée illégalement. Mais leur venue est compréhensible pour des gens qui veulent chercher des meilleures conditions de vie dans nos pays riches. Mais s'ils sont clandestins, c'est qu'ils n'ont pas pu recevoir de visa et de titre de séjour. Nos lois disent qu'ils n'ont pas le droit d'être en France. Or, s'ils y sont quand même, c'est avant tout une faillite de notre Etat, incapable de bien surveiller les frontières et de refouler les personnes indésirables. S'ils viennent quand même, c'est parce qu'ils savent que c'est possible.

- les musulmans 'musulmannent'! Ce que je veux dire par ce mot transformé en verbe, c'est que la caractéristique d'un ou d'une musulmane est de vivre selon les règles islamiques, et ces règles ne s'appliquent pas qu'au religieux. On ne peut donc pas reprocher à des musulmans de faire ce que les musulmans font. Le port du voile pour les femmes, l'interdiction du porc, de l'alcool, de la consommation de repas en journée durant le Ramadan, le cri 'allah akbhar', les mosquées, l'antisémitisme... Tout cela est normal chez les musulmans et il ne nous appartient pas de les obliger à renier leur foi et leurs coutumes. (Par contre, il appartient aux électeurs de France de décider s'ils veulent d'une immigration musulmane).

- les Boomers sont quasiment tous à la retraite. Avant de les critiquer, remarquons qu'ils nous laissent un beau pays qui reste parmi les plus puissants de la planète. Doté de l'arme atomique, d'un parc de centrales nucléaire impressionnant et de fleurons économiques nombreux (LVMH, L'Oréal, Air Liquide, Airbus...), la France a encore de nombreux atouts pour un renouveau. Ne soyons pas ingrats comme la gauche, adepte de la table rase intégrale. Certes, les Boomers ont mis en place un système de retraite par répartition toxique pour les jeunes car il les empêche d'épargner par capitalisation. Mais ce système de retraite, s'il est avantageux pour les retraités sur le court terme, il est un frein à la croissance du pays et à l'équilibre des comptes publics (dans le rouge depuis 50 ans). Un tour de vis et une réforme drastique sont inévitables. Un Etat ruiné ne peut payer des retraites généreuses aux retraités.
Les calculs financiers montrent que les retraites des Boomers auraient été encore meilleures s'ils avaient eu la possibilité de choisir la retraite par capitalisation! Ainsi, même s'ils profitent du système actuel, ils auraient pu avoir plus. Au lieu de les critiquer et les pousser à voter pour conserver la répartition, une meilleure approche serait de les convaincre qu'une transition vers la capitalisation est aussi dans leur intérêt.

- les USA et l'OTAN. Les USA sont la première puissance mondiale et ils ont réussi à vaincre les Soviétiques dans une guerre froide très peu sanglante. Or, la menace Soviétique concernait surtout l'Europe, avec une grande partie de l'Europe orientale du mauvais côté du rideau de fer. Ce fut la troisième fois en un siècle que les Américains sauvaient les Européens d'un totalitarisme! Comme puissance malfaisante, on a vu pire! Alors, certes, depuis quelques temps, les USA sont devenus une force d'instabilité avec leurs déficits, leur immigration incontrôlée depuis le Mexique et quelques conflits mal gérés (Lybie, Afghanistan, Irak, Ukraine). Personne n'est parfait! Et plutôt que de critiquer les lacunes dans leur démocratie, essayons d'abord de réparer ce qui va mal chez nous.

- La Chine est souvent pointée du doigt par ceux qui se lamentent de la désindustrialisation de la France. La Chine aurait attiré nos usines grâce à sa main d'œuvre bon marché. Dans ce dossier, Charles Gave de l'Institut des Libertés a montré comment ce sont nos décisions politiques qui ont conduit à cette désindustrialisation. La preuve est que la Suisse, dont la monnaie est bien plus forte que l'Euro, a une industrie dont le poids est de 22% du PIB contre 11% en France.

Mais alors, à qui la faute? 

La réponse chrétienne et libérale est que tous les Français sont responsables. Imaginez si les électeurs avaient voté: 
- 1981: VGE 
- 1988: Raymond Barre 
- 1995: Raymond Barre 
- 2002: Jean-Marie Le Pen 
- 2007: Alain Madelin 
- 2012: Alain Madelin 
- 2017: François Fillon 
- 2022: François Fillon.

La France d'aujourd'hui serait bien différente. Ce qui a manqué pour faire élire ces présidents, c'est la responsabilité de ce qui ont mal voté, de ceux qui se sont abstenus et de ceux qui ont bien voté, mais n'ont pas réussi à convaincre leurs proches de faire le meilleur choix pour la France. Je m'inclus, bien entendu, dans cette liste de gens responsables des malheurs de la France. Ce blog est ma contribution au débat et pour convaincre les électeurs de voter du mieux possible, car on a les politiques de nos votes (et de nos absentions).